Au coeur de l'horreur

Bite

Synopsis

Lors de son enterrement de vie de jeune fille au Costa Rica, Casey, la future mariée, se fait mordre par un insecte inconnu. De retour chez, elle tentera vainement d’annuler son mariage et commencera à se métamorphoser en insecte. Entre sa transformation physique et l’anxiété provoquée par son mariage, Casey finit par céder à ses nouveaux instincts et se replie sur elle-même, créant un nid qui abrite ses œufs translucides et se nourrissant de chair humaine. Une fois sa transformation achevée, Casey prend conscience que tout peut changer à l’aide d’une simple morsure…

Critique

Il fallait bien du culot ou de la témérité au réalisateur Chad Archibald pour s’aventurer dans les pas de David Cronenberg et son indétrônable La Mouche. Que ce soit dans les effets spéciaux ou la narration, peu de films ont réussi à atteindre l’intensité et la finesse de l’oeuvre cronenbergienne. Le pitch de Bite ne laisse aucun doute et cite clairement La Mouche en mettant en scène une jeune femme qui va subir une métamorphose monstrueuse et se changer progressivement en insecte.

Le film s’ouvre sur l’escapade de trois jeunes femmes au Costa Rica, parties célébrer l’enterrement de vie de jeune fille de Casey, la future mariée. Lors d’une baignade dans une cascade paradisiaque, Casey se fait mordre par un insecte. Un événement en apparence anodin mais qui aura de terribles conséquences pour la jeune femme. A son retour, Casey est confrontée à la réalité brutale d’un mariage imminent, qu’elle peine à accepter. Cette angoisse jouera un rôle crucial dans le film, tant la métamorphose de Casey n’est que la métaphore de son rejet de l’engagement.

Première cause d’agacement, Bite s’ouvre à la manière d’un found footage et filme, caméra au point et en vue subjective, le voyage des trois jeunes femmes. Même si le procédé trouve ici une justification scénaristique (les images du voyage constitueront par la suite une source de conflit entre les personnages), on ne peut que déplorer ces séquences longuettes sans grand intérêt (comme le premier acte de la très large majorité des films en found footage). Mais lorsque le film renoue avec une esthétique plus classique, il ne gagne pas pour autant en qualité visuelle. Plutôt que de prendre le parti d’un huit clos claustrophobique qui aurait renforcé le sentiment d’isolement et de repli de la protagoniste, Chad Archibald se hasarde à filmer certains plans extérieurs insipides, comme l’immonde façade de l’immeuble de Casey. Un décor pauvre et peu cinégénique qui contraste avec l’aspect cossu de l’intérieur de l’appartement.

Les effets spéciaux révèlent rapidement les limites d’un budget modeste. L’équilibre entre effets de maquillage et CGI (la queue de Casey une fois transformée par exemple) est bancal et ne parvient pas à rendre Casey suffisamment monstrueuse et effrayante. Après la présentation des premiers symptômes (rougeurs et plaies sur le corps), le réalisateur passe trop rapidement à l’étape supérieure en nous montrant un appartement entièrement recouvert de matière organique et visqueuse, et une Casey méconnaissable. L’actrice surjoue par ailleurs sa bestialité par des tics nerveux convenus et peu naturels (les mouvements brusques de la tête).

L’histoire ne rehausse malheureusement pas le film et on peut déplorer les nombreux clichés qui émaillent le scénario et le manque de nuance dans le traitement des personnages. On a donc droit à une belle mère acariâtre qui, bizarrement, estime que Casey (qui a pourtant l’allure de la belle fille parfaite), n’est pas assez bien pour son fils, ou la copine qui est en fait une garce (ça se lit sur son visage dès le premier plan), et qui ne cherche qu’à séduire le petit ami de Casey. Le jeu des acteurs n’est pas en reste et on peut facilement se gausser des scènes post-rupture du petit ami de Casey, en pleine dépression face au miroir avec un verre de Whisky à la main… Bref, un scénario aussi indigent qu’un épisode de soap, le tout enrobé d’effets gores et crasseux. On ne comprendra par ailleurs jamais pourquoi Casey refuse d’aller consulter un médecin lorsque sa plaie s’infecte. Quiconque découvre une plaie purulente de la taille d’une balle de tennis sur sa cuisse aura nécessairement le réflexe d’aller aux urgences (et non de laisser un message sur le répondeur téléphonique du cabinet de son médecin généraliste bordel!). Cette toute la différence avec La Mouche où la métamorphose du personnage principal s’accompagne d’un sentiment de bien-être et de puissance, ce qui justifie son isolement.

Enfin, les européens que nous sommes, habitués à voyager dans des contrés éloignées et exotiques, s’amuseront de voir toute la défiance que véhicule le film sur l’étranger. Une scène apparemment anodine est révélatrice de cette méfiance lorsque deux jogueuses conversent pendant l’effort et que l’une d’entre elle affirme que l’on revient toujours malade de vacances, avant de se faire mordre par un insecte géant (un petit bébé de Casey). On peut bien sûr y voir une pointe d’ironie de la part du réalisateur, puisque la jeune jogueuse, qui ne se sait pas encore condamnée, s’est fait attaquer dans son paisible quartier résidentiel. On oubliera toutefois pas que ce fléau vient de l’étranger (Costa Rica) et que les trois protagonistes reviennent effectivement malades du Costa Rica…

Bite est à la fois révélateur de l’insuffisance des moyens mis en oeuvre pour un tel projet et du manque d’inspiration et de créativité de Chad Archibald, qui recopie les vieilles recettes sans parvenir à retrouver leur saveur.

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4

10

NOTE

4

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4

Informations

Affiche de Bite

Titre original : Bite

Réalisation : Chad Archibald

Scénario : Rock Shaink Jr., Keith Kiornes

Casting : Elma Begovic, Annette Wozniak, Jordan Gray…

Pays d’origine : Etats-Unis

Genre : Film de monstre

Durée : 88 minutes

Date de sortie : 2 août 2016 (Etats-Unis)

Lien IMDB

Lien Allocine

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