Un ciel bleu presque parfait, avant-première

Ce jeudi 10 mars, nous avons eu la chance d’assister à la projection du court-métrage Un ciel bleu presque parfait réalisé par Quarxx. Un film d’horreur bouleversant, malsain, glauque, dérangeant et profondément humain. Vous l’aurez compris, c’est un véritable coup de cœur pour notre rédaction. Rares sont les courts-métrages du genre aussi aboutis, percutants et subversifs. Pour nous, une chose est sûre, Un ciel bleu presque parfait est garanti d’un succès mérité dans les festivals. Et quoi de mieux pour ouvrir le bal que sa première sélection au festival de Gérardmer, la référence dans le genre. Ce soir, c’est au cinéma le Bastille à Paris que nous découvrons Un ciel bleu presque parfait, en compagnie de toute l’équipe du film. Lors de la présentation par le réalisateur, accompagné de son acteur principal et de l’équipe de production, on constate immédiatement une ambiance décontractée et conviviale.

Pour ceux qui ne connaissent pas le réalisateur Quarxx, une petite présentation s’impose. Sous ce pseudonyme se cache dans un premier temps un artiste passionné, œuvrant dans différents domaines tels que la photographie, la peinture et évidemment le cinéma. Celui-ci a déjà exposé dans plusieurs galeries à Paris, Londres, Shanghaï ou Pékin. 
L’homme est attiré par les personnages décalés et les univers fantasques, excessifs, voire provocateurs. Réalisateur de plusieurs courts-métrages tels que Rasta-Kamikaze Bang-Bang, Dirty Maurice, Zéropolis et Nuit Noire, qui a cartonné en festival. Un goût pour l’extravagance que l’on retrouve dans sa dernière réalisation : Un ciel bleu presque parfait.

Un ciel bleu presque parfait, Le pitch :

« On pourrait croire que Simon mène une vie banale et monotone. On aurait tort… Contrairement aux apparences, il ne vit pas seul dans ce vieux corps de ferme qui tombe en ruines. Entre kidnappeur et ange gardien, il n’a de cesse de veiller sur sa colocataire. Persuadé d’être en contact avec des êtres venus d’ailleurs, Simon va peu à peu perdre pied, et la frontière entre réalité et cauchemar va petit à petit s’effacer… »

On se contentera de ce pitch pour vous d’écrire l’histoire, suffisamment mystérieux pour ne pas trop dévoiler les grandes lignes du scénario. On vous souhaite de découvrir le film en festival. Le scénario est d’ailleurs très bien développé. On découvre l’ampleur de la folie du personnage principal au fur et à mesure, dans une ambiance à la David Lynch. Simon est pathétique, rustre, mais nous paraît quand même symptahique. Le film parvient efficacement à retranscrire le poids de la culpabilité du personnage et son effet dévastateur sur sa santé mentale. Une déviance psychologique que le comédien Jean-Luc Couchard (Dikkenek, Taxi, Rien à déclarer, calvaire) interprète parfaitement. Celui-ci est entre l’ange gardien et le bourreau. De nombreuses images symboliques viennent s’incorporer au film et apportent une dimension supplémentaire dans la lecture que l’on peut en faire. On pense par exemple à cette image de boule de feu qui vient entrecouper le film. Elle pourrait refléter l’état d’âme du personnage de la sœur, bouillonnant intérieurement et dans l’incapacité de s’exprimer. Ou encore la représentation de la folie de Simon, une menace omniprésente et prête à exploser. On pense également à cette vision cauchemardesque du personnage principal lorsqu’il est devant le miroir et contemple son visage totalement difforme. Un passage qui nous renvoie à l’univers de Cronenberg. Des images qui non seulement apportent du sens, mais également un aspect très inquiétant au film.

On saluera la mise en scène de Quarxx, misant parfois sur le côté intimiste de la caméra à l’épaule ou sur des mouvements plus fluides et spectaculaires pour les scènes de contemplation et de folie (renvoyant entre autres à la vision extraterrestre). Entre les mouvements de grue ou de drone, la réalisation est maîtrisée, réfléchie et efficace. On sent que Quarxx est très attaché à l’univers visuel, au travail sur la lumière, au cadre et aux décors. L’ambiance sonore développée conforte  cette sensation pesante et inquiétante.

On emmettra une seule réserve, on reste sur notre faim. On aurait envie que le film se poursuive et on reste sur une sensation d’inachevée. Un ciel bleu presque parfait mériterait d’être développé en long-métrage.
Je pense qu’on aura l’occasion de reparler de ce court-métrage que l’on recroisera sûrement en festival.

Un ciel bleu presque parfait