Bloody Weekend 2016: Les Projections

Le Festival Bloody Weekend a comme chaque année enchanté nos âmes de grands enfants en nous permettant de voir ou de revoir des classiques du cinéma de genre, ainsi que des documentaires dédiés à l’univers du cinéma horrifique et fantastique. Dans une atmosphère intimiste et conviviale, le directeur artistique du festival Loïc Bugnon a une fois de plus su nous offrir des instants inoubliables. La culture de la fanitude est sans limites au Bloody Weekend !!!!!!

Bloody Weekend

Why Horror de Nicolas Kleiman et Rob Lindsay

Dirigé par Nicolas Kleiman et Rob Lindsay, le journaliste et fan de cinéma d’horreur Tal Zimerman porte un regard sur la psychologie de l’horreur à travers le monde et cherche à comprendre pourquoi les gens aiment avoir peur dans une salle de cinéma. Il s’agit d’une réflexion judicieuse, documentée et argumentée sur le phénomène de l’horreur dans notre société. Avec la participation de grands noms du cinéma horrifique, ce documentaire allie à merveille réalité et fiction en s’appuyant sur leurs témoignages pour tenter de venir à bout du mystère de l’homme qui aime se faire peur…

Henri, portrait d’un serial killer de John McNaughton

Réalisé par le célèbre John McNaughton et diffusé en 1986, ce film retrace avec brio le parcours d’un tueur en série dans l’Amérique froide et impersonnelle des eighties. On y suit sa mortelle destinée, faites de sévices et de meurtres, dans sa recherche continuelle de chasser les démons qui le hante depuis son enfance. Première apparition à l’écran de Michael Rooker, qui fut une révélation pour John McNaughton qui compris à l’époque l’énorme potentiel de cet acteur. Ce film très noir joue d’un visuel brut et authentique, afin d’infliger au spectateur une morsure indélébile. Ce film a d’ailleurs subit une censure sévère aux Etats-Unis, qui bannirent le métrage de leurs écrans jusqu’en 1990. Une oeuvre devenu culte que nous avons eu le privilège de visionner en compagnie du réalisateur John Mc Naughton, membre du jury pour cette septième édition du festival Bloody Weekend.

The Miracle of Life de Yves Sondermeier et Joël Rabijns

Loïc Bugnon a choisi pour la soirée de vendredi de proposer à l’écran la projection de ce petit morceau de bravoure. Tourné avec un budget mini (20000$), il est un hommage assumé à l’esprit trash des eighties et à l’univers décalé de Frank Henenlotter. En effet, sa parenté avec le succès Basket Case n’est jamais reniée. Même si seul son concept le hisse au rang qui lui revient de droit, ce métrage a le mérite de montrer pour divertir, et pas uniquement pour mercantiliser l’art cinématographique. Et c’est le genre de démarche qui plait aux fans de la culture horrifique que nous sommes. Et ça, Loïc l’a bien compris.

 

Hidden de Jack Sholder

Encore une fois, c’est une oeuvre culte du cinéma de genre qui fut projetée au festival Bloody weekend. Hidden, outre son rang de film culte, a remporté le grand prix du Festival du Film Fantastique d’Avoriaz en 1988. Distinction qui à l’époque est revenu à de grandes œuvres comme Duels de Spielberg, ou encore Braindead de Peter Jackson. Hidden est un film qui flirte pendant 96 minutes avec l’action, la science-fiction et le thriller, et même s’il subit les outrages du temps, comme de nombreuses réalisations de son époque, il gagne à mériter un intérêt toujours intact, tant par la qualité de sa mise en scène que par le travail de son réalisateur, Jack Sholder. Maintes fois cité comme exemple, ce film a fait son effet auprès des fans présents lors de sa projection, à laquelle Jack Sholder, président d’honneur du jury, a assisté…

 

Horsehead de Romain Basset

Encore une fois, c’est une oeuvre atypique qui est diffusée en projection au festival Bloody Weekend. Horsehead est une oeuvre française de 2015 qui retrace le combat de Jessica, hantée depuis son enfance par une mystérieuse créature à tête de cheval appelée Horsehead. Ce film graphique et envoûtant est l’exemple du bon goût dont a fait preuve Loïc quant au choix de sa programmation. Et les spectateurs présents ont eu l’énorme honneur de vivre cette projection en compagnie de Romain Basset, le réalisateur du film mais également de Catriona MacColl, actrice de renom présente dans le film dans le rôle de Catelyn. De quoi clôturer la journée du samedi de façon … hypnotique !!!

 

L’au delà de Lucio Fulci

Ce film aura été lors de cette septième édition du festival Bloody Weekend un des moments forts des projections. En effet, ce film est une des plus grandes réussites du réalisateur de renom Lucio Fulci, dont on ne présente plus le travail. La projection s’est déroulée dans un silence religieux en présence de la fabuleuse actrice Catriona MacColl, qui avait à l’époque apporté à ce film une partie de sa renommée grâce à sa magnifique prestation, mais également en présence du maestro Fabio Frizzi, compositeur au talent et à la gentillesse sans limites, qui a composé entre autres les musiques de ce grand classique du cinéma horrifique italien des années 80. Les meilleures conditions étaient donc réunies pour offrir aux festivaliers un moment fort de cinéma, comme seul Loïc en a le secret…

 

Un ciel bleu presque parfait de Quarxx

Ce moyen métrage a été diffusé hors compétition, et a provoqué un énorme émoi dans la salle de projection du festival. En effet, cette réalisation de Quarxx est une magnifique allégorie de la folie, mise en scène de façon surprenante et brutale. Quel plaisir de découvrir ou redécouvrir ce métrage, ces instants passés devant un Jean-Luc Couchard d’une efficacité surprenante! La présence de l’actrice et mannequin Mélanie Gaydos est également un énorme plus pour ce film, elle dont le physique atypique transcende les intentions du réalisateur, qui se joue des frontières et de nos esprits meurtris par ces 35 minutes de talent. Une belle façon de clôturer l’édition 2016 du festival Bloody Weekend

 

Ce weekend de projections aura été un somme d’émotions et de rencontres, de frissons et de découvertes, qui rendent ce festival unique en son genre. La programmation aura été judicieuse, ambitieuse et aura immortalisé cette septième édition du festival. Loin du formalisme des événements  trop conventionnels, le festival Bloody Weekend 2016 et le travail de son directeur artistique ont encore prouvé que la passion ne connait de limites que celles que l’on se fixe