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Shrew’s nest

 

Synopsis :

Après la mort de leur mère et la disparition de leur père, Montse et sa petite sœur âgée de 18 ans vivent seules et pieusement dans leur appartement. Montse souffre d’agoraphobie et est sujette à des crises d’angoisse et des hallucinations. Elle se montre particulièrement stricte et parfois violente à l’égard de sa petite sœur qu’elle a élevée durant sa jeunesse. Un jour, un de leurs voisins, Carlos, frappe à leur porte après une grave chute dans les escaliers. Montse le recueille et le soigne, et commence à s’attacher à Carlos. Mais l’état de santé du jeune homme ne fait qu’empirer et le doute s’installe quant aux réelles intentions de Montse. Carlos parviendra-t-il à sortir de l’emprise de la jeune femme ?

 

 Critique :

Shrew’s Nest est une sorte de Misery à la sauce Iglesia. L’influence du réalisateur espagnol est d’autant plus manifeste qu’Álex de la Iglesia est producteur du film via sa société Pokeepsie Film. Mais les sources d’inspiration des deux réalisateurs, Juanfer Andrés et Esteban Roel, ne se limitent pas au cinéma espagnol et apparaissent multiples et variées. Lors de la séance de questions/réponses, ces derniers ont confirmé l’intuition de Fausto qui avait relevé une parenté avec Les Proies de Don Siegel. Shrew’s Nest est ainsi un film à la croisée des genres, lorgnant du côté du thriller psychologique et horrifique, mais également du drame familial. Un cocktail explosif, bourré d’humour noir, qui rappelle le cadre de Mes chers voisins d’Álex de la Iglesia, où toute l’action se déroulait dans un immeuble.

L’intrigue de Shrew’s next suit le chemin de celle de Misery (roman de Stephen King adapté au cinéma par Rob Reiner) ou Des Proies. Blessé après une grave chute dans l’escalier, Carlos est recueilli par Montse, une femme religieuse et stricte qui materne sa petite sœur, mais se révèle parfois rugueuse et violente. Montse, qui assiste impuissante à l’émancipation progressive de sa petite sœur tout juste devenue majeure, voit en Carlos une nouvelle source d’attention et de distraction. La gentillesse de Carlos attendrit la jeune femme qui finit par s’énamourer. Mais Carlos découvre, grâce à la complicité de la petite sœur de Montse (dont le nom ne sera pas dévoilé dans le film), que cette dernière fait tout pour le retenir. Carlos se retrouve ainsi aux prises de Montse et tentera de s’extirper de son emprise, comme l’écrivain Paul Sheldon de celle d’Annie Wilkes dans Misery.

Shrews’ Nest est en premier lieu un drame familial qui s’articule autour de la relation entre deux sœurs. A travers l’utilisation d’une voix off, la petite sœur de Montse évoque ses souvenirs d’enfance et se remémore des moments tendres, lorsque Montse la bordait en lui lisant des contes d’horreur. Mais cette bienveillance est contrebalancée par la peur que lui inspire Montse, dont l’intransigeance religieuse et les crises répétées provoquent des excès de violence. Elle essaye donc de concilier les deux facettes de la personnalité de Montse mais vit dans une peur perpétuelle qui la conduit à se cloîtrer régulièrement dans sa chambre. Le point de vue de Montse s’exprime, quant à lui, à travers les différentes apparitions de son père défunt (incarné par Luis Tosar, le détraqué de Malveillance). Des dialogues fantasmés qui révèlent le tourment intérieur qui agite Montse. La relation entre les deux sœurs est marquée du sceau d’un drame originel dont les éléments vont progressivement être révélés. Leur mode de vie, empreint de peur et de claustration, donne tout son sens à la métaphore des musaraignes, ces petits rongeurs vivant sous terre et à l’existence particulièrement stressée, qui peuvent succomber à un excès de peur (si, si c’est vrai). Ce qu’incarne Montse, terrifiée à l’idée de mettre un pied hors de l’appartement, ou encore sa petite sœur, cloîtrée dans sa chambre pour échapper aux sautes d’humeur de Montse. Mais contrairement à ce que pourrait laisser penser la bande-annonce, Shrew’s Nest n’est pas qu’un simple drame psychologique. Le film bascule dans l’horreur dans sa seconde partie, offrant un déchaînement de violence spectaculaire. Shrew’s Nest emprunte ainsi la mécanique d’une bombe à retardement dont la déflagration sera sanglante et fatale.

(Attention Spoil ). Le supplice de Carlos semble sans fin et Montse finit par se muer en véritable machine à tuer. Le comportement de Montse obéit à une logique de protection familiale, thématique centrale qui irrigue l’ensemble du film. En effet, la mort de la mère des deux sœurs est présentée comme un événement traumatisant qui a fait imploser la cellule familiale (se manifestant initialement par le changement de comportement du père). Mais alors que Montse est déterminée à protéger coûte que coûte son foyer, ses actes meurtriers successifs ne feront que déliter les derniers liens et secrets familiaux (même si le dénouement perpétue ce reflexe de protection par l’intermédiaire de la petite sœur de Montse qui claque la porte à Carlos et le laisse gisant dans le couloir de l’immeuble). A travers cette folie meurtrière, les deux réalisateurs dénoncent avec rage et humour l’emprise familiale destructrice et l’hypocrisie de la piété religieuse. Monste va par exemple accorder davantage d’importance au crucifix cassé qu’au meurtre qu’elle vient de commettre. Mais surtout, la violence intrinsèque de la religion, marquée par l’intolérance et la peur de l’autre, est stigmatisée. Lors de la scène d’ouverture, la petite sœur de Montse confesse qu’enfant, elle n’appréciait guère les contes d’horreur et qu’elle feignait de s’endormir pour mettre fin à l’histoire. On apprend toutefois par la suite que le livre en question n’était autre que la Bible. La religion tant respectée par Montse et censée canaliser les passions se révèle être au final un vecteur de violence. Les deux réalisateurs prennent ainsi un malin plaisir à détourner les objets religieux qui ornent l’appartement. Les crucifix ne servent plus qu’à la prière mais également à fendre des crânes !

Shrew’s nest est une agréable surprise, parfaitement maîtrisée et efficace, servie par l’interprétation époustouflante de Macarena Gómez (Montse). On pourrait toutefois reprocher au film une trame relativement classique et une narration quelque peu mécanique en raison de l’enchaînement des révélations finales. Néanmoins, les deux réalisateurs parviennent à surprendre le spectateur à plusieurs reprises, en introduisant notamment un enjeu à la fois drôle et intrigant : Comment se débarrasser d’un corps lorsque l’on ne peut pas sortir de chez soi ? On est surtout ravi de constater qu’Álex de la Iglesia a désormais des successeurs de talent.

  Synopsis : Après la mort de leur mère et la disparition de leur père, Montse et sa petite sœur âgée de 18 ans vivent seules et pieusement dans leur appartement. Montse souffre d’agoraphobie et est sujette à des crises d’angoisse et des hallucinations. Elle se montre particulièrement stricte et parfois violente à l’égard de sa petite sœur qu’elle a élevée durant sa jeunesse. Un jour, un de leurs voisins, Carlos, frappe à leur porte après une grave chute dans les escaliers. Montse le recueille et le soigne, et commence à s’attacher à Carlos. Mais l’état de santé du jeune homme ne fait qu’empirer et le doute s’installe quant aux réelles intentions de Montse. Carlos parviendra-t-il à sortir de l’emprise de la jeune femme ?    Critique : Shrew’s Nest est une sorte de Misery à la sauce Iglesia. L’influence du réalisateur espagnol est d’autant plus manifeste qu’Álex de la Iglesia est producteur du film via sa société Pokeepsie Film. Mais les sources d’inspiration des deux réalisateurs, Juanfer Andrés et Esteban Roel, ne se limitent pas au cinéma espagnol et apparaissent multiples et variées. Lors de la séance de questions/réponses, ces derniers ont confirmé l’intuition de Fausto qui avait relevé une parenté avec Les Proies de Don Siegel. Shrew’s Nest est ainsi un film à la croisée des genres, lorgnant du côté du thriller psychologique et horrifique, mais également du drame familial. Un cocktail explosif, bourré d’humour noir, qui rappelle le cadre de Mes chers voisins d’Álex de la Iglesia, où toute l’action se déroulait dans un immeuble. L’intrigue de Shrew’s next suit le chemin de celle de Misery (roman de Stephen King adapté au cinéma par Rob Reiner) ou Des Proies. Blessé après une grave chute dans l’escalier, Carlos est recueilli par Montse, une femme religieuse et stricte qui materne sa petite sœur, mais se révèle parfois rugueuse et violente. Montse, qui assiste impuissante à l’émancipation progressive de sa petite sœur tout juste devenue majeure, voit en Carlos une nouvelle source d’attention et de distraction. La gentillesse de Carlos attendrit la jeune femme qui finit par s’énamourer. Mais Carlos découvre, grâce à la complicité de la petite sœur de Montse (dont le nom ne sera pas dévoilé dans le film), que cette dernière fait tout pour le retenir. Carlos se retrouve ainsi aux prises de Montse et tentera de s’extirper de son emprise, comme l’écrivain Paul Sheldon de celle d’Annie Wilkes dans Misery. Shrews’ Nest est en premier lieu un drame familial qui s’articule autour de la relation entre deux sœurs. A travers l’utilisation d’une voix off, la petite sœur de Montse évoque ses souvenirs d’enfance et se remémore des moments tendres, lorsque Montse la bordait en lui lisant des contes d’horreur. Mais cette bienveillance est contrebalancée par la peur que lui inspire Montse, dont l’intransigeance religieuse et les crises répétées provoquent des excès de violence. Elle essaye donc de concilier les deux facettes de la personnalité de Montse mais vit dans une peur perpétuelle qui la conduit à se cloîtrer régulièrement…

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Pays de production : Espagne | Année de production : 2014

Réalisation : Juanfer Andrés, Esteban Roel

Scénario : Juanfer Andrés, Sofía Cuenca | Photo : Ángel Amorós

Musique : Joan Valent | Production : Enrique Martinez, Kiko Martínez

Interprètes : Macarena Gómez, Nadia de Santiago, Hugo Silva, Luis Tosar

Vendeur : Film Factory Entertainment

Shrew’s nest

Tetsuo

Un samedi pluvieux, une VHS poussiéreuse de Massacre à la Tronçonneuse et paff ! Première grosse claque horrifique qui m’a conduit à explorer les contrées peu recommandables du cinéma de genre. Parmi mes références indépassables, Alien et The Thing. Oui, j’aime les films de monstres qui mettent en scène des créatures avides de tripes humaines. Mais je déteste les films de possession qui pullulent à l’écran ! Que ce soit clair. Attention derrière toi ! Un fantôme…

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