The Walking Dead – Saison 6 (note : 8/10)

Synopsis : La communauté d’Alexandria, qui incarnait jusqu’ici un havre de paix, doit faire face à une menace d’envergure, une vague de zombies errants s’approchant dangereusement de l’enceinte de la communauté. Rick et ses acolytes devront tout mettre en oeuvre pour tenter de distraire et d’éloigner ces zombies. L’accalmie sera de courte durée pour Alexandria qui sera confrontée à d’autres menaces, les attaques répétées des Wolves, mais surtout la bataille contre Negan…

 

Après plusieurs saisons en dents de scie (la 3 et la 4 notamment), TWD semble avoir désormais trouvé sa vitesse de croisière avec des saisons plus homogènes bien que différentes dans le rythme et le ton développés. La saison 5, qui nous avait particulièrement séduits, était ainsi plus intimiste et se focalisait sur le développement des personnages, en particulier le groupe de Rick qui, après l’épisode du Terminus, semblait incapable de s’acclimater au cadre paisible de leur nouvelle communauté. La deuxième partie de la saison dépeignait avec finesse l’évolution psychologique de Rick et ses velléités dictatoriales, et se clôturait sur le retour de Morgan dans un climat agité. Un dénouement qui introduisait une première fissure dans la vie de la communauté d’Alexandria.

Cette saison 6 démarre sur les chapeaux de roue. La communauté d’Alexandria est menacée par une déferlante de zombies errants (un “Zunami” dans le langage de Z Nation) qui s’étaient amassés dans une fosse alentour. Mais les “Walkers” ne constitueront pas l’unique menace de cette saison puisque Rick et ses acolytes devront également faire face aux Wolves, qui apparaissent à la fin de la saison précédente, mais surtout à un personnage que les fans de la BD attendent depuis longtemps, le fameux Negan. Un ennemi qui tardera toutefois à faire son apparition dans cette saison.

Le rythme de cette 6ème saison est dans l’ensemble soutenu. On compte peu de temps mort et les événements s’enchaînent rapidement. On sent en outre la volonté chez les créateurs d’élever la qualité esthétique et visuelle de la série. Le pilote tente ainsi d’innover esthétiquement en jouant sur des flashbacks en noir et blanc. Un parti-pris discutable qui a toutefois le mérite de renouveler les codes de narration jusqu’ici en vigueur. On retrouvera plusieurs tentatives du même acabit tout au long de cette saison, notamment lors de l’épisode 9, lorsque le groupe de Rick est encerclé par des zombies et que chaque personnage est filmé de face, en gros plan sur fond noir et au ralenti, en train de se battre. Une démarche appréciable, même si le résultat n’est pas toujours des plus convaincants.

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Comme à l’accoutumé, la saison est divisée en deux parties. La première, plus lente, revient notamment sur l’histoire de Morgan, que Rick avait quitté dans sa forteresse armée (le monsieur n’avait alors plus toute sa tête). Les flashbacks sont longuets et ressemblent parfois à un mauvais épisode de la série Kung-Fu. Entendez par là, une philosophie orientale pour les nuls, et un “cheese maker” qui lui enseigne les rudiments des arts martiaux. Ajoutez à cela un faux suspense entourant Glenn, et vous aurez une première partie de saison mitigée, qui tient le rythme, mais n’emballe pas.

En revanche, la deuxième partie entre dans le vif du sujet et se veut plus ambitieuse. L’épisode 9 (le premier de cette seconde partie) frappe un grand coup et réserve son lot de surprises. Cette partie s’articule autour de la confrontation entre le groupe de Rick et les hommes de Negan, que l’on découvrent petit à petit. L’univers de la série s’enrichit ainsi avec l’apparition de nouvelles communautés humaines qui vont tantôt développer des relations d’échange, tantôt entrer dans une relation conflictuelle. Ces huit derniers épisodes donnent lieu à de belles séquences, notamment la course-poursuite burlesque, digne d’un film de Chaplin, entre Rick et Daryl d’un côté, et “Jesus” de l’autre, l’ambassadeur d’une communauté voisine. Mais c’est surtout lors du dernier épisode que la série atteint son apogée en offrant un season final haletant et percutant. Les créateurs parviennent à faire monter la tension crescendo lorsque le groupe de Rick se retrouve progressivement acculé et impuissant face à leur nouvel ennemi, Negan. Une partie qui retranscrit habilement la déchéance d’un groupe victime du péché d’orgueil.

Le cliffhanger est quant à lui savoureux, et confirme la pertinence de la démarche des créateurs. D’un côté la série multiplie les clins d’oeil et référence à l’oeuvre d’origine, (de nombreux plans reprennent avec exactitude la composition de certaines cases), mais d’un autre côté, elle s’en éloigne suffisamment pour entretenir le suspense auprès des fins connaisseurs.

Le tableau serait parfait si la série ne cédait pas à certaines facilités. Cette sixième saison a notamment la fâcheuse tendance à jouer sur l’alternance de rythme entre les épisodes (épisode mouvementé suivi d’un épisode calme). Les postures morales des personnages sont par ailleurs souvent trop binaires et manquent de nuance. Le personnage de Morgan, qui avait perdu la raison après la perte de son fils, se reconvertit ainsi en bon samaritain avec comme seul principe “Chaque vie a une valeur”. Cet aspect binaire se retrouve dans d’autres personnages qui ne font, au cours des saisons, que basculer de manière caricaturale d’une posture à l’autre. D’autres points pourraient être également soulignés comme l’aspect soap de cette saison, qui tient une trop grande place, ou encore le manque d’inspiration dans la réalisation de certaines scènes (en particulier la fusillade impliquant Eugène). La plupart de ces réserves sont directement imputables à la structure de la série et de son redécoupage en deux parties de 8 épisodes chacune. Les scénaristes sont en effet enclins à ajouter des intrigues secondaires pour meubler et tenir la cadence des 16 épisodes.

Malgré ces bémols, cette dernière saison de TWD tient dans l’ensemble ses promesses  et annonce une septième saison plus sombre et plus dense. Surtout, on ressent une réelle ambition d’élever les standards de qualité de la série et de ne pas se contenter d’effets de maquillage qui, bien qu’impressionnants, ne suffisent plus à maintenir l’intérêt au bout de 6 saisons. La prochaine saison serait peut-être l’occasion pour les créateurs de prouver que non seulement TWD est une série horrifique de premier rang, mais qu’elle est également légitime dans le paysage plus généraliste des séries.

Tetsuo

8/10


Créateur : Frank Darabont

Casting : Andrew Lincoln, Chandler Riggs, Norman Reedus, Steven Yeun

Genre : Zombie

Pays : Etats-Unis

Chaîne TV : AMC

Date de diffusion : 11 octobre 2015 – 3 avril 2016

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