(Étrange Festival) Résidence Surveillée (Note : 4/10)

Réalisateur : Graeme Whifler

Acteurs : Nick Searcy, Eileen Dietz, Irwin Keyes …

Genre : Epouvante-horreur , Thriller

Pays d’origine : États-Unis

 

Synopsis :

« Fraîchement installés dans une résidence d’apparence tranquille, Bob et son épouse Wendy pensent vivre enfin paisiblement leur idylle. Mais ce bonheur est rapidement troublé par un voisin psychologiquement instable de plus en plus envahissant. » (Synopsis de l’Étrange Festival)

 

Critique :

Pour fêter ses 20 ans, l’Étrange Festival à sélectionné 20 films assez disjonctés, dont l’incroyable Tetsuo ou Hic qu’on a déjà eu l’occasion de voir. C’est au tour de Résidence Surveillée (Neighborhood Watch) de faire son entrée et de nous en mettre plein la vue. Il s’agit pour le moment du seul film en tant que réalisateur de Graeme Whifler, déjà scénariste de Dr Rictus et Sonny Boy. Le film est annoncé comme l’un des plus trash de cette 20ème édition. De ce point vu, il tient toutes ses promesses. On assiste à un véritable déferlement de substances nauséabondes. Du vomi, de la merde, du sang, des boyaux, de la pisse, Résidence Surveillée ne fait pas dans la dentelle et son principal objectif est bel et bien de nous écoeurer. Vous êtes prévenu, il faut aimer l’esprit scatologique pour se marrer devant ce film.

Bob et Wendy forment un jeune couple et décident d’emménager dans une banlieue paisible. À peine arrivé sur les lieux, Bob doit commencer à travailler dans sa nouvelle entreprise tandis que Wendy reste à la maison pour débuter les travaux et déballer les cartons. Notre jeune couple est aux anges et vit le parfait rêve américain. C’est évidemment sans compter sur leur nouveau voisin, Adrien Trumbull, un homme répugnant qui s’avère très collant et qui leur offre des cadeaux empoisonnés. Ainsi, notre couple va régulièrement tomber malade et comprendre le danger que représente Adrien, dont personne n’a l’air de se soucier.

Résidence Surveillée surfe sur un schéma scénaristique qui a été maintes fois utilisé dans le cinéma de genre, celui du voisin psychopathe. On pourrait citer comme exemple l’incontournable Fenêtre Sur Cour d’Alfred Hitchcock, réalisé en 1954, et qui est sûrement l’un des films précurseurs sur cette menace du voisinage. Par la suite, de nombreux films ont réutilisé ce type de narration tel qu’Apparences, Harcelés, The ResidentFright Night, In Their Skin ou l’excellent MalveillanceResidence Surveillée n’apporte rien de nouveau parmi cette panoplie de films, si ce n’est la surabondance d’effets gores et surtout scatologiques. Il s’agit évidemment d’une grande provocation de la part de notre réalisateur qui cherche plus à nous choquer qu’à nous immerger dans une véritable intrigue. Un parti prit qui devient rapidement très lourd, ennuyeux, voire insupportable. Un humour assumé, mais qui tombe souvent dans un tel mauvais goût qu’on a du mal à y croire. On regarde autour de soi dans la salle et là, surprise, le voisin est hilare et commence à lâcher des rots. Le voilà complètement contaminé par ce film !

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Le personnage d’Adrien ne connaît aucune limite. Sa maison est un véritable dépotoir dans lequel l’homme s’expérimente à de nouvelles recettes culinaires, composées d’ingrédients répugnants, et que notre personnage compte bien partager avec ses nouveaux voisins. Il écoute constamment une radio aux idées les plus malsaines. Sa vie sexuelle est des plus passionnante. S’étant coupé le sexe pour résister à la tentation, notre personnage aime s’ouvrir le bide pour y insérer ses doigts et se procurer du plaisir, tout en écoutant l’orgasme qu’il a enregistré de sa voisine. Voilà une courte présentation de notre psychopathe qui devrait vous donner une idée de l’ambiance du film. Il faut saluer la performance de l’acteur Nick Searcy, que vous avez surement déjà vu dans la série Justified. Son interprétation représente l’un des rares atouts de ce film.

Le début du film offrait pourtant quelques pistes intéressantes. Sachant pertinemment que nos deux tourtereaux finiraient par tomber sur un dangereux voisin, le film brouille les pistes et nous présente quelques personnages que l’on soupçonne immédiatement. On se méfie du plombier un poil lubrique qui semble avoir regardé trop de films pornos avec des personnages de sa profession. De même pour ce couple de personnes âgées que l’on croit sourd et muet et qui viennent se garer sur la propriété de notre couple. Notre couple est d’ailleurs plutôt attachant et leurs mésaventures ne nous laissent pas indifférent. Le ton du film devient, malheureusement, trop vite indigeste.

La qualité de l’image est très médiocre et nous donne l’impression d’avoir été tourné en DV (une sensation qui ne s’améliore pas en raison des piètres conditions de projection de la salle de l’Étrange Festival. On a parfois l’impression d’être face à un Divx, l’image bug etc…). La mise en scène n’offre rien d’intéressant si ce n’est une séquence en particulier, celle où notre couple se réveille malade, incapable de se lever et obligé de ramper au sol pour se déplacer. La caméra flotte lentement au-dessus d’eux et donne la sensation d’assister à un cauchemar éveillé. La lumière teintée de rouge vif nous immerge dans un monde presque surréaliste. Une rare séquence où le suspens est palpable.

Ceci étant dit, Résidence Surveillée est un film qui, bien qu’assumant son côté crade et disjoncté, ne parvient aucunement à nous intéresser ni même à nous faire rire. On saluera seulement l’interprétation de Nick Searcy, très crédible dans le rôle de ce gros dégueulasse sans-gêne. Parmis les films sélectionnés dans la catégorie « 20 ans/20 films », Résidence Surveillée est sans aucun doute le moins passionnant.

 

Krueger

Note : 4/10

 

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