Pet (note 5/10) – FEFFS 2016

critique film pet

Synopsis : Seth est un jeune célibataire qui travaille dans un refuge animalier. Ses journées s’enchaînent entre le soin qu’il porte aux chiens abandonnés, et des soirées solitaires à surfer sur le Net en écoutant de la pop-folk. En somme, un homme sans intérêt enfermé dans un morne quotidien qui se contente de l’amour de ses chiens en sursis. Sa vie s’illumine lorsqu’il croise dans le bus une ancienne de son lycée dont il était secrètement amoureux. Depuis ce jour, il n’aura de cesse de la suivre en espérant se faire aimer (plus que séduire). Econduit, il se résout à forcer le destin, et décide de l’enfermer dans une cage au cœur du refuge animalier. Bien sur, le plan ne va pas se dérouler comme prévu, et notre jeune homme va signer, sans le savoir, pour un apprentissage d’une toute autre nature.

 

Pet, 2ème film du réalisateur espagnol Carles Torrens, est un pur film de séquestration qui vire au huis clos. Il met face à face deux personnages que tout oppose : Seth (Dominic Monaghan), petit bonhomme inadapté et sans ambition et Holly (Jennette Mc Curdy), la belle blonde qui fait serveuse en attendant de publier son premier roman.

Il est toujours difficile de parler d’un film comme Pet aux multiples rebondissements sans trop en dire. Passé l’exposition et la quête de séduction de Seth, le film se transforme en huis clos et s’emploie à inverser les rapports de domination entre les protagonistes.

Pet est un film suffisamment bien écrit pour se regarder sans jeter un œil à sa montre. On retrouve avec plaisir Dominic Monaghan, une quinzaine d’années après Lost, la série qui l’a révélé. A part les années qui ont passé, rien n’a vraiment changé, et on le retrouve dans un rôle de victime, un peu fourbe. L’arc du personnage est riche et l’emmène loin alors même qu’on reste enfermé. C’est finalement ce qui fonctionne le mieux dans ce film : la capacité du scénario à surprendre le spectateur tout en restant dans le dispositif du huis clos alors même que les personnages ne brillent pas par leur intérêt intrinsèque.

Justement, le film ne devrait pas marquer les esprits par la force de ses personnages. On peut regretter l’usage de deux stéréotypes de la galère vus et revus : le jeune puceau aux habitudes de vieux garçons qui n’a rien à offrir à la plus jolie fille du lycée qui n’a pas réussi à devenir autre chose.

Le film pèche cruellement par son manque d’humour. Le sentiment de sortir de la salle sans s’être techniquement ennuyé mais avec cet arrière goût de « sans intérêt » s’explique aussi par le premier degré.

Enfin, il n’y a pas grand chose à chercher à comprendre dans Pet. Les motivations des personnages sont simples voire simplistes. Le personnage de Holly est le plus complexe et s’avère prometteur avant de sombrer dans le ridicule. Le réalisateur aurait aussi pu exploiter l’univers du refuge, le rapport de Seth aux animaux qui sont finalement ses seuls compagnons éphémères.

Malgré tout, au delà de l’exercice de la séquestration, le film est aussi gore et offre notamment une scène mémorable où les amateurs d’hémoglobine seront rassasiés. Il fait preuve enfin d’un dénouement assez inédit, pour ne pas dire grotesque, peut être la seule scène qui pourra en faire rire certains.

Gianna

Note : 5/10


Réalisateur(s) : Carles Torrens

Producteur(s) : Nick Phillips, Carles Torrens, Kelly Wagner

Scénariste(s) : Jeremy Slater

Photographie : Timothy A. Burton

Montage : Elena Ruiz

Musique : Zacarias M. de la Riva

Interprète(s) : Jennette McCurdy, Dominic Monaghan, Ksenia Solo

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