Cinquante ans après l’adaptation de Brian De Palma, Carrie revient sous une nouvelle forme. Mike Flanagan transpose le premier roman de Stephen King en mini-série de huit épisodes pour Prime Video, avec une diffusion américaine annoncée le 7 octobre. Loin d’un simple remake, le cinéaste revendique une relecture contemporaine.
Un classique revisité pour la télévision
Publié en 1974, Carrie racontait l’histoire d’une lycéenne marginalisée découvrant ses pouvoirs télékinésiques avant de transformer son bal de promo en carnage. Le film de De Palma, en 1976, a durablement marqué l’imaginaire collectif, au point d’associer à jamais le prénom Carrie White à une couronne maculée de sang.
Plutôt que de condenser à nouveau le récit en long métrage, Flanagan choisit le format sériel. Les huit épisodes doivent permettre d’élargir la matière du roman, notamment ses passages pseudo-documentaires consacrés à l’étude scientifique de la télékinésie. Le showrunner précise d’ailleurs qu’il ne s’agit pas de rejouer les scènes les plus célèbres à l’identique, mais de construire « quelque chose de nouveau à partir des ingrédients de Carrie ».
Mike Flanagan et Stephen King, une relation suivie
Flanagan n’en est pas à sa première incursion dans l’œuvre de King. On lui doit déjà Jessie, adaptation tendue d’un roman réputé inadaptable, ainsi que Doctor Sleep, qui articulait le film de Kubrick et la suite littéraire imaginée par King. En 2024, il livrait The Life of Chuck, variation plus métaphysique issue d’une nouvelle.
Il travaille actuellement sur une adaptation ambitieuse de la saga The Dark Tower, tout en préparant une nouvelle version de The Mist pour Warner. Cette fidélité à l’univers de King éclaire son approche de Carrie : respect des thèmes, mais liberté dans la structure et les développements.
Un bal de promo à l’ère des réseaux sociaux
Le premier teaser présente Summer H. Howell dans le rôle-titre, quelques instants avant la catastrophe. On y aperçoit une couronne, une robe souillée et des flammes envahissant la ville, suggérant que la destruction pourrait dépasser le gymnase du lycée, comme dans le roman.
La modernisation la plus évidente concerne le harcèlement. La scène des douches, déclenchée par les premières règles de Carrie, intègre désormais les téléphones portables. L’humiliation ne se limite plus à un vestiaire fermé, elle circule en ligne. Flanagan entend explorer cette violence diffuse, démultipliée par les réseaux sociaux, dans la lignée de certaines thématiques déjà esquissées dans The Rage: Carrie 2.
Une famille White réinventée
Samantha Sloyan incarne Margaret White, mère fondamentaliste déjà familière de l’univers de Flanagan, notamment dans Midnight Mass. Cette nouvelle version serait moins monolithique que celle décrite par King. Margaret aimerait sincèrement sa fille, mais chercherait à la protéger du monde en l’isolant.
Autre changement notable, le père, à peine évoqué dans le roman, aurait ici une place plus concrète. La série suggère que la mort récente de Ralph White contraint mère et fille à sortir de leur isolement, modifiant l’équilibre familial.
Vers un élargissement du mythe
La série ne se limiterait pas au cas de Carrie. Dès le deuxième épisode, une autre jeune fille dotée du « gène TK » ferait son apparition. Flanagan semble vouloir développer l’idée, déjà présente dans le livre, d’une mutation latente au sein de l’humanité.
Enfin, la bande-annonce se distingue par une voix off de Carrie elle-même. Là où le roman s’achevait rapidement après la tragédie, cette version lui donne l’occasion d’exprimer sa colère et son incompréhension. Carrie sera mise en ligne sur Prime Video à partir du 7 octobre aux États-Unis. Dans l’attente d’une confirmation pour d’autres territoires, on peut également noter que Crystal Lake, autre adaptation horrifique très attendue, débarque à la même période.
Pas de date de sortie française annoncée pour le moment.

