Un nouveau documentaire revient sur l’un des échecs les plus célèbres du cinéma d’horreur. Boorman and the Devil s’intéresse à la genèse chaotique de Exorcist II: The Heretic, suite honnie du classique de William Friedkin. Une bande-annonce vient d’être dévoilée avant une sortie américaine en salles à partir du 28 août.
Autopsie d’un désastre devenu cas d’école
Réalisé par David Kittredge, Boorman and the Devil retrace la manière dont John Boorman, cinéaste alors au sommet, s’est retrouvé aux commandes d’une suite que beaucoup considèrent encore comme l’un des accidents industriels majeurs d’Hollywood. Après Point Blank et surtout Deliverance, Warner Bros. lui confie la lourde tâche de prolonger le succès colossal de The Exorcist.
Le résultat, sorti en 1977 sous le titre Exorcist II: The Heretic, est un revers critique et commercial retentissant. Narration ésotérique, partis pris visuels radicaux, éloignement assumé du naturalisme oppressant du premier film : Boorman tente une approche mystique et conceptuelle qui désarçonne. L’échec est tel qu’il affecte durablement sa carrière et modifie la manière dont les studios envisagent les suites à gros budget.
Boorman face à son héritage
Le documentaire donne la parole à John Boorman lui-même, qui revient sur ses intentions et sur les conditions de production compliquées du film. À ses côtés, plusieurs figures liées au projet ou au cinéma de genre apportent un éclairage rétrospectif : Linda Blair et Louise Fletcher, présentes dans Exorcist II: The Heretic, mais aussi des réalisateurs comme Karyn Kusama, Joe Dante ou Mike Flanagan.
L’ensemble interroge la place des œuvres mal reçues dans l’histoire du cinéma. Avec le temps, le film de Boorman a été réévalué par certains critiques qui y voient une tentative singulière d’élargir le champ du récit démoniaque vers des territoires plus métaphysiques. Boorman and the Devil examine cette relecture tardive sans éluder la violence du rejet initial.
Une production ancrée dans le cinéma de genre
Le film est produit par Triple Fire Productions, la société de David Kittredge, en collaboration avec Travis Stevens pour Snowfort Pictures, connu notamment pour son implication sur Jodorowsky’s Dune et Starry Eyes. Jim Fall et Alan Koenigsberg complètent l’équipe de production.
Ce positionnement n’est pas anodin. Stevens, en particulier, évolue depuis plusieurs années dans une zone où le cinéma de genre est abordé avec un regard analytique et patrimonial. Boorman and the Devil s’inscrit dans cette tendance qui consiste à documenter les coulisses d’œuvres controversées pour mieux comprendre leur fabrication et leur réception.
Date de sortie américaine
Après des projections en festival, Boorman and the Devil sortira d’abord au Quad Cinema de New York le 28 août, avant une extension à partir du 4 septembre dans plusieurs villes américaines, dont Los Angeles, Houston, Seattle ou Philadelphie.
Aucune information n’a encore été communiquée concernant une distribution internationale ou une sortie en France.

