Le thriller surnaturel Snapshot, réalisé par Joseph Archer, dévoile un premier extrait avant sa présentation dans plusieurs festivals britanniques. Situé dans le Londres de 1888, le film associe les crimes attribués à Jack l’Éventreur à une enquête paranormale menée par une société féminine de chasseuses de fantômes.
Sa particularité visuelle tient à son dispositif : l’action est observée à travers l’objectif rudimentaire d’une caméra à sténopé, conçue comme une primitive machine à images animées.
Une enquête victorienne filmée à travers une caméra à sténopé
L’extrait de Snapshot donne surtout un aperçu de son format d’image circulaire en 1:1. Joseph Archer et son équipe utilisent ce cadre resserré pour reproduire la vision limitée d’une caméra à sténopé du XIXe siècle. Ce choix formel place le long métrage à la croisée du film d’époque, du récit de fantômes et de l’horreur en caméra subjective, sans adopter pour autant les codes contemporains du found footage.
L’intrigue se déroule en 1888, au moment où débutent les meurtres de Whitechapel. Un inventeur amateur met au point la première machine capable d’enregistrer des images en mouvement afin de suivre le travail d’un groupe exclusivement féminin spécialisé dans la chasse aux esprits. Ces enquêtrices sont convaincues que les crimes sanglants commis dans l’est de Londres ne sont pas l’œuvre d’un homme, mais d’une créature.
Jack l’Éventreur et la fabrication des récits
La figure de Jack l’Éventreur a nourri de nombreuses relectures horrifiques, du gothique victorien aux variations plus ouvertement fantastiques. Snapshot choisit de s’intéresser également à la circulation de l’information à cette période. Le synopsis évoque une époque de désinformation, de récits inventés et de journalisme sensationnaliste, dans laquelle les histoires les plus extravagantes permettaient de vendre davantage de journaux.
Ce thème constitue le point de contact entre le cadre historique et le présent. Ancien journaliste de presse écrite, Joseph Archer explique avoir voulu rapprocher les pratiques médiatiques victoriennes de la facilité avec laquelle les fausses informations peuvent aujourd’hui être monétisées sur Internet. Le film traite ainsi son mystère criminel et surnaturel comme un récit sur la manipulation de la vérité.
Joseph Archer réunit une distribution britannique
Snapshot est porté par Tom Stourton, Cathy Wippell, Hazel Rogers, Lydia Helen, Nadia Lamin, Rosie-Bella Johnson, Ishtar Currie-Wilson et Freya Parks. Cathy Wippell produit également le film avec Joseph Archer par l’intermédiaire de leur société britannique Silicon Gothic.
Le projet s’inscrit dans une tradition britannique où le folklore, l’histoire urbaine et le fantastique se rencontrent régulièrement. Le Londres victorien, déjà indissociable dans l’imaginaire collectif des meurtres de Whitechapel, fournit ici un terrain adapté à une enquête qui remet en cause la version officielle des faits. Le recours à une technologie embryonnaire ajoute une dimension de cinéma des origines au dispositif narratif.
Premières projections à Édimbourg et FrightFest
Snapshot doit connaître sa première mondiale au Festival international du film d’Édimbourg le 15 août, avant une projection programmée à FrightFest plus tard dans le mois. Aucune date de sortie commerciale internationale n’a été communiquée avec cette annonce.
Pour la France, aucun distributeur ni calendrier de sortie en salles ou en vidéo à la demande n’est confirmé à ce stade.

