Au coeur de l'horreur

Projet 666

Synopsis

Une bande de copains investit les locaux d’un asile désaffecté, connu pour les traitements insoutenables qu’ont subi certains pensionnaires. Par goût pour la provoc, les jeunes vont tenter, dans ce lieu hanté par de sombres souvenirs, des expériences de spiritisme. Ce qui était au départ un jeu inoffensif va devenir un vrai cauchemar…

Critique

ExeterProjet 666Backmask, tant de noms derrière lesquels se cache la dernière création de Marcus Nispel, qui avait divisé les foules avec son Conan The Barbarian, surfant sur les traces de monsieur le gouverneur Schwarzenegger. Son style a en effet une fâcheuse tendance à mettre à mal  les espoirs que l’on porte à ces œuvres. Mais n’étant pas partisan des a priori, une petite séance de visionnage s’impose. L’histoire d’une poignée d’adolescents bourrés d’hormones jouant avec les esprits dormant dans un ancien asile pour enfants, pas besoin de plus pour attirer nos yeux de curieux. Après tout, aucune raison de penser que les teen-movies, même s’ils ont été utilisés à toutes les sauces, ne peuvent plus être le ciment d’un bon slasher. Ici, les avis peuvent diverger car encore une fois, Marcus Nispel arrive à provoquer les meilleures vibrations comme les pires.

Sur le plan du scénario, les pistes explorées sont dignes des meilleurs représentants du genre, et préparent le terrain pour une bataille ésotérique de tous les diables. Certains lieux resteront toujours propices à des expériences cinématographiques intéressantes, comme celui de cet hospice pour enfants détourné au fil des années en asile où se mêlent enfermement et tortures en tous genres. La présence d’un membre de l’Eglise, en la personne du père Conway joué par le talentueux Stephen Lang, promet également une lutte sans merci contre les forces du mal. Ajouté à cela des personnages très éclectiques avec une multitude de combinaisons possibles pour l’évolution de l’histoire, l’ensemble est  prêt à nous faire frémir. Mais ça sera probablement là que naîtrons les premières déceptions. Sans remettre en question la qualité de l’ensemble, il faut se rendre à l’évidence, on ne fera qu’effleurer la quintessence de cette histoire sans jamais la toucher. Un début de réponse à cela: le désir du réalisateur de transposer son slasher en un comic-movie qui pourrait nous rappeler le succès de certaines affiches ultra réputées comme Bad Taste ou Braindead, ou plus récemment Shaun of the Dead. De cette étrange mutation ne sortira finalement rien de remarquable, le métrage oscillant entre un pudique film d’esprits revanchards et une comédie horrifique non assumée. Nispel aurait peut-être gagné à choisir son camp: faire un peu plus de racolage auprès des amateurs de gore, en travaillant plus profondément l’aspect torture et l’isolement de l’asile, ou plonger complètement dans la dérision, et utiliser son casting (qui en avait le potentiel) pour proposer du potache et des gags tarte à la crème. Malgré cela, il convient de juger cet ensemble comme un essai homogène et divertissant, ce qui le rend peut-être plus accessible au plus grand nombre.

Projet 666

Visuellement, la configuration reste inchangée. En effet, la proposition graphique est soignée, et on constate que les effets spéciaux respectent les standards du genre. Mais encore une fois, l’absence de ligne directrice précise prive l’ensemble de scènes qui, à l’image de la décapitation partielle du jeune boutonneux  joué par Nick Nicotera, auraient probablement aidé à convaincre nos yeux affamés de sévices en tous genres. Qu’importe, Nispel jouera la carte de la retenue jusqu’au clap de fin, ce qui finalement lui évitera de transformer son œuvre en un Z sans la moindre cohérence. La caméra est heureusement suffisamment fluide pour lisser le tout et éviter, comme dans Conan, des effets hachés qui donnaient un rendu très brouillon à l’image. Et même si certains plans ne paraissent pas assez judicieux pour valoriser l’action, on saura s’en remettre au style du chef d’orchestre pour traverser ces 90 minutes dans les meilleures conditions possibles. Le casting est assez efficace, avec de jeunes acteurs plutôt convaincants, aux profils totalement en phase avec le stéréotype du pré pubère bourré d’alcool et d’hormones cher aux teen-movies de ces dernières années. Et le duo Brittany Curran et Gage Golightly apporte pour le coup une plus-value charme non négligeable.

Au final, rien qui puisse transformer cet essai en étape indispensable parmi les sorties de cette année 2015, mais une homogénéité qui parviendra certainement à ravir les moins exigeants d’entre nous, où encore à meubler une soirée pizza bière entre amis. Le style de Nispel semble manquer à ce jour encore de maturité, voire d’audace, alors qu’il nous a offert en 2003 un remake de Massacre à la tronçonneuse plutôt inspiré et, malgré les critiques assez négatives, très rentable. En ce qui concerne Projet 666il restera certainement dans l’ombre de ses prédécesseurs, mais laisse à penser que la matière est là. Attendons la manière…

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5

10

NOTE

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Informations

Affiche de Projet 666

Titre original : Exeter

Réalisation : Marcus Nispel

Scénario : Marcus Nispel, Kirsten McCallion

Casting : Stephen LangKevin ChapmanKelly Blatz

Pays d’origine : Etats-Unis

Genre : Film de possession

Durée : 91 minutes

Date de sortie : 7 août 2015 (VOD)

Lien IMDB

Lien Allocine

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