
Des ARG d’horreur prêts à franchir le cap du cinéma
Alors que l’adaptation de Backrooms par Kane Parsons poursuit son développement à Hollywood, l’intérêt pour les créations issues d’Internet ne cesse de croître. Le succès rencontré par certaines productions indépendantes adaptées au grand écran confirme que ces formats expérimentaux peuvent trouver une nouvelle vie en salles. Plusieurs autres récits interactifs pourraient ainsi suivre la même voie.
The Mandela Catalogue, chronique d’une invasion invisible
Créé par Alex Kister, The Mandela Catalogue s’inscrit dans une veine apocalyptique située dans la ville fictive de Mandela County, dans le Wisconsin. Diffusée sous forme de vidéos simulant des archives locales et des messages d’alerte, la série met en scène des entités capables de prendre l’apparence d’êtres humains pour infiltrer la population.
Le projet se distingue par son esthétique minimaliste et son usage d’images retravaillées qui suggèrent plus qu’elles ne montrent. Derrière son apparente simplicité technique, The Mandela Catalogue développe un récit structuré autour d’un affrontement entre forces célestes et démoniaques. Son cadre narratif dense et son atmosphère oppressante offriraient une base solide pour une adaptation cinématographique plus ample.
Where is Everybody, l’isolement à l’ère numérique
Lancé sur TikTok en 2019 par Alexander Nielsen, Where is Everybody adopte un format court et frontal. Les vidéos suivent un jeune homme qui semble évoluer seul dans un monde vidé de toute présence humaine. Filmé comme un journal improvisé, le projet repose sur l’exploration de lieux déserts et sur l’absence d’explication immédiate.
Malgré sa brièveté, l’ensemble compose un récit cohérent autour d’un décor post-apocalyptique. Une adaptation pourrait conserver cette approche en found footage tout en élargissant l’environnement et les enjeux narratifs, à l’image de certaines productions indépendantes construites sur des dispositifs similaires.
Angel Hare, détournement d’un programme pour enfants
Dans la tradition des fausses émissions pour la jeunesse, Angel Hare imagine une série animée chrétienne dont le personnage principal semble interagir directement avec un protagoniste bien réel. Ce décalage entre fiction et réalité constitue le cœur du récit.
Au-delà de son concept, Angel Hare se démarque par une narration complète, structurée avec un début, un développement et une conclusion clairement définis. Cette cohérence dramaturgique faciliterait son passage au long métrage, en conservant l’ambiguïté entre souvenir d’enfance et menace contemporaine.
The Oldest View, exploration des lieux abandonnés
Également imaginé par Kane Parsons, The Oldest View s’éloigne de Backrooms pour proposer une intrigue centrée sur un vidéaste découvrant un centre commercial désert au fond d’un tunnel souterrain. La série développe une atmosphère marquée par l’esthétique des espaces liminaux et par une réflexion sur la mémoire des lieux.
Moins connu que Backrooms, ce projet témoigne néanmoins d’une ambition visuelle et thématique affirmée. Son antagoniste singulier et son décor labyrinthique constitueraient des éléments forts pour une adaptation en salle.
Mystery Flesh Pit National Park, satire organique et catastrophe industrielle
Imaginé par Trevor Roberts, Mystery Flesh Pit National Park repose sur un concept atypique : un parc touristique aménagé à l’intérieur d’un organisme colossal enfoui sous le Texas. Racontée à travers de faux documents administratifs, illustrations et archives internes, l’histoire retrace l’exploitation commerciale du site jusqu’à un désastre survenu en 2007.
Mêlant horreur cosmique et critique du capitalisme industriel, Mystery Flesh Pit National Park se prête particulièrement à une adaptation sous forme de faux documentaire. Son ampleur narrative et son iconographie singulière offriraient un terrain riche pour une production ambitieuse.
Alors que Backrooms doit marquer une étape importante dans la reconnaissance des ARG au cinéma, ces projets illustrent la diversité et le potentiel de récits nés en ligne susceptibles, eux aussi, de franchir le cap du grand écran.
Pas de date de sortie française annoncée pour Backrooms ni pour les adaptations évoquées dans cet article.
