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Unfriended

Synopsis : Une jeune lycéenne, Laura Barns, se suicide après la mise en ligne d’une vidéo anonyme compromettante. Un an plus tard, le jour de l’anniversaire de sa mort, six de ses amis se connectent sur skype, pour tchater entre eux. Mais une septième personne, inconnue des autres, se connecte également. Cet intrus se montre très vite sous un visage inquiétant et menace les six amis de tuer le premier qui se déconnectera. Peu à peu, les événements tragiques qui ont marqué la bande un an plus tôt refont surface et se montrent sous un nouveau jour.

Unfriended critique :

Deux films de genre s’affrontaient en salles ce mercredi 24 juin : l’un tourné vers le passé, Poltergeist, remake de l’oeuvre culte éponyme de Tobe Hooper (1982), l’autre tourné vers le présent et l’avenir, Unfriended, consacré aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux. Deux films incarnant deux époques différentes, mais qui se rejoignent par une problématique commune, celle du pouvoir et de la fascination exercés par les écrans (Poltergeist prenait pour cible la télévision). Unfriended pourrait ainsi se présenter comme une version libre et modernisée du chef d’oeuvre de Tobe Hooper. Il confirme surtout l’intérêt du cinéma de genre pour les nouveaux dispositifs filmiques. Que ce soient par le biais de films tournés intégralement en POV (entre autres, Maniac, datant de 1980), ou plus récemment, de tous les films en found footage qui s’appuient sur la multiplicité des écrans (caméra de surveillance, smartphone…), le cinéma de genre n’a eu de cesse d’innover et de proposer de nouveaux dispositifs technico-narratifs.

Unfriended n’est pas le premier film de genre à exploiter les potentialités offertes par les réseaux sociaux. Un autre film récent, Open Windows de Nacho Vigalondo (avec Elijah Wood et Shasha Grey), s’était déjà aventuré dans cette entreprise, tant par la place accordée aux nouvelles technologies dans l’histoire, que par la mise en place d’un dispositif filmique novateur (notre critique). Cependant, le point de vue filmique d’Open Windows ne se limitait pas à l’écran d’ordinateur du personnage incarné par Elijah Wood, mais usait d’autres terminaux pour renforcer le sentiment d’ubiquité des écrans et dénoncer le voyeurisme technologique. Adaptation libre de Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock, Open Windows entendait en effet souligner le pouvoir démultiplié du regard voyeuriste par l’omniprésence des écrans. Une prémisse prometteuse qui se diluait toutefois dans une action convenue et une critique grossière des réseaux sociaux. C’est d’ailleurs probablement la principale difficulté des films traitant de cette thématique, la propension à verser dans la sentence morale bien-pensante. Dans cette veine, on peut citer le film Antisocial, qui mettait en scène un virus se transmettant par un réseau social, Redroom. Le film dressait une critique acérée des nouvelles technologies, condamnant la virtualisation et la vacuité des rapports sociaux actuels. Unfriended n’échappe pas à cette démarche critique et dénonce ces nouvelles formes de sociabilité, gangrenées par le mensonge et l’usurpation.

Au-delà de cette portée critique, Unfriended est avant tout un film concept où le champ de l’action est réduit à l’écran de l’ordinateur portable de la protagoniste, la jeune Blaire. Le film s’ouvre sur une vidéo choc Youtube. Une jeune étudiante, Laura Barns, se suicide dans un lieu public (visiblement un campus) en se tirant une balle dans la tête. La scène est filmée sur le vif à l’aide d’un smartphone. Un acte qui sera la conséquence d’une campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux, notamment de la mise en ligne d’une vidéo compromettante sur Youtube. Le pitch d’Unfriended apparaît tristement familier et s’inspire de ces nombreux faits divers marquants qui ont démontré tout le pouvoir de nuisance des réseaux sociaux et du cyber-harcèlement. La grande force du film réside dans le dispositif filmique mis en place. L’écran d’ordinateur de Blaire est fixe et aucun autre écran ne viendra perturber ni diversifier le point de vue. Tout le film se déroule dans une longue séquence ininterrompue où l’on voit Blaire surfer le Web, chercher des informations sur Google, répondre à des messages sur Facebook et Skype, et discuter en parallèle dans un tchat vidéo. contrairement à Open Windows ou Antisocial, le film prend le parti du réalisme en utilisant les technologies (Macbook, Chrome) et les réseaux sociaux existants (Facebook, Skype et Youtube). Le film n’hésite ainsi pas à pousser davantage le réalisme en reproduisant les “bugs” courants de connexion (image qui freeze lors du tchat vidéo par exemple). Dès lors, la critique développée dans le film se fait plus consistante et plus “réelle”, introduisant un rapport de familiarité troublante (que rythment les sons si particuliers de Facebook et Skype).

Unfriended critique

L’idée de réduire le champ filmique à un seul écran est métaphoriquement riche de sens. Par cet artifice, le réalisateur entend dénoncer la vision étriquée introduite par cette médiation technologique. Comme si la perception du monde ne pouvait échapper au prisme des réseaux sociaux, seule fenêtre d’accès au monde. L’absurdité de cette médiation sera révélée par l’impossibilité des protagonistes de se déconnecter et de s’éloigner de leur écran, sous peine d’être la prochaine victime. Blaire sera ainsi contrainte de solliciter une aide extérieure sur…Chatroulette, plateforme de Webcam aléatoire, symbole de l’inconnu et du zapping social (les interactions étant très courtes).

Ce dispositif est le principal argument d’un film reposant sur une histoire de fantôme revanchard classique. A la différence près que ce ne sont plus les habitations qui sont ici hantées, mais les réseaux sociaux, paralysés par la volonté de l’esprit. L’exorcisme technologique que représente la désinfection antivirale échouera à extirper l’esprit des ordinateurs. S’il ne révolutionne pas le genre, le scénario demeure toutefois suffisamment efficace et réserve son lot de révélations à travers des jeux de questions/réponses où chacun sera contraint de dévoiler ses secrets et mensonges. L’histoire d’Unfriended n’est toutefois pas l’aspect le plus marquant et réussi du film. Le dispositif filmique et la critique technologique prennent en effet rapidement le pas sur un scénario peu ambitieux qui pèche par certaines longueurs et redondances.

On peut toutefois saluer l’ambition de cette modeste production Blumhouse, qui surprend ici par un concept novateur, s’éloignant quelque peu des productions formatées dont nous a habitué la firme américaine. Néanmoins, passé l’effet d’étonnement des premières séquences, le dispositif s’épuise et provoque la lassitude. L’écran, composé de segments vidéos et textuels épars, exige une concentration accrue. On peut ainsi légitimement se demander si l’écran de cinéma était le support le plus approprié pour un tel dispositif, qui gagnerait peut-être à introduire davantage d’interactivité et, pourquoi pas, à se déployer sur les supports qu’il prend pour cible.

Synopsis : Une jeune lycéenne, Laura Barns, se suicide après la mise en ligne d’une vidéo anonyme compromettante. Un an plus tard, le jour de l’anniversaire de sa mort, six de ses amis se connectent sur skype, pour tchater entre eux. Mais une septième personne, inconnue des autres, se connecte également. Cet intrus se montre très vite sous un visage inquiétant et menace les six amis de tuer le premier qui se déconnectera. Peu à peu, les événements tragiques qui ont marqué la bande un an plus tôt refont surface et se montrent sous un nouveau jour. Unfriended critique : Deux films de genre s’affrontaient en salles ce mercredi 24 juin : l’un tourné vers le passé, Poltergeist, remake de l’oeuvre culte éponyme de Tobe Hooper (1982), l’autre tourné vers le présent et l’avenir, Unfriended, consacré aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux. Deux films incarnant deux époques différentes, mais qui se rejoignent par une problématique commune, celle du pouvoir et de la fascination exercés par les écrans (Poltergeist prenait pour cible la télévision). Unfriended pourrait ainsi se présenter comme une version libre et modernisée du chef d’oeuvre de Tobe Hooper. Il confirme surtout l’intérêt du cinéma de genre pour les nouveaux dispositifs filmiques. Que ce soient par le biais de films tournés intégralement en POV (entre autres, Maniac, datant de 1980), ou plus récemment, de tous les films en found footage qui s’appuient sur la multiplicité des écrans (caméra de surveillance, smartphone…), le cinéma de genre n’a eu de cesse d’innover et de proposer de nouveaux dispositifs technico-narratifs. Unfriended n’est pas le premier film de genre à exploiter les potentialités offertes par les réseaux sociaux. Un autre film récent, Open Windows de Nacho Vigalondo (avec Elijah Wood et Shasha Grey), s’était déjà aventuré dans cette entreprise, tant par la place accordée aux nouvelles technologies dans l’histoire, que par la mise en place d’un dispositif filmique novateur (notre critique). Cependant, le point de vue filmique d’Open Windows ne se limitait pas à l’écran d’ordinateur du personnage incarné par Elijah Wood, mais usait d’autres terminaux pour renforcer le sentiment d’ubiquité des écrans et dénoncer le voyeurisme technologique. Adaptation libre de Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock, Open Windows entendait en effet souligner le pouvoir démultiplié du regard voyeuriste par l’omniprésence des écrans. Une prémisse prometteuse qui se diluait toutefois dans une action convenue et une critique grossière des réseaux sociaux. C’est d’ailleurs probablement la principale difficulté des films traitant de cette thématique, la propension à verser dans la sentence morale bien-pensante. Dans cette veine, on peut citer le film Antisocial, qui mettait en scène un virus se transmettant par un réseau social, Redroom. Le film dressait une critique acérée des nouvelles technologies, condamnant la virtualisation et la vacuité des rapports sociaux actuels. Unfriended n’échappe pas à cette démarche critique et dénonce ces nouvelles formes de sociabilité, gangrenées par le mensonge et l’usurpation. Au-delà de cette portée critique, Unfriended est avant tout un film concept où le champ de l’action est réduit à…

5

10

NOTE

5

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5


 

Unfriended critique

Réalisateur : Levan Gabriadze

Scénariste : Neslon Greaves

Casting : Heaver Sossaman, Matthew Bohrer, Courtney Halverson…

Pays d’origine : Etats-Unis

Durée : 83 mn

Date de sortie ciné : 24 juin 2015

Tetsuo

Un samedi pluvieux, une VHS poussiéreuse de Massacre à la Tronçonneuse et paff ! Première grosse claque horrifique qui m’a conduit à explorer les contrées peu recommandables du cinéma de genre. Parmi mes références indépassables, Alien et The Thing. Oui, j’aime les films de monstres qui mettent en scène des créatures avides de tripes humaines. Mais je déteste les films de possession qui pullulent à l’écran ! Que ce soit clair. Attention derrière toi ! Un fantôme…

5 Comments

  1. Avatar

    La bande annonce ne m’avait pas convaincu, mais un 5/10 me motive quand même pour le regarder. Déçu par Open windows, j’espère voir quelque chose de plus *fun*, ce serait toujours ça.

    Je voulais parler d’It follows mais je n’ai pas encore vu le film, j’attends que mon frère me prête le dividi pour la vost, et je vois qu’il se tape lui aussi un 5/10, j’ai un peu peur d’être déçu, de plus pour un film plébiscité par le plus grand nombre (même si ce n’est pas gage de qualité). Bref je tente le film mais j’espère qu’il sera mieux que la moyenne. ^^

    Je voulais poser la question : pensez vous que si ce film marche, nous aurons pléthore de mauvais films du genre par la suite ? Ou ce film est déjà démodé, et qu’il vaut le coup d’oeil donc, car ce style est difficilement améliorable par exemple. Ou répondez pas, parce ce que c’est chiant comme question, pas grave 🙂

    Désolé du pavé, j’suis fatigué alors j’écris, vive les contradictions.

  2. Avatar

    Bonsoir Cypress Green. A mes yeux, Unfriended est plus fun qu’Open Windows, même si la note est paradoxalement la même. J’avais valorisé le dispositif du film, mais force est de reconnaître que le film sombrait très vite dans la caricature. Très honnêtement, j’ai hésite entre 5 et 6 pour Unfriended, mais comme je suis méchant, j’ai mis 5 :P. Le concept est bien mais l’histoire malheureusement trop banale. Le film n’en reste pas moins plaisant et nous attendons ton avis sur le sujet ;). Quant à savoir s’il y aura des pâles copies du film, j’ai envie de répondre sûrement (je me mouille pas trop). Le film a coûté 1 million de dollars et en a déjà rapporté plus de 30 au BO américain. Sachant que Blumhouse aime reproduire ce qui marche (en 2016, sont prévus Ouija 2 et The Purge 3), on peut imaginer toute une franchise Unfriended (honnêtement j’espère pas…). En tout cas, encore peu de films ont vraiment traité des réseaux sociaux et on risque d’en voir débouler beaucoup, avec un traitement filmique peut être différent.
    Pour It Follows, on a aussi été un peu sévères car on a pas compris tout l’engouement autour du film. Les retours sont toutefois très bons sur le film.

  3. Avatar

    Okay merci pour les précisions 🙂 Mon engouement pour It follows a redémarré nickel. Bon bah je le regarderai ouais, les réseaux sociaux sont encore dans l’air du temps, on risque d’en bouffer ouais. Mais bon, possible qu’avec le pognon qu’ils amassent, ils sortiront peut-être un jour un petit bijou, ne désespérons pas xD

  4. Avatar

    J’ai bien aimé moi 🙂 Je l’ai trouvé plutot efficace techniquement et original. Le fait de rester sur un “plan séquence” scotché sur l’écran du macbook est excellente. Belle prouesse technique ce jonglage entre facebook, skype, chrome etc… Apres oui l’histoire n’est pas dingo mais bon, on reste dans les codes du slasher d’épouvante. Un bon kif 🙂

  5. Avatar

    Je viens de terminer The Den, un film dans la même veine (mais peut être plus vieux qu’Unfriended je pense, j’ai pas noté. Bah je le conseille à celles et ceux qui arrivent sur cette page, pas une perle mais une mini surprise.

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