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Frankenstein

14 janvier 2017

Synopsis

Lorsque le Monstre se réveille dans un laboratoire scientifique, il ne sait pas qui il est : c’est encore un enfant dans un corps d’adulte. Il est innocent, mais la violence qu’on lui inflige lors de tests médicaux va lui faire découvrir l’existence d’un monde étrange, sombre et cruel. Blessé et livré à lui-même, il sillonne la ville, suscitant la crainte et l’effroi chez ses habitants.

Critique

l’avis de krueger

L’histoire de Frankenstein fait partie de ses mythes immortels, que l’on revisite sans cesse avec plus ou moins de réussite. On pensait que les adaptations du roman de Mary Shelley, véritable chef d’œuvre incontesté, finiraient par s’estomper au cinéma. Et pourtant, nous avons eu dernièrement le film de Paul McGuigan, Docteur Frankenstein, qui malgré des choix esthétiques contestables, méritait le coup d’œil ne serait-ce que pour la qualité de son casting. Un véritable flop commercial qui n’envisage rien de bon pour cette autre adaptation beaucoup plus modeste, celle de Bernard Rose (Paperhouse, Candyman) avec Frankenstein. Malgré ces conditions défavorables et son faible budget (3 millions de dollars), celui-ci remporte tout de même un succès non-négligeable en festival et a ouvert le dernier Festival de Gérardmer.

Benard Rose nous propose une vision beaucoup plus moderne de Frankenstein, la situant dans notre monde contemporain et en mettant en avant les progrès de la médecine moderne. Considérant ses deux créateurs comme ses parents (interprétés par un duo de comédiens hors pair, Carrie-Anne Moss et Danny Huston), l’attitude de « Monster » (son nom dans le film) est proche de celle d’un nouveau-né. Celui-ci apprend en observant les autres et son basculement dans la violence ne fait que refléter celle qu’il subit, qu’elle soit psychologique ou physique. En s’enfuyant du laboratoire, Monster doit survivre à son quotidien dans les rues de Los Angeles.

Dès le début du film, la voix off du monstre se fait entendre et vient immédiatement anéantir nos doutes quant à la compréhension du personnage et sa sensibilité sur ce qui l’entoure. Même si le réalisateur justifie cette voix off par le fait qu’elle provient directement et au mot près du roman de Shelley, celle-ci se ressent comme un outil narratif trop facile et sans grand intérêt. Présenté comme un personnage à la Elephant man (référence directement citée dans le film), le spectateur ne ressent que trop rarement de l’empathie envers Monster, malgré tous les efforts du film pour aller dans ce sens. En revanche, le film trouve un réel intérêt avec le personnage secondaire d’Eddie, un clochard aveugle chantant du blues et remarquablement interprété par Tony Todd (inoubliable Candyman). Par sa perception de la vie et des gens, le personnage d’Eddie parvient même à changer notre regard sur Monster. Autre point fort du film : son rapport à la violence. Bien que très rares, les scènes de violence sont très fortes et dérangeantes. On pense à la scène avec la police ou encore avec la prostituée (sûrement le meilleur passage du film, le plus gênant et émouvant).

Malheureusement, la fin du film est tout simplement grotesque. Alors qu’elle s’annonçait comme un véritable climax, celle-ci est étonnamment bâclée. La scène est incohérente, les enjeux sont très mal exploités et l’aspect visuel est une vraie catastrophe.

note : 4/10

l’avis du druide

Présenté en ouverture du Festival International du Film Fantastique de Gerardmer 2016, Frankenstein rappelle à nos mémoires que cette légende reste une des plus vénérables de la littérature fantastique. Ici, c’est Bernard Rose qui s’y colle. Reste à savoir si la dernière interprétation en date sera plus convaincante que les précédentes.

Le film se construit en trois parties. La première nous présente la naissance de la créature dans un environnement qui se présente comme une métaphore glaciale de la maternité. Tout étant travaillé pour créer la confusion par rapport au visuel adolescent du jeune garçon. Mais il faut bien se rendre à l’évidence, cette partie déçoit par le côté abrutissant du personnage principal, qui s’éloigne de l’enfance pour se rapprocher du handicap mental. De plus, on ne comprend pas vraiment la direction que va prendre le récit. La seconde partie est quant à elle un vrai régal. Sombre, dure, charnelle, on y suit la découverte du monde par le héros, sa descente en enfer face au réel. Cette épopée funeste, lors de laquelle il fera la connaissance d’un autre marginal qui lui non plus ne connaît pas le monde, de par sa cécité, montre au spectateur qu’il est plus difficile de dompter le monde que de se faire dompter par ce dernier. La dernière partie, quant à elle revient à la médiocrité des premières minutes, floue, approximative et trop prévisible pour rivaliser avec les 40 minutes qui viennent de s’écouler.

Dans sa forme, ce Frankenstein joue très habillement de sa mise en scène pour apporter du crédit à son récit. Le début du film se teinte principalement de deux couleurs : le bleu très froid qui contraste avec le rouge du sang, vif et agressif. Ce mécanisme met en avant l’unicité de l’enfant, roi déchu qui va amorcer son arrivée dans le monde. C’est ainsi qu’apparaissent les couleurs chaudes, uniformes, qui participent à noyer le héros dans l’immensité de son environnement, à lui voler son identité. La fin quant à elle se joue des clairs/obscurs pour transposer ce que l’on pourrait traduire comme : il ne vaut ni d’être seul, ni d’être mal accompagné. Et c’est en effet le compromis qui génère l’équilibre. Enfin, la pudeur qui entoure la créature, et ces visuels à peine dévoilés, participent à éviter le trop simple phénomène de foire qui n’aurait pas pris dans cette réalisation plus sensitive que visuelle…

Ce Frankenstein m’a tout de même laissé un goût mitigé principalement à cause de l’inégalité de l’ensemble. Le premier contact est difficile car approximatif, la dernière impression plutôt moyenne, mais entre ces deux lacunes, le récit est un véritable régal diablement humain, et pourtant tellement monstrueux. Bernard Rose ne proposera pas un inoubliable Frankenstein, mais servira à lui apporter du sang neuf.

note : 5/10

Informations

Frankenstein

Frankenstein

 

Date de sortie : 8 mars 2016 en DVD

Réalisateur : Bernard Rose

Acteurs : Xavier Samuel, Carrie-Anne Moss, Danny Huston

Genre : Horreur

Pays d’origine : États-Unis, Allemange

Lien Imdb

Synopsis

Lorsque le Monstre se réveille dans un laboratoire scientifique, il ne sait pas qui il est : c’est encore un enfant dans un corps d’adulte. Il est innocent, mais la violence qu’on lui inflige lors de tests médicaux va lui faire découvrir l’existence d’un monde étrange, sombre et cruel. Blessé et livré à lui-même, il sillonne la ville, suscitant la crainte et l’effroi chez ses habitants.

Critique

l’avis de krueger L’histoire de Frankenstein fait partie de ses mythes immortels, que l’on revisite sans cesse avec plus ou moins de réussite. On pensait que les adaptations du roman de Mary Shelley, véritable chef d’œuvre incontesté, finiraient par s’estomper au cinéma. Et pourtant, nous avons eu dernièrement le film de Paul McGuigan, Docteur Frankenstein, qui malgré des choix esthétiques contestables, méritait le coup d’œil ne serait-ce que pour la qualité de son casting. Un véritable flop commercial qui n’envisage rien de bon pour cette autre adaptation beaucoup plus modeste, celle de Bernard Rose (Paperhouse, Candyman) avec Frankenstein. Malgré ces conditions défavorables et son faible budget (3 millions de dollars), celui-ci remporte tout de même un succès non-négligeable en festival et a ouvert le dernier Festival de Gérardmer. Benard Rose nous propose une vision beaucoup plus moderne de Frankenstein, la situant dans notre monde contemporain et en mettant en avant les progrès de la médecine moderne. Considérant ses deux créateurs comme ses parents (interprétés par un duo de comédiens hors pair, Carrie-Anne Moss et Danny Huston), l’attitude de « Monster » (son nom dans le film) est proche de celle d’un nouveau-né. Celui-ci apprend en observant les autres et son basculement dans la violence ne fait que refléter celle qu’il subit, qu’elle soit psychologique ou physique. En s’enfuyant du laboratoire, Monster doit survivre à son quotidien dans les rues de Los Angeles. Dès le début du film, la voix off du monstre se fait entendre et vient immédiatement anéantir nos doutes quant à la compréhension du personnage et sa sensibilité sur ce qui l’entoure. Même si le réalisateur justifie cette voix off par le fait qu’elle provient directement et au mot près du roman de Shelley, celle-ci se ressent comme un outil narratif trop facile et sans grand intérêt. Présenté comme un personnage à la Elephant man (référence directement citée dans le film), le spectateur ne ressent que trop rarement de l’empathie envers Monster, malgré tous les efforts du film pour aller dans ce sens. En revanche, le film trouve un réel intérêt avec le personnage secondaire d’Eddie, un clochard aveugle chantant du blues et remarquablement interprété par Tony Todd (inoubliable Candyman). Par sa perception de la vie et des gens, le personnage d’Eddie parvient même à changer notre regard sur Monster. Autre point fort du film : son rapport à la violence. Bien que très rares, les scènes de violence sont très fortes et dérangeantes. On pense à la scène avec la police ou encore avec la prostituée (sûrement le meilleur passage du film, le plus gênant et émouvant). Malheureusement, la fin du film est tout simplement grotesque. Alors qu’elle s’annonçait comme un véritable climax, celle-ci est étonnamment bâclée. La scène est incohérente, les enjeux sont très mal exploités et l’aspect visuel est une vraie catastrophe. note : 4/10

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Né au milieu des sorties de Evil Dead, Le Tueur du Vendredi, ou encore de La Maison Près du Cimetière, mon héritage paternel m'a permis de grandir parmi les cassettes V2000. Il faut vivre avec son temps ? C'est vrai mais je voue un culte inébranlable au patrimoine horrifique depuis les seventies, que je considère comme le ciment de nos émotions aujourd'hui. Mon moteur : Ars Gratia Artis, ma passion : le cinéma, mon nom : Le Druide...

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