Au coeur de l'horreur

The Human Centipede 3

Synopsis

Dans la prison qui affiche le taux de violence le plus élevé des Etats-Unis, le directeur prend une décision radicale: greffer tous les détenus les uns aux autres à la façon des films The Human Centipede 1 & 2, et ainsi rétablir l’ordre et la discipline.

Critique

Tu l’as voulu, tu l’as eu, un grand coup dans ton c…! Ce refrain grolandais, bien connu des fans de l’émission trash de Canal +, sonne comme un hymne spécialement composé pour l’une des franchises horrifiques les plus célèbres de ces dernières années, j’ai nommé The Human Centipede, du réalisateur néerlandais Tom Six. La renommée de la franchise est très largement due à la parodie hilarante réalisée par South Park, qui a immortalisé et détourné le concept fondateur de la série dans un épisode désormais culte. La popularité de The Human Centipede tient en effet davantage à l’originalité de son concept qu’à la qualité des films, que peu ont d’ailleurs eu l’occasion ou le courage de voir. Tom Six n’a eu de cesse de repousser les limites du gore et du répugnant et à ce titre, The Human Centipede 3 s’inscrit pleinement dans cette quête de surenchère. Etonnamment, ce n’est pas l’apparition d’un Human Centipede gigantesque qui constitue le clou du spectacle, mais tout ce qu’il y a autour, les scènes de castration ou de dégustation de roubignoles et de clitoris séchés, qui meublent le film avant le lever de rideau final. Tom Six sait pertinemment que le concept de The Human Centipede est désormais galvaudé et qu’il en faut plus pour capter l’attention du spectateur et le choquer. Ce qu’il s’efforce de faire en multipliant les supplices et les scènes crasseuses.

The Human Centipede 3 critique

Ce n’est qu’après avoir regardé l’ensemble de la trilogie que l’on prend conscience rétrospectivement que le premier Human Centipede était plutôt tendre et gentillet. Le film suggérait plus qu’il ne montrait et peu de plans étaient visuellement choquants. La mécanique de l’horreur reposait principalement sur la force répugnante du concept, ainsi que sur l’atmosphère réaliste et clinique du film, sous-tendue par une photographie aux teintes froides. Le second volet poursuivait cette démarche artistique en optant pour une photographie encore plus austère, en noir et blanc. The Human Centipede 3 se démarque de ses prédécesseurs et rompt avec toute prétention réaliste. Le film prend le contre-pied esthétique des précédents volets en proposant une photographie aux couleurs chaudes. La chaleur suffocante imprègne chaque plan et est en partie responsable de la folie du personnage principal, Bill Boss, un directeur de prison illuminé. Ce changement esthétique symbolise un changement de ton, perceptible dès les premières minutes du film. The Human Centipede 3 n’a plus la prétention de nous faire croire à cette opération chirurgicale invraisemblable, mais s’inscrit pleinement dans le registre du grotesque et de la parodie/autoparodie.

Tom Six s’amuse et prend à malin plaisir à s’autociter, jouant son propre rôle en tant qu’expert en chaîne humaine. Le film s’ouvre sur le directeur de la prison, Bill Boss, qui termine le visionnage des deux premiers Human Centipede. Des films “de merde” selon lui, conseillés par son comptable, qui y voit la solution à tous leurs problèmes. Et si pour bâtir une prison prospère et sans violence, on mettait en place une chaîne humaine de prisonniers? Un concept que le comptable à la moustache et au faciès hitlériens prendra très au sérieux, allant jusqu’à solliciter l’expertise de Tom six Himself, qui s’autoparodiera dans quelques séquences du film.

Ce nouveau contexte (une prison) n’est toutefois qu’un prétexte pour nous offrir une énième chaîne humaine. La mécanique habituelle se répète une fois de plus et l’intérêt du film s’estompe dès les premières minutes. La faute en premier lieu au jeu excessivement poussif et cabotin de Dieter Laser (le Dr. Heiter dans le premier Human Centipede), qui passe son temps à vociférer en multipliant les simagrés. Un jeu qui devient très vite irritant, voire insupportable. La présence de l’ex-pornstar Bree Olson se révèle totalement inutile et, comme on pouvait s’y attendre, ne semble justifié que par deux scènes libineuses de mauvais goût (n’est pas Sasha Grey qui veut). Les autres personnages ont un rôle anecdotique et même le charismatique Robert LaSardo peine à s’imposer.

Il faut toutefois concéder que Tom Six réussit partiellement son pari : écoeurer le spectateur par des scènes chocs où la seule limite semble être son imagination macabre (donc autant dire qu’on les cherche encore les limites…). Le film étant destiné au marché vidéo, Tom Six peut s’affranchir de toute autocensure dictée par la classification des films américains. Le résultat est répugnant, choquant, et certaines scènes vous remueront les tripes (ou les organes génitaux, ça dépend). Tout l’intérêt de la franchise réside précisément dans la mise en scène d’un univers gore potentiellement sans limites, où l’écrasement d’un bébé sous la pédale d’une voiture (The Human Centipede 2) et le viol d’un orifice découpé dans la chair d’un torse, peuvent survenir au moindre moment. C’est cette escalade sans fin et imprévisible qui constitue la force de la trilogie. Cependant, malgré ces effets gores débridés, The Human Centipede 3 est artistiquement et narrativement trop pauvre pour soutenir l’intérêt du spectateur. Plus étonnant, la révélation de la chaîne humaine finale déçoit tant les scènes la précédent sont fortes. Le film ne brille ainsi plus par la mise en scène de son concept choc, mais par ses scènes “périphériques”. The Human Centipede devient en conséquence un banal film gore.

On comprend dès lors qu’il sera bien difficile de proposer un quatrième volet, à moins peut-être qu’un homme d’Etat décide de réduire l’ensemble des habitants de son pays en une chaîne humaine nationale… Tom Six semble être conscient des limites de sa franchise et, en toute connaissance de cause, a intitulé ce troisième opus, Final sequence. On ne pleurera donc pas la fin probable de cette franchise, même s’il faut reconnaître qu’elle a réussi le tour de force de marquer durablement la psychée collective.

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4

10

NOTE

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Informations

Affiche de The Human Centipede 3

Titre original : The Human Centipede III (Final Sequence)

Réalisation : Tom Six

Scénario : Tom Six

Casting : Dieter LaserLaurence R. HarveyEric Roberts, Robert LaSardo, Bree Olson

Pays d’origine : Etats-Unis

Genre : Horreur

Durée : 102 minutes

Date de sortie : 1er janvier 2016 (VOD)

Lien IMDB

Lien Allocine

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horreur

1 commentaire

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kokola 23 juillet 2015 at 21 h 48 min

J’ai un peu moins aimé ce troisième volet.
Le concept était pourtant bon, avec le changement total de situation et aux décors très chaud. Le glauque et l’obscène étaient bien au rendez-vous 🙂 en même temps je pense que c’est un peu la marque de fabrique de la franchise 😀
Ce qui m’a un peu plus dérangé c’est Bill Boss, il est beaucoup trop bruyant et ne sait pas parler calmement.
Cependant son comportement joue un rôle important dans le fait que le film est insoutenable lol mais j’aurai aimé retrouver un coté un peu plus charismatique de l’acteur comme dans le premier volet.

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