Au coeur de l'horreur

American Nightmare 2/The Purge : Anarchy (Note : 6/10)

Date de sortie française : 23 juillet 2014

Producteur : Jason Blum, Michael Bay, Andrew Form

Réalisateur : James DeMonaco

Autres films du réalisateur : The Purge (2013), Collision (2009), Little New-York (2009), Skin Walkers (2005), Le Négociateur (1998)

Casting : Franck Grillo, Carmen Ejogo, Zach Gilford, Kiele Sanchez, Zoe Soul, Jack Conley, Michael K. Williams

Nationalité : Américaine

Genre : Thriller / Horreur

Recommandation : Film interdit en salles aux moins de 12 ans avec avertissement

Synopsis :

« Shane et Liz, formant un jeune couple se retrouvent bloqués dans leur voiture pendant la purge annuelle et ne savent plus quoi faire, pendant ce temps, Eva et Cali sont sauvés de justesse d’un kidnapping par Léo, un homme participant à la purge annuelle, les deux groupes finissent par se retrouver dans la rue et coopèrent pour survivre à cette nuit. » (synopsis Wikipédia)

Critique :

Il y a une règle dans le cinéma qui veut que chaque suite est moins bonne que le film précédent. Cette règle s’applique particulièrement aux films de genre. On pourrait citer les pépites que sont Saw, l’Exorciste ou encore REC, dont les suites sont soit des licences mercantiles adressées à des ados à la recherche de sensations fortes, soit simplement des œuvres moins bonnes… Mais chaque règle à son exception ! Et heureusement ! Le cinéma a donc su produire quelques fois des séquelles qui dépassaient leurs aînés, pour ne citer que Terminator ou Alien, par exemple. (Non, non, je refuse de débattre sur Alien : j’ai raison !) Et il faut avouer que la suite de The Purge fait partie de ces exceptions.

Soyons franc, si vous avez lu ma critique du précédent volet (lien vers l’article), vous comprendrez que la perspective de devoir casquer 10 euros pour subir à nouveau ça ne m’enchantait guère… D’autant plus que c’est encore James DeMonaco qui est derrière la caméra pour « The Purge : Anarchy ». Pourquoi aurait-il fait mieux ? Pour me faire plaisir, bien sûr ! Non ? Bon…

En réalité, j’ai presque eu l’impression que James DeMonaco avait lu ma critique, tant le principal reproche que je faisais au premier film a été corrigé ici. En effet : EXIT la petite famille exécrable qui subit le temps d’une nuit tous les cas de figure imaginables ; place aux rues, à leurs bandes armées et leurs recoins sombres où personne n’est à l’abri des « purgeurs ». Le contexte est beaucoup plus anxiogène et propice à entrevoir l’horreur de cette purge annuelle à chaque coin de rue. Nous suivons donc ici 5 personnes qui finissent par s’unir pour survivre au milieu de la sauvagerie. Leurs motivations diverses et la multiplicité des rencontres permettent de mieux balayer le spectre des situations possibles. En tout cas, de manière moins granguignolesque que lors du précédent film.

Le gros point positif de ce film est la satire sociale. En effet, « Anarchy » pose les questions que son prédécesseur se contentait de survoler. Au travers de la présence d’un contre-pouvoir révolutionnaire anti-purge et de quelques apparitions des fameux « Nouveaux Pères Fondateurs », le réalisateur nous livre sa critique des États-Unis. On devine que ce nouveau gouvernement, baptisé NFFA (pour « New Founding Fathers of America »), est une sorte d’évolution de la NRA si chère à Charlton Elston, et que la Purge n’est qu’un prétexte pour vendre des armes et pour faire du fric, tout en se débarrassant des pauvres, inutiles et ingérables. Ce film a le mérite de nous amener à réfléchir sur le pouvoir de certains lobbies sur les gouvernements, et notamment sur celui des armes aux États-Unis, et nous laisse penser que ce système de purge pourrait peut-être bel et bien se produire un jour. Mention spéciale au générique de fin, dans la veine de ces montages d’images réelles qui donnent corps à de la fiction.

Malgré tout, « The Purge : Anarchy » est loin d’être un chef-d’œuvre. La réalisation, tout à fait honorable, reste classique et peine à nous surprendre. Les acteurs n’ont pas à rougir, mais il n’y a rien de transcendant. Il faut dire que leurs personnages sont des clichés vus et revus : le couple au bord de la rupture qui va redécouvrir son amour face à l’adversité, la mère célibataire dépassée par son adolescente, le héros over-badass qui a en fait un cœur tendre, le chef révolutionnaire né de l’union entre Che Guevara et Shaft, et n’oublions pas les méchants qui sont tous des gros rednecks assoiffés de sang ou des riches fanatiques. N’oublions pas non plus les scènes de bravoure habituelles, les dialogues qui mâchent toute la réflexion au spectateur et la fin attendue depuis le début. Du classique, du classique, rien que du classique !

Pas de doute, nous sommes là devant un film destiné à un public très large et malgré tout assez jeune… Et donc pas le moins du monde face à un film d’horreur-épouvante comme il est présenté. L’horreur n’est présente que par la situation elle-même, par l’image que le film renvoie de la société occidentale, mais à aucun moment elle ne transparaît à l’écran. Toutes les morts sanglantes ne sont que suggérées. En cela, le film tranche avec la tradition citée plus haut de transformer des suites en saga de torture-porn, et ça, ça fait déjà bien plaisir !

Pour conclure, je dirais tout simplement que « The Purge : Anarchy » est un bon thriller divertissant, assez rythmé et intéressant. Malgré tout, le film est tout à fait classique et n’incite pas encore assez à la réflexion sur un thème et une idée de base qui, je pense, aurait mérité un traitement bien meilleur. Pour cela, je lui mets un 6/10. En espérant qu’un 3ème opus amène plus de profondeur, mais ne rêvons pas… En attendant, comme diraient les personnages du film juste avant une purge : « Soyez épargnés ».

Pedromadaire

Note : 6/10

a

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2 commentaires

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Cypress Green 20 août 2014 at 0 h 52 min

2/10 pour ma part, comme le premier. Avec un pitch légèrement bandant, ça arrive à faire n’importe quoi.
Je l’ai vu ce soir, j’en ai bavé ! avec tellement d’incohérences, de mauvais comédiens (quand on est pris pour son physique, c’est sur ça va pas chercher loin), et je pourrais y passer la nuit.
Ah oui, certains masques sont sympas, mais ça sauve pas le film, ni sa morale. On a déjà compris comment s’articulera le 3ème, je ferais l’impasse, car visiblement l’équipe n’a pas appris de ses erreurs sur le premier.

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Cypress Green 20 août 2014 at 0 h 58 min

J’ajouterais que c’est dingue de ne pas savoir tirer comme ça, (regardez le encore, vous allez halluciner tellement c’est IMPOSSIBLE de rater sa cible de la sorte). Et le final, sans spoiler, quand tu sors d’une voiture, et que tu demandes une voiture, y’a comme un soucis.
Bref, marre d’être pris pour un jambon, je supprimerais surement ce commentaire, car je m’excite sur du vent, mais franchement y’a des limites.
J’suis convaincu qu’un(e) Anglais(e) aurait fait largement mieux avec ce genre de sujet.

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