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Don’t Grow Up : PIFFF 2015

Synopsis

Laissée à l’abandon par leurs surveillants qui ont mystérieusement disparus, une petite bande de délinquants juvéniles fait les 400 coups dans son centre de redressement. Mais cette drôle de situation va très vite révéler une menace inattendue : frappés par un mystérieux virus, les adultes sont enragés et attaquent tous ceux âgés de moins de 18 ans…

Critique

Samedi 21 novembre, avant-dernière journée du Paris International Fantastic Film Festival. Après une projection de courts métrages internationaux fort sympathique, le PIFFF nous offre le film qui est, jusqu’à maintenant et selon moi, le meilleur de cette nouvelle édition. Don’t Grow Up est un véritable bijou cinématographique. Je sors tout juste de la salle. Impatient, je me rue dans un bar et m’empresse de rédiger ces quelques lignes pour vous partager mon enthousiasme. Vierge de toute information, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que Don’t Grow Up est un film français (tourné en anglais), réalisé par Thierry Poiraud, qui nous a fait l’honneur d’être présent pour cette projection. Thierry Poiraud n’est d’ailleurs pas un inconnu du cinéma français et a déjà signé deux longs métrages, Atomik Circus, le retour de James Bataille et un des segments de Goal Of The Dead (que j’assume avoir adoré malgré de nombreux échos défavorables). Don’t Grow Up est un film magnifique qui allie à merveille des scènes de pure angoisse avec des scènes d’une sensibilité et d’une émotion bouleversantes. Une preuve qu’il est possible de faire de très bons films de genre français avec un faible budget.

Dans un centre de redressement au milieu d’une île, une bande de jeunes délinquants sèment la pagaille en constatant que leurs surveillants sont absents. En pleine recherche identitaire, les premières relations sexuelles et leur avenir sont au centre des discussions. Ils décident de fuir en douce leur centre pour aller piller une station-service. Mais nos jeunes adolescents vont rapidement se rendre compte que les lieux sont étrangement déserts. En effet, un mystérieux virus semble uniquement frapper les adultes, les transformants en une sorte d’enragés qui s’attaquent aux enfants. Le groupe d’adolescents va donc devoir survivre face aux assauts de ces monstrueux adultes et tenter de quitter l’île.

Comme l’a justement souligné Fausto en début de projection, Don’t Grow Up est un film dont le titre évoque tout l’enjeu de l’histoire. “Ne pas grandir”, car grandir signifie se transformer en monstre et perdre son humanité. Don’t Grow Up est une nouvelle fois un film qui traite de la jeunesse, à l’image des nombreux autres films diffusés lors du festival tel que Some Kind of Hate, Evolution, Der Nachtmahr ou encore Deathgasm. Mais il est surtout un message sur la peur du passage à l’âge adulte. C’est sur cette notion que repose toute l’intrigue de l’histoire. Qu’est-ce qui fait de nous un adulte ? L’un des personnages affirme qu’il ne s’agit pas d’une question d’âge. Les personnages assistent même à l’infection de certains de leurs amis alors que ceux-ci ne sont pas les plus âgés. Ainsi, cette notion plutôt vague crée énormément de suspense et développe un sentiment de paranoïa parmi la bande d’adolescents. Mais au fur et à mesure du film, on peut supposer que le passage à l’âge adulte repose sur la perte de l’insouciance, la prise de responsabilités et surtout l’usage de la violence. En effet, on remarque que les membres du groupe infectés sont ceux qui ont commis un crime. Et même si cet acte se justifie par une volonté de survivre et de se protéger, il reste un choix délibéré de la part des personnages. La scène où Bastian remplace Liam pour supprimer un de leurs amis contaminé en est le parfait exemple. L’ensemble du film se déroule selon le point de vue des adolescents. Ce monde dévasté par la violence des adultes serait l’interprétation du regard de la jeunesse. Participer à cette violence, quelle qu’en soit la raison, implique d’entrer dans l’âge adulte. Une vision qui justifie leur crainte pour leur avenir, que les personnages nous exposent eux-mêmes via des interviews tournées en mode documentaire.

Don’t Grow Up développe la psychologie de ses personnages de façon remarquable. Chaque adolescent se définit par un caractère bien distinct sans tomber dans les stéréotypes. Ils sont extrêmement touchants et les comédiens sont tout simplement excellents. La mort de chaque personnage nous touche profondément. Thierry Poiraud parvient à créer une véritable empathie envers ses personnages. Une qualité qui se fait malheureusement de plus en plus rare dans le film de genre, surtout envers des adolescents. Le réalisateur parvient même à développer une histoire d’amour très émouvante dans ce monde chaotique. Don’t Grow Up est un film d’une sensibilité et d’une poésie rares. Le tout porté par des musiques sublimes et un travail sonore intéressant, reflétant subtilement l’état d’esprit des personnages.

Mais que les fans de sensations fortes se rassurent, Don’t Grow Up n’est pas qu’un film poétique et émouvant. Certaines scènes sont purement horrifiques et créent un véritable climat d’angoisse. Celui-ci parvient même à nous heurter par la violence de certaines séquences.
Impossible de terminer cette critique sans parler de la qualité de la mise en scène. Les plans sont somptueux et nous dévoilent une île aux paysages multiples et magnifiques.
Vous l’aurez compris, Don’t Grow Up est un véritable coup de coeur et on ne souhaite qu’une seule chose, que celui-ci trouve le chemin des salles de cinéma. Rien n’est moins sur…

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8

NOTE

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8

Informations

Don’t Grow Up

 

Pays de production : France / Espagne | Année de production : 2015

Réalisation : Thierry Poiraud

Scénario : Marie Garel Weiss | Photo : Matias Boucard

Musique : Jesús Díaz, Fletcher Ventura | Production : Ibon Cormenzana, Ignasi Estapé, Jérôme Vidal

Interprètes : Fergus Riordan, Darren Evans, McKell David

Distributeur : Condor Entertainment

Krueger

Rédacteur en chef du site Au coeur de l'horreur et président de l'association, je suis un passionné du cinéma d'horreur sous toutes ses formes. Je dois bien avouer avoir un faible pour tout ce qui se rapporte au gore, aux gros nichons et au sanguinolent. Je reste néanmoins doté d'une sensibilité à toute épreuve.

1 Comments

  1. Avatar

    Merci beaucoup !!!!

Commentaires