(L’Étrange Festival) Haunter (Note : 4/10)


Réalisateur:
 Vincenzo Natali

Acteurs: Abigail Breslin, Stephen McHattie, David Hewlett, Michelle Nolden, Peter Outerbridge, Sarah Manninen, Samantha Weinstein, Eleanor Zichy…

Genre: Epouvante-horreur

Nationalité: Américain

 

Synopsis :
« Lisa, une jeune fille, est décédée dans des circonstances inhabituelles aux côtés de sa famille en 1986, après qu’ils furent tous piégés dans leur propre maison. Devenu un esprit, Lisa va alors tenter de protéger une jeune fille qui vient habiter dans cette même bâtisse et qui risque de subir le même sort. » (Synopsis Allociné)

 

C’est la fin de L’Étrange Festival, dix jours de pure folie où on a pu découvrir de superbes films. Après une remise des prix sympathique (dont vous pouvez voir le palmarès sur le site), on était impatient de voir le film de clôture, Haunter de Vincenzo Natali.

Il est difficile de parler de Haunter sans dévoiler les ficelles de l’histoire.
Le contexte nous est présenté dès le début du film : Lisa est une adolescente qui vit continuellement la même journée, enfermée dans sa maison avec le reste de sa famille (il y a de quoi devenir fou). Elle est la seule à se rendre compte de la situation et de manifestations surnaturelles. Elle va comprendre que sa famille et elle-même sont décédées et que ces manifestations étranges sont celles des vivants qui habitent réellement les lieux (un doliprane ou ça va ?).

On reconnait la pâte du réalisateur Vincenzo Natali qui, après son excellent film Cube, renoue avec le thème de l’enfermement.
S’agissant d’un film de fantômes, ce pitch de départ a de quoi  surprendre et  bousculer  nos habitudes. Une bonne idée au départ (même s’il elle a déjà été utilisée par Alejandro Amenábar dans son film Les Autres) mais qui malheureusement est très mal exploitée.
Je ne vous le cache pas, ce film est même une énorme déception, d’autant plus que je suis un admirateur de Vincenzo Natali et en particulier de son film Splice.

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Le scénario est certes réfléchi mais n’en reste pas moins inintéressant et  finalement on s’ennuie. En plus du changement de situation entre les vivants et les morts, le film s’engouffre dans des procédés de possessions pour interagir sur la famille des vivants. Les morts peuvent également faire des apparitions soudaines à partir du moment où ils sont « éveillés » (ont pris conscience de leur mort…). On finit par se demander  si toutes ses idées ne vont pas trop loin. On peine à comprendre ce qui se passe, le film est truffé d’incohérences au point que le spectateur finit par se perdre.

Le plus gros défaut de Haunter est de passer complètement à côté de l’aspect horrifique. A vouloir trop nous surprendre avec des idées scénaristiques, Haunter ne parvient jamais à nous faire sursauter ou à nous angoisser. Un constat plutôt gênant pour un film de fantômes.
Une ambiance générale assez neutre, une colorimétrie de l’image extrêmement classique dans le genre, dans les tons jaunes/verts.

Et pour couronner le tout, les personnages sont inintéressants et les comédiens mauvais. Lisa est une adolescente incomprise à laquelle, malgré tous nos efforts, on n’arrive pas à s’attacher.  Ses parents sont d’une bêtise affligeante et son petit frère un personnage totalement inutile (à part nous faire chier avec son talkie-walkie).

Haunter serait à peu près potable pour un direct to DVD et encore…

J’espère sincèrement que Vincenzo Natali nous reviendra en meilleure forme avec son prochain film (qui devrait être Neuromancer,  une adaptation du roman de science-fiction écrit par William Gibson).

Krueger

Note : 4/10

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