It Comes at Night (Note : 5/10)

It Comes at Night, synopsis :  

Alors que le monde est en proie à une menace terrifiante, un homme vit reclus dans sa propriété totalement isolée avec sa femme et son fils. Quand une famille aux abois cherche refuge dans sa propre maison, le fragile équilibre qu’il a mis en place est soudain bouleversé. 

It Comes at Night, critique :

Pour son premier long-métrage, Krisha, Trey Edward Shults nous avait servi un excellent drame en explorant la nature humaine au sein d’un cadre intimiste autour de la famille.
On discerne rapidement la même volonté de rester dans ce registre pour It Comes at Night. C’est un des aspects qui donne du cachet au film mais c’est aussi celui qui posera un véritable problème concernant l’intrigue.

It Comes at Night a tout pour être un excellent film de genre. La mise en scène et la direction photo jouent avec l’environnement en communiquant dès les premiers instants cette sensation à la fois angoissante et oppressante. Le cadre simple se composant d’une maison isolée au sein de cette forêt dense et menaçante fonctionne à merveille.
Trey Edward Shults ne laisse rien au hasard. Avec une précision chirurgicale, ce dernier nous offre des séquences accompagnées d’un jeu de lumières complexe et d’un cadrage brillant donnant vie aux décors. Décors prenant autant de place que les personnages comme avec cette forêt parfois prête à s’animer ou cette unique porte d’entrée ayant un côté quasiment sacré aux yeux des protagonistes.

La mise en scène sonore n’est jamais laissée de côté non plus. À certains moments, le son et l’image ne composent plus qu’une seule toile horrifique grâce à un très bon mixage accentuant respirations, bruits de pas ou installant tout simplement un silence froid et pesant.
Le tout additionné avec la musique composée et s’adaptant en fonction des différentes séquences est juste parfait.

Mais le réalisateur s’est tellement appliqué à soigner sa mise en scène qu’il en a oublié de développer l’intrigue. C’est simple, jusqu’à la fin, on se demande quand est-ce que le film va démarrer.
La première demi-heure nous offre la promesse excitante d’être devant un survival doublé d’un huis clos mais rapidement le film commence à tendre vers un nouveau drame intimiste ayant fait le succès du premier long-métrage de Shults.
On a l’impression que le réalisateur se perd au fur et à mesure et qu’il tente de se rattraper en parsemant le film de certaines séquences horrifiques mais qui restent dans le domaine du rêve donc sans réel impact sur l’intrigue et ses enjeux ancrés dans la réalité.

Attention, il ne s’agit pas ici de juger l’œuvre sur sa dimension contemplative ou son aspect parfois onirique. The Witch qui a certainement été, de loin, le meilleur film du genre sorti en 2016 prouve le contraire.
It Comes at Night tente de développer le côté survivaliste au sein d’un univers post-apocalyptique, univers largement vu et revu ces dernières années, et place ses enjeux sur l’homme devenant petit à petit le monstre que lui-même semblait redouter au sein de cette forêt. Ces deux aspects ont déjà été peints de nombreuses fois et d’une façon bien plus intelligente comme avec La Route pour ne citer que cet exemple. Mais ce qui est surtout frappant, c’est que la dimension horrifique du film s’efface totalement et on en vient à se demander si nous sommes vraiment devant un film de genre à proprement parler.

Le film se concentre sur un seul protagoniste en particulier dont la psychologie est vraiment bien développée. Le reste des personnages est seulement là pour servir l’avancée de l’intrigue et on ne se penche jamais vraiment sur eux. Le souci, c’est qu’il faudra attendre la fin pour développer un soupçon d’empathie. Dommage pour un film voulant apparemment miser sur la profondeur des relations humaines au sein d’un univers hostile.

S’il faut résumer, au niveau de la technique et de la mise en scène, It Comes at Night avait tout pour réussir en tant que film d’horreur. Mais il aurait pu être apprécié différemment et bénéficier d’une meilleure note si ce dernier avait été mis dans le registre du drame.

Myers

Note : 5/10


 

Réalisateur et scénariste : Trey Edward Shults

Acteurs : Oel Edgerton, Christopher Abbott, Carmen Ejogo, Riley Keough

Genre : Horreur

Pays d’origine : États-Unis

Date de sortie : 21 juin 2017 (France)

It comes at night