Au coeur de l'horreur

PIFFF 2015 : Cérémonie d’ouverture (Scream Girl)

Affiche PIFFF 2015

Malgré les tragiques évènements qui ont eu lieu vendredi dernier à Paris, les organisateurs du PIFFF ont décidé de maintenir le festival. Une décision appréciable qui s’apparente à une véritable résistance face aux menaces qui planent actuellement sur la capitale française. Non seulement ce festival est une ode au cinéma fantastique, mais également à la culture en général, si décriée par nos agresseurs. Cette cérémonie d’ouverture a fait preuve d’une grande sobriété, nécessaire et touchante. L’ambiance était au rendez-vous pour cette première soirée du PIFFF. Nous, public, avions besoin de divertissement, de nous retrouver entre amoureux du 7ème art, amoureux du cinéma fantastique, et de ne penser à rien d’autre qu’à se taper des films de qualité. Et pour représenter cette passion du cinéma fantastique, qui d’autre que les sympathiques Fausto Fasulo et Cyril Despontin. Nos deux hommes, évidemment touchés par cette récente tragédie, ont été concis sans cacher pour autant leur enthousiasme face à la sélection de cette année. L’amour du cinéma fantastique, souvent mal cerné, est palpable.

Comme à son habitude, le festival nous propose la projection d’un court-métrage hors compétition avant le film d’ouverture. Il s’agit de Portal to Hell !!!

Affiche de Portal to Hell“Les toilettes sont bouchées ? Appelez le concierge. La lumière du hall d’entrée ne fonctionne plus ? Appelez le concierge. Votre cave est infestée de tentacules Cthulhuiennes? Espérez que votre concierge s’appelle Rody Pipper. Heureusement pour les personnages du film, c’est le cas. Et malheureusement pour les Grands Anciens, il n’a plus de chewing-gum.”

Très bon court métrage qui annonce à merveille l’ambiance de la soirée : drôle et décomplexée. Le film est extrêmement bien rythmé et parvient en peu de temps à nous immerger dans un univers fantastique. Porté par des comédiens excellents, en particulier par Roddy Piper (malheureusement décédé en juillet dernier), Portal to Hell !!! est un film drôle, ironique, et plein de surprises.

Place aux choses sérieuses avec la projection du film tant attendu : Scream Girl. Un film qui a connu un fort succès en festival et présenté par Fausto comme un hommage aux slashers des années 80, mais également comme un film sur le thème du deuil.

Synopsis

Une jeune femme faisant le deuil de sa mère, qui était une célèbre actrice des années 80, se retrouve projetée dans l’un de ses films. Les deux femmes désormais réunies vont tenter de combattre le meurtrier qui s’y trouve.

Critique

Nombre de fans de films d’horreur sont nostalgiques des slashers des années 80. Les Michael Myers et autre Jason ont bercé toute une génération de cinéphiles et ont fait connaître ses heures de gloire au cinéma de genre. Scream Girl est un hommage aux slashers de cette époque, ciblant d’une part les nostalgiques, mais également la nouvelle génération, en se moquant brillamment de tous les stéréotypes et en confrontant les deux générations à l’écran. Doté d’un pitch original, reflétant d’un véritable amour pour le cinéma d’horreur, Scream Girl, malgré quelques longueurs et maladresses, s’avère être un sympathique divertissement, généreux et sensible.

Max est une jeune femme dont la mère, Amanda, est morte lors d’un accident de voiture. Amanda était une actrice particulièrement connue pour son rôle de scream girl dans des slashers, dont le célèbre “Camp Bloodbath”. Alors que Max parvient difficilement à faire le deuil, ses amis l’invitent à fêter l’anniversaire du film “Camp Bloodbath”, dont la programmation est prévue dans le cinéma de son quartier. Durant la projection du film, un incendie éclate dans la salle et Max et ses amis vont tenter de fuir à travers l’écran de cinéma, ce qui les plongera directement dans l’univers du film.

Avec cette mise en abyme, Scream Girl rend efficacement hommage à l’univers cinématographique des slashers de l’époque. On pense spontanément au film Last Action Hero, dans lequel notre jeune héros entrait dans l’univers d’un film d’action à l’aide d’un billet magique. Sream Girl ne cache pas sa référence et plonge nos personnages dans un ersatz de Vendredi 13. On retrouve tous les stéréotypes du genre : un tueur masqué, une sainte nitouche, une adepte du touche pipi, un queutard grande gueule et débile, etc…

Le film parvient habilement à nous proposer différents enjeux selon l’avancée du film. On commence en observant la réaction des personnages, comprenant lentement qu’ils viennent d’être absorbés dans le film. Dans un premier temps passifs, ceux-ci vont revivre plusieurs fois la même scène et comprendre que le film tourne en boucle. Ainsi, les personnages se voient dans l’obligation de prendre part à l’histoire pour y trouver une sortie et revenir dans le monde réel. Après leur statut de spectateurs, ils vont devoir assumer le fait d’être des personnages à part entière de l’histoire. Leur point fort est d’avoir dans le groupe, un fan absolu des films d’horreur connaissant toutes les ficelles scénaristiques du genre. Pour rester en vie, ils vont se mettre en tête de trouver l’héroïne étant encore vierge, seule victime parvenant à survivre dans les slashers. Ainsi, Scream Girl se moque gentiment et met en avant le message véhiculé dans les slashers de l’époque, c’est-à-dire la punition de l’acte sexuel, totalement décomplexé chez les jeunes. Plusieurs stratégies sont également mises en place pour tenter de prendre le dessus sur le croquemitaine. Tant de situations cocasses qui permettent à Scream Girl de nous offrir de purs moments de divertissement, à la fois drôles et plein de suspense.

En terme de narration, le film immerge également les personnages à l’intérieur de flashbacks prévus de l’histoire de “Camp Bloodbath”. Chaque outil narratif est ainsi exploité et fait vaciller une nouvelle fois nos personnages entre le statut de protagoniste et celui de spectateur. On assiste même parfois à l’apparition de gros titres ou de génériques pendant le film.

Scream Girl est un film généreux et réellement attachant. Après nous avoir régalé avec beaucoup d’humour en énumérant toutes les situations possibles d’un slasher, la dernière partie du film marque davantage son identité en nous offrant un pur combat, presque surréaliste, entre la victime et son bourreau. Le tout porté par une image et des couleurs à l’esthétique volontairement grossière et tape à l’œil. Un résultat totalement décomplexé et tout simplement jouissif.

On pourrait parfois regretter l’aspect trop soigné de l’image ou de la mise en scène, bourrées d’effets stylisants, en contradiction avec le rendu de l’époque. Il aurait été amusant de voir nos personnages assister en direct à des meurtres peu réalistes, dû au faible budget du film et à des effets de maquillages simplistes. Le film souffre de quelques longueurs inutiles et ne nous offre pas assez de meurtres ou de courses-poursuite mettant en avant le croquemitaine.

Mais la grande force de Scream Girl repose avant tout sur le personnage de Max, remarquablement interprété par la magnifique Taissa Farmiga. Scream Girl met en avant la difficulté de faire le deuil. Max souffre encore de la perte de sa mère avec qui elle avait une relation fusionnelle. Revoir sa mère à l’intérieur du film, dans la peau d’un personnage nommé Nancy, est réellement troublant et touchant. D’autant plus que celle-ci campe un personnage fictif et n’a donc pas conscience de la présence de sa fille à ses côtés. Interprétant un personnage plutôt naïf et innocent, Nancy se laisse guider par Max, écoutant ses précieux conseils et renversant ainsi la relation mère/fille. De son côté, Max savoure chaque moment passé avec sa mère et s’efforce à travers cette histoire fictionnelle de faire son deuil. L’idée est excellente et apporte beaucoup de sensibilité et de subtilité à l’histoire.

Avec ce pitch original et ludique, Scream Girl s’avère être un agréable divertissement, à la fois drôle et touchant. L’idée offrait tellement de possibilités qu’on est parfois déçu du traitement, en raison de quelques longueurs et d’une présence trop timide du croquemitaine et des meurtres. Le fait est que Scream Girl a parcouru les festivals de genre avec un succès amplement mérité. Voilà qui ouvre cette nouvelle édition du PIFFF avec brio.

 

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10

NOTE

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Informations

Affiche de Scream Girl

Titre original : The Final Girls

Réalisation : Todd Strauss-Schulson

Scénario : Joshua John Miller, M.A. Fortin

Casting : Taissa Farmiga, Malin Akerman, Adam DeVine…

Pays d’origine : Etats-Unis

Genre : Slasher

Durée : 88 minutes

Date de sortie : 18 novembre 2015 (VOD)

Lien IMDB

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1 commentaire

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Cypress Green 19 novembre 2015 at 17 h 42 min

Rien que pour la tête ultra forcée (logique) du personnage à droite (pour nous) de l’affiche dans l’affiche (c’te phrase quoi !), ce film m’a plu. Bien joué, bien filmé, l’émotion n’est pas « gênante » et est bien réalisée, bon casting et franchement, assez drôle et convainquant pour qu’il puisse être regardé tranquillement. Je plussoie pour les longueurs, mais ça ne gâche pas le résultat au final, un film potentiellement minable qui se révèle bon en bouche. Ça fait du bien !
(Taissa Farmiga commence à avoir une vraie carrière malgré son âge, elle est au top et risque encore de monter !)

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