Torment (Note : 5/10)

Réalisateur : Jordan Barker

Scénaristes : Michael Foster, Thomas Pound

Acteurs : Katharine Isabelle, Peter DaCunha, Robin Dunne, Sitara Hewitt, Asim Wali, Stephen McHattie…

Genre : Horreur/Home Invasion

Pays d’origine : États-Unis, Canada, Espagne

 

Synopsis :

Sarah, Cory, et le fils de ce dernier, Liam, partent quelques jours en vacances dans leur résidence secondaire. Un voyage destiné à apaiser l’hostilité que manifeste Liam à l’égard de sa belle-mère Sarah. Dès leur arrivée, ils découvrent que leur résidence a été « squattée » pendant leur absence. Ils préviennent rapidement la police mais décident quand même de rester, pensant avoir à faire à des adolescents

 

Critique :

Si les home invasions sont légions, peu d’entre eux ont réellement réussi à nous convaincre ces derniers mois. Il suffit de mentionner le très oubliable You’re Next, qui, bien que prometteur, nous avait profondément déçu par ses parti pris scénaristiques grotesques. Qu’attendre de Torment, dont l’affiche est très inspirée de celle de You’re Next, mettant en scène un masque d’animal ?

Loin d’être exceptionnel, Torment joue son rôle avec efficacité, celui d’un home invasion rythmé et angoissant (pour les plus fragiles hein, pas la peine de sortir sa Pampers non plus…). Premier point positif du film, le rythme. Relativement court (moins d’1h20), Torment entre très rapidement dans le vif du sujet. L’introduction est toutefois indispensable pour la compréhension des personnages et pose l’enjeu du film, à savoir la relation houleuse entre Liam et sa belle-mère. On comprend dès lors que tout le film s’articulera autour de cette relation et que les événements et épreuves qui suivront n’auront pour but que de réconcilier Liam et Sarah (Incarnée par la sublime Katharine Isabelle qui avait déjà émoustillé nos sens dans American Mary). Ce qui enrichit la relation entre les protagonistes nuit toutefois au suspense, tant le dénouement se lit dès les premières minutes du film…

Malgré ce schéma quelque peu prévisible, le film tient une grande partie de ses promesses. Torment utilise efficacement les rouages du genre, à commencer par les masques des agresseurs, conçus à partir de peluches de Liam. Le détournement d’un objet enfantin à des fins macabres n’est certes pas nouveau, mais il fonctionne particulièrement bien dans ce cas, notamment le masque de souris dont la silhouette fait irrémédiablement penser à Mickey (et un Mickey sanguinaire ça a de la gueule !). L’utilisation des peluches est d’autant plus pertinente qu’elle s’inscrit dans le thème principal du film, la famille et l’enfance. Elle instaure une ambiguïté sur le statut et le rôle de l’enfant, à la fois victime et bourreau.

Néanmoins, Torment affiche quelques lacunes qui nuisent au plaisir du spectateur. On n’est pas épargné par les comportements parfois incohérents des personnages (et à ce jeu, Sarah est super forte ! Comme la scène où elle coure dans la forêt en gueulant « Cooorrryyyyyy !!! » et en tirant une fusée de détresse. Faut pas s’étonner de se retrouver nez-à-nez avec une vilaine peluche…). De même que la voix grave et surjouée de l’un des agresseurs, au physique imposant. Un cliché vocal qui malheureusement nous rappelle l’artifice du cinéma et nous projette hors du film.

Sans spoiler la fin, on sent une volonté de surprendre et de déjouer cet aspect prévisible déjà évoqué. Mais le twist final n’a que peu d’effet (et disons-le peu d’intérêt) sur la structure scénaristique du film qui demeure classique. Louons toutefois la volonté d’offrir un scénario plus ambitieux où les motivations des agresseurs sont pour une fois explicitées.

En somme, Torment est un film qui ne surprendra pas les spectateurs les plus aguerris, mais qui exploite efficacement toutes les ficelles du genre et contentera les plus avides de home invasions.

Tetsuo

Note : 5/10

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