(L’Étrange Festival) Dark Touch (Note: 8/10)


Réalisateur : Marina De Van

Autre film du même réalisateur : Ne Te Retourne Pas

Acteurs : Miss Keating, Marcella Plunkett, Richard Dormer…

Genre : Epouvante-horreur

Nationalité : Français, britannique, suédois

 

Synopsis:

Neve est une jeune fille de la campagne. Une nuit, elle perd ses parents suite à des événements étranges survenus dans la maison ; les meubles se déplacent,  les vitres se brisent, et la maison prend feu.
Elle est recueillie par ses voisins, un couple avec deux enfants qui vient de perdre une fille à la suite d’un cancer. Mais la cohabitation entre Neve, traumatisée par la mort de ses parents et la vision effrayante d’une maison incontrôlable, et ses tuteurs, qui cherchent à faire le deuil de leur fille, sera extrêmement délicate. D’autant plus que de nouveaux phénomènes surnaturels se produisent dans la maison, mettant en danger la vie du couple…

 

Décidément, L’Etrange Festival regorge de surprises et le confirme avec l’avant-première de Dark Touch, le second film de la talentueuse réalisatrice française Marina De Van. Si son premier long métrage, Ne Te Retourne Pas, avait écopé d’une déferlante de critiques à sa sortie, le film se distinguait par son ambition scénaristique et une réalisation brillante.

A cet égard, Dark Touch est exemplaire et bénéficie d’une réalisation soignée. Les plans et mouvements de caméra sont superbes sans être tape à l’œil. Ils installent lentement une ambiance angoissante et accompagnent avec douceur la psychologie fragile des personnages. La lumière confère une atmosphère réaliste qui nous immerge dans l’histoire et facilite l’identification avec les personnages.

Dark Touch est un véritable film d’auteur qui s’approprie les codes du genre pour mieux les détourner et les sublimer. Le film se démarque par son rythme lent. Marina De Van prend le temps de présenter ses personnages et surtout leurs douleurs. Mais au lieu de s’engouffrer dans un ennui pesant propre aux films « d’auteur », le film nous surprend avec des séquences d’une intensité rare. Toutes les scènes surnaturelles où les maisons se déchaînent contre leurs propriétaires sont poignantes, étonnamment horrifiques et époustouflantes. Le film ose le sanglant et le fantastique en restant ancré dans un univers réaliste.

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Cette réalisation est au service d’un scénario bien ficelé qui délaisse les histoires traditionnelles de maisons hantées pour nous offrir une vision hautement métaphorique où les phénomènes paranormaux sont le reflet de la douleur du personnage principal. Si le thème de l’enfance a régulièrement été exploité dans le cinéma de genre (certaines scènes rappellent Le Village  des Damnés de John Carpenter ou encore Carrie de Brian de Palma), Marina De Van parvient à le renouveler avec une sensibilité touchante. Le film traite avec justesse de la souffrance de l’enfant et de l’adulte et met en avant leur incompréhension réciproque. Cette différence de points de vue permet d’éviter un traitement moralisateur et le cliché de l’innocence enfantine.

Le film met en scène une constante opposition entre les figures de l’enfant et de l’adulte. Maltraitée par ses parents, Neve refuse tout contact avec les adultes. Ce traumatisme est retranscrit avec subtilité et sous-entendus, évitant les images chocs. Le film bascule cependant dès que Neve, initialement sans défense, prend conscience de son pouvoir et décide de se venger. Par cette inversion du rapport de force, Marina De Van semble poser la question suivante : que se passerait-il si un enfant avait le pouvoir de se défendre ?

Dark Touch est une agréable surprise qui arrive à jongler avec nos peurs, notre compassion et bien d’autres émotions.
Inutile de vous en dire plus, il faudra aller voir ce film au cinéma!

Krueger

Note : 8/10

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