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Burying the Ex

21 décembre 2015

Synopsis

« L’histoire d’un couple dont la relation prend un mauvais tour lorsqu’il décide d’emménager ensemble. Max découvre à quel point sa copine Evelyn prend le contrôle sur lui et le manipule, mais il a trop peur de la quitter. Evelyn va mourir dans un accident, et la vie de Max va basculer… »

Critique

Joe Dante a la fâcheuse particularité de trainer dans son sillon le spectre de la médiocrité. Pas pour l’essentiel  de sa filmographie (et j’évite ainsi de m’attirer les foudres des fans inconditionnels du personnage), mais l’histoire a prouvé qu’il était capable du meilleur comme du pire. Entre 1984 et 1990, le réalisateur essuiera quatre échecs consécutifs, le relayant au rang de vilain petit canard, avec entre autresExplorers, Les Banlieusards et le néanmoins classique Gremlins 2. Le chemin de la rédemption se devant d’être pavé de bonnes intentions, il a travaillé sur de nombreux projets, certains judicieux, d’autres tellement peu qu’ils n’ont jamais vu le jour. On retiendra tout de même Piranhas, Hurlements qui ont permis à Dante de prouver son talent afin de se voir proposer la réalisation du cultissime Gremlins.

Cela nous amenant à aborder avec méfiance sa dernière réalisation Burying the Ex, l’histoire d’un jeune homme qui voit son ex revenir d’entre les morts, lui faisant vivre un véritable enfer. Les préjugés, largement nourris par un format DTV qui peut paraître injuste, obligent donc à une impartialité de circonstances pour s’imprégner de ce métrage. Et au final, l’aventure se révèle plutôt agréable (et pourtant, je tiens à préciser que les comédies horrifiques parsemées d’un soupçon de niaiseries romantiques ne sont pas du tout ma came). Dante réussit le tour de force de jauger très finement la présence de ces trois genres au sein d’un même film. Bien sûr, le côté comique ne révolutionne pas le genre, avec du potache, de la chute bien prévisible, et du comique de situation très classique. Mais apportez-y des interactions sentimentales crédibles, touchantes, le tout dans un récit de morts-vivants sarcastiques et un peu pourrissant sur les bords, et vous obtiendrez un ensemble d’une homogénéité bluffante. On comprend les réactions des personnages, on les ressent, on les partage (à tel point que l’on ressentira autant de mépris pour Evelyn que d’attirance pour Olivia). Sans jamais franchir la limite du ridicule, le scénario nous embarque pour ces 89 minutes sans que l’on ne s’en aperçoive.

L’intelligence de ce métrage réside également dans les différents thèmes qu’il aborde. La perte d’un proche et les attaques insidieuses de la culpabilité, l’éternel combat entre le réel et le surnaturel dans ce qu’il a de plus palpable au quotidien. On y explore même le délicat sujet de l’utilité de l’art, très bien défendu par le personnage de Max, qui à l’image de Théophile Gautier avance l’argument que l’art n’a pas d’utilité en soi, qu’il n’est que pour ce qu’il est. Et Dante prouve ainsi que, aussi simple soit le postulat de son œuvre, il est possible d’en extraire toute l’essence et d’en faire finalement un objet d’une étonnante complexité.

Visuellement, on ne sort toujours pas des sentiers archi battus du genre. Mais l’horreur prend une dimension grandissante au fil des minutes. Un crescendo qui transforme le film en une pente ascendante, pour aboutir à cette scène de combat entre les quatre protagonistes, climax prévisible mais joliment orchestré. Les plus amateurs regretteront certainement que Travis ne nous dévoile pas davantage sa cervelle, transformée en repas pour blondasse zombifiée à l’haleine (sans doute) fétides. Mais qu’importe… Dante n’est clairement pas au rendez-vous pour choquer, mais plutôt pour distraire. Et pour achever son œuvre de la plus belle façon qui soit, il nous gratifie de quelques références au genre qui n’auront à coup sur pas échappé aux puristes. La sortie de la tombe en mode Beetlejuice, la chute de Evelyn dans le couloir et ses faux airs de La mort vous va si bien, ou encore le parallèle entre son épisode des Masters of Horror Vote ou Crève, une histoire de zombie dans laquelle il faisait allusion à George Romero, et la projection de Night of the living dead.

Bref, il faut se rendre à l’évidence, Joe Dante illustre ici le dicton qui dit que « Vivre, c’est changer du temps en expérience ». Et pour le spectateur, l’expérience se révèle agréable.

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6

10

NOTE

6

Note des internautes : 3 ( 1 votes)
6

Informations

Burying the Ex

Burying the Ex

Réalisateur : Joe Dante

Scénariste : Alan Trezza

Acteurs : Anton Yelchin, Ashley Greene, Alexandra Daddario, Oliver Cooper

Genre : Horreur, comédie

Pays d’origine : États-Unis

Production : Voltage Pictures, Elevated Productions, Act 4 Entertainment

Lien imdb

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Né au milieu des sorties de Evil Dead, Le Tueur du Vendredi, ou encore de La Maison Près du Cimetière, mon héritage paternel m'a permis de grandir parmi les cassettes V2000. Il faut vivre avec son temps ? C'est vrai mais je voue un culte inébranlable au patrimoine horrifique depuis les seventies, que je considère comme le ciment de nos émotions aujourd'hui. Mon moteur : Ars Gratia Artis, ma passion : le cinéma, mon nom : Le Druide...

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