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FEFFS, courts métrages : Compétition made in France

30 septembre 2015

Après une première projection de courts-métrages internationaux assez convaincante, c’est au tour des Français de nous prouver tout leur talent (Cocorico!!!). Une sélection très éclectique, mêlant comédie potache, film de torture, ambiance post-apocalyptique ou futuriste, et film d’auteur poétique. Malgré de nombreuses qualités, on constate dans l’ensemble un manque de maîtrise, non pas technique, mais dans le développement des univers et des idées.

Aquabike/Réalisateur : Jean-Baptiste Saurel/Pays : France, Belgique/Durée : 23min  

Synopsis : “Traumatisée par un poisson, Sophie n’a jamais remis les pieds dans l’eau depuis ses 15 ans. Aujourd’hui elle en a 35 et sa copine Anaïs a décidé de l’emmener voir Aquaman, un gourou-guérisseur aux méthodes radicales.”

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Aquabike est sans conteste le film le plus abouti et le plus réussi de cette sélection. L’idée est totalement barrée et la première séquence nous immerge immédiatement dans l’esprit déluré du film. Le réalisateur fait preuve d’un jusqu’au-boutisme appréciable, développant son histoire de façon inattendue et complètement loufoque. Le film est extrêmement drôle et l’interprétation du comédien campant Aquaman est tout simplement excellente et hilarante.

L’art du geste/Réalisateur : Ivan Radkine/Pays : France/Durée : 16min  

Synopsis : “Dans une chapelle abandonnée, un homme assis sur une chaise, un sac sur la tête et les mains ligotées, est prêt à se faire torturer dans d’étranges circonstances.”

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L’art du geste fait partie de ces courts métrages qui reposent essentiellement sur leur chute. Ce qui pose problème lorsque cette chute déplaît, car c’est l’ensemble du film qui en pâtit. C’est le cas pour L’art du geste où la révélation finale s’avère un peu facile et décevante. Reconnaissons tout de même que celle-ci a le mérite de dénoncer un phénomène de société, ce qui est selon moi l’un des intérêts fondamentaux du cinéma de genre.

Garçonne/Réalisateur : Nicolas Sarkissian/Pays : France/Durée : 29min

Synopsis : “Les années 1920. La campagne française, au coeur de l’été. Lisa, 17 ans, fuit l’ennui de sa famille bourgeoise. Au fond d’un lac isolé, elle se révèle…”

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On ne va pas se mentir, Garçonne est le court métrage le plus long de cette sélection et également le plus ennuyant (pas de bol…). Il est l’exemple type de ce que l’on redoute du “film d’auteur” : long, ennuyant et pseudo-poétique… On comprend très rapidement le point de vue du réalisateur sur l’aspect psychologique de son personnage principal et à aucun moment le film n’évolue réellement. D’ailleurs, on peut s’interroger sur la présence de ce film dans une sélection de genre. Mis à part un tube sous l’eau qui s’avère plus symbolique que fantastique, le film n’aborde en rien les thématiques du genre. Il faut toutefois reconnaître au film une très belle mise en scène avec des plans somptueux. C’est beau, c’est poétique, mais qu’est-ce que c’est chiant…

Un jour de plus/Réalisateur : Alban Sapin/Pays : France/Durée : 19min

Synopsis : “Les hommes ont déserté Paris depuis un an. Dans cet environnement désolé, quelques survivants errent dans ses ruines à la recherche de nourriture. Parmi eux, un couple tente par tous les moyens de subsister et de prendre contact avec d’autres rescapés.”

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Un jour de plus illustre parfaitement l’introduction de cet article, c’est-à-dire le manque de maîtrise de l’univers proposé. Ce monde post-apocalyptique manque réellement de crédibilité. Un ressenti qui n’est pas aidé par une interprétation des comédiens peu convaincante et des situations (tel que le face-à-face en mode western) surfaites. L’idée principale du film est pourtant touchante, mais la mise en image de ce film manque réellement de sensibilité et de crédibilité.

Juliet/Réalisateur : Marc-Henri Boulier/Pays : France/Durée : 11min

Synopsis : “Dans un futur proche, la société SEED lance à grand renfort de publicité, JULIET1, la première génération d’êtres synthétiques de compagnie. Ces femmes androïdes à l’aspect hyper réaliste, connaissent rapidement un succès foudroyant.”

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À l’image du film précédent, Juliet souffre d’un manque de crédibilité dans le développement de son univers. On se demande par exemple pourquoi existe-t-il qu’un seul modèle physique de Juliet, même si l’on comprend l’idée d’uniformisation de la société. De plus, le thème abordé a tellement été exploité, de façon beaucoup plus intelligente et convaincante, que le film souffre cruellement de la comparaison. On soulignera cependant une belle interprétation de la part d’Alix Bénézech en tant que robot.

Maxiplace/Réalisateur : Vincent Diderot/Pays : France/Durée : 21min

Synopsis : “Monsieur Leduc vit dans un immeuble bien particulier : chacun des locataires peut mettre de l’argent dans une borne pour faire bouger ses murs et agrandir son propre appartement. Le problème, c’est que cela empiète sur celui du voisin.”

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Maxiplace est un court-métrage très agréable. L’idée de base est originale et à le mérite de dénoncer la crise du logement. Le film est drôle et est interprété par des comédiens excellents. La mise en scène est efficace et le travail sur la décoration et la lumière est remarquable. Maxiplace est un film à l’ambiance vraiment atypique où l’on sent la forte présence d’un auteur derrière ce projet original et ambitieux.

Krueger

Rédacteur en chef du site Au coeur de l'horreur et président de l'association, je suis un passionné du cinéma d'horreur sous toutes ses formes. Je dois bien avouer avoir un faible pour tout ce qui se rapporte au gore, aux gros nichons et au sanguinolent. Je reste néanmoins doté d'une sensibilité à toute épreuve.

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