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Hidden

17 novembre 2015

Synopsis

Une famille se cache dans un abri anti-bombes après avoir échappé à une épidémie.

Critique

Tant de réalisateurs ont ces dernières années manqué leur rendez-vous avec le succès en misant sur des productions post-apocalypiques trop facilement déclinables (et déclinées) à toutes les sauces. Qu’il s’agissent de survivals, de zombie-movies ou d’autres, nombre d’entre eux ont pensé que la fin du monde pouvait permettre de multiplier les propositions en légitimant leur choix par un « pourquoi pas ». Mais il existe au milieu de cette jungle d’échecs quelques perles qui viennent nous redonner espoir en un cinéma plein de sincérité et de sobriété. Et « Hidden » en est le parfait exemple.

Construisant son histoire autour d’un noyau minimaliste, le tout jeune réalisateur Matt Duffer nous propose une énième histoire d’infection virale ayant détruit l’humanité toute entière. Il est clair que le pitch de ce métrage est loin de révolutionner le genre. Et pourtant…
Le scénario parvient à installer une atmosphère lourde et pesante sans jamais tomber dans le racolage. Presque entièrement basé sur un huis clos dont le décor est une espèce d’abri anti-atomique, l’histoire suit la vie d’une famille de survivants à une épidémie et leur quotidien fait de craintes, de peurs, de survie mais également d’espoir.
La force de cette histoire réside dans les indices qui sont semés tout au long de cette dernière. Sous forme de flash-back, ou noyés dans les dialogues des personnages, ils entraînent inconsciemment chez le spectateur une mécanique de réflexion, tant la direction choisie reste floue et énigmatique. Ces règles, évoquées par les protagonistes (« ne pas perdre le contrôle »), agissent donc comme une bombe à retardement.
A la manière d’Alejandro Amenábar dans son film « Les Autres », Matt Duffer déroule son histoire en nous menant par le bout du nez, et il nous emmène exactement là où il le souhaite. Et malgré un climax efficace et mérité, les dernières minutes ne donnent pas la sensation d’un magnifique soufflé qui retombe, mais boucle habillement ce métrage. Un suspense homogène et omniprésent  qui nous permettra ainsi d’engloutir sans efforts ces 83 minutes.

Le principal décor du film, l’abri, est plongé dans une lumière artificielle de très bon goût, laissant aux ombres un rôle particulièrement important dans cette impression constante de confinement. On ressent un sentiment de claustrophobie oppressant, et on se projette facilement dans cet univers étouffant où chaque flashback agit sur le spectateur comme un retour salvateur à la surface, histoire de reprendre une fugace bouffée d’oxygène. Le contraste entre les images pré et post-apocalypse servant admirablement la cassure cherchée par le réalisateur.
Assumant largement sa parenté avec des œuvres réputées comme « 28 days later » de Danny Boyle,  le métrage distille sa sobriété également par une esthétique visuelle très épurée. Ces infectés, qui ne se transforment pas en monstres délirants, ces militaires tentant de préserver le peu d’humanité restant sur terre, tout est fait non pas pour profiter du succès de ces prédécesseurs, mais pour s’en inspirer, comme un tremplin vers la sphère très sélect des Survivals intelligents et efficaces.

En somme, « Hidden » servira à prouver que le DTV peut encore nous proposer de bonnes réalisations. Ce format, considéré par la force des choses comme un format « poubelle », fait partie intégrante de la culture ciné. Et finalement, certains métrages méritent autant d’attention que les nombreux navets que les salles obscures nous ont proposés/imposés en 2015.

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6

10

NOTE

6

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6

Informations

Hidden

Hidden

 

Réalisateurs : Matt Duffer, Ross Duffer

Acteurs : Alexander Skarsgård, Andrea Riseborough, Emily Alyn Lind…

Genre : Horreur

Pays d’origine : États-Unis

Lien imdb

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Né au milieu des sorties de Evil Dead, Le Tueur du Vendredi, ou encore de La Maison Près du Cimetière, mon héritage paternel m'a permis de grandir parmi les cassettes V2000. Il faut vivre avec son temps ? C'est vrai mais je voue un culte inébranlable au patrimoine horrifique depuis les seventies, que je considère comme le ciment de nos émotions aujourd'hui. Mon moteur : Ars Gratia Artis, ma passion : le cinéma, mon nom : Le Druide...

1 Comments

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    Film bourré de qualités : un petit budget bien maîtrisé, une réalisation impeccable et une ambiance angoissante. Quelques petits défauts aussi, mais des DTV comme celui la on en redemande !

Commentaires