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Harbinger Down

21 septembre 2015
Critique Harbinger Down :

Harbinger Down est un projet attendu depuis plusieurs semaines, qui avait su mettre à mal notre patience de cinéphiles passionnés. En effet, une œuvre portée par de grands noms des effets spéciaux comme le sont Gillis et Woodruff, et qui a la prétention d’être entièrement bâtie sur l’animatronique et les effets prothétiques, avait de quoi retenir toute notre attention. La surenchère numérique de ces dernières années a motivé la société ADI (Amalgamated Dynamics, Inc) à revenir aux sources pour construire un métrage digne des classiques du genre. Et pour cause, l’évolution des technologies numériques a une tendance à propulser inéluctablement les œuvres cinématographiques dans la désuétude, et ce très (trop) rapidement, quand la tête du T-rex de Jurassic Park, parfait exemple d’application animatronique, n’a quasiment pas pris une ride au fil des années. Moins impressionnante certes, mais moins brutalement ringardisée face au développement des nouvelles techniques. Les exemples sont légion, et le combat entre Anakin et Obi Wan dans La revanche des Sith en est une parfaite illustration. Du reste, le choix de l’animatronique est synonyme de défi technique, tant la mise en œuvre de ces marionnettes motorisées est contraignante à bien des égards. Que d’arguments rendant obligé le passage par ce film…

Harbinger Down relate le déroulement d’une expédition scientifique en Alaska, dont la mission principale est d’étudier la migration des animaux marins afin d’en tirer des conclusions sur les changements climatiques à venir. Les étudiants composant l’équipe se joignent donc à l’équipage de pêcheurs de crabes du bateau Harbinger pour accomplir leurs investigations. Mais une étrange découverte va bouleverser le cours de leur voyage, ainsi que le cours de leurs vies.

Ce métrage est donc sur le papier une œuvre prometteuse qui assume clairement son ambition de se positionner dans la lignée de The Thing de Carpenter. Après une rapide entrée en matière, qui a le mérite de nous plonger brutalement dans le froid de l’Alaska, la déception prend malheureusement le pas sur la curiosité.
Un métrage en demi-teinte, qui finalement souffre d’avoir l’œuvre de Carpenter en filigrane, quand on aurait légitimement pu espérer qu’il s’en serve comme d’un tremplin.
A aucun moment Harbinger Down ne parvient à creuser l’écart avec son prédécesseur. Pire, il en copie la trame et les détails et se complaît dans une pâle réplique sans saveur. Dans un premier temps, la découverte mystérieuse d’une épave (spatiale en ce qui nous concerne ici) russe a déjà été traitée notamment dans le Léviathan de Cosmatos en 1989, qui, avec les mêmes ambitions que Harbinger Down, avait largement mérité son Prix spécial au Festival international du film fantastique d’Avoriaz en 1990. Du reste, le fantasme de la guerre froide sur le retour commence à sentir un peu le réchauffé.
Les contrées glaciales, l’équipe de scientifiques, l’objet venu de l’espace et surtout la forme de vie métamorphe et dangereusement inamicale, tout ici ne fait définitivement preuve d’aucune originalité. La mise en scène n’apporte pas de réelles solutions à ce manque d’inspiration, et peine à créer une atmosphère angoissante, tant les événements restent prévisibles. Le rythme assez équilibré rend l’ensemble malgré tout homogène, à défaut d’être haletant.

Harbinger Down
De nombreuses facilités scénaristiques se sont également révélées très irritantes, à l’image du canon à nitrogène bricolé en quelques secondes ou de l’éclairage qui cesse de fonctionner au plus mauvais moment (ou comment tenter de fabriquer de piètres jump scares).
Jusqu’à la dernière minute, les regrets sont de mise, avec un climax méchamment avorté, privé de toute crédibilité et indigne de l’héritage revendiqué par cette œuvre. Les dix dernières minutes bâclées laissent donc au spectateur un goût amer.
En ce qui concerne la chose, le choix de lui conférer la capacité de synthétiser les nombreux ADN qu’elle croise s’avère être une excellente idée, avec un panel de possibilités qui n’aurait comme limites que celles de l’imagination de son créateur. De plus, on voit que le choix du tardigrade n’a pas été privilégiée au hasard, et que les capacités de cryptobiose de cet invertébré, le rendant quasiment indestructible, ont bien été prises en compte dans le script.
Mais comme le reste du film, cette source de bonnes idées a été sous-exploitée, et a cédé sa place à un imbroglio monstruo-cosmique sans âme. Car autant visuellement que conceptuellement, rien ne sera mis en œuvre pour mettre en avant l’argument principal du projet de l’ADI.
L’animatronique, dont la qualité intrinsèque ne saurait être remise en question, n’est à aucun moment porté en haut de l’édifice.
Le spectateur ne parviendra donc jamais à se faire une idée de l’apparence de ce monstre, ce qui constitue ici une frustration énorme, là où d’autres scénarios n’en auraient pas autant souffert.
Les jeux de caméra et autres artifices techniques desservent quasi systématiquement la lisibilité de l’action. Un comble pour un projet qui se voulait visuel avant tout. Rien d’original dans les prises de vue, du classique sans surprises.
La distribution, portée par la présence de Lance Henriksen, un habitué du genre (avec à son actif Aliens ou plus récemment Stung) n’apporte aucune vraie bonne surprise, tant le jeu des acteurs manque de spontanéité, voire même de crédibilité (leur impassibilité lors de la scène de la garde à vue à fond de cale, avec le monstre prenant forme derrière la belle soviétique, est d’une incohérence affligeante).
Pourtant la présence de Monsieur Henriksen, fils de marin et donc prédisposé à briller dans ce rôle de capitaine charismatique, se fond finalement dans la médiocrité de leurs prestations. En somme,  sa présence placardée de façon très racoleuse sur une des affiches du film reflète à elle seule la facilité servant malheureusement de leitmotiv à cette réalisation.

Au final, une énorme déception que les quelques atouts du film n’arriveront pas à sauver de l’oubli. Quand on observe le CV de la société ADI, on en vient à s’interroger sur la place de ce film au côté de grands noms comme Alien ou Starship Troopers. Et même si l’intention est louable, la fin n’a malheureusement pas réussi à justifier les moyens.

Critique Harbinger Down : Harbinger Down est un projet attendu depuis plusieurs semaines, qui avait su mettre à mal notre patience de cinéphiles passionnés. En effet, une œuvre portée par de grands noms des effets spéciaux comme le sont Gillis et Woodruff, et qui a la prétention d'être entièrement bâtie sur l'animatronique et les effets prothétiques, avait de quoi retenir toute notre attention. La surenchère numérique de ces dernières années a motivé la société ADI (Amalgamated Dynamics, Inc) à revenir aux sources pour construire un métrage digne des classiques du genre. Et pour cause, l'évolution des technologies numériques a une tendance à propulser inéluctablement les œuvres cinématographiques dans la désuétude, et ce très (trop) rapidement, quand la tête du T-rex de Jurassic Park, parfait exemple d'application animatronique, n'a quasiment pas pris une ride au fil des années. Moins impressionnante certes, mais moins brutalement ringardisée face au développement des nouvelles techniques. Les exemples sont légion, et le combat entre Anakin et Obi Wan dans La revanche des Sith en est une parfaite illustration. Du reste, le choix de l'animatronique est synonyme de défi technique, tant la mise en œuvre de ces marionnettes motorisées est contraignante à bien des égards. Que d'arguments rendant obligé le passage par ce film... Harbinger Down relate le déroulement d'une expédition scientifique en Alaska, dont la mission principale est d'étudier la migration des animaux marins afin d'en tirer des conclusions sur les changements climatiques à venir. Les étudiants composant l'équipe se joignent donc à l'équipage de pêcheurs de crabes du bateau Harbinger pour accomplir leurs investigations. Mais une étrange découverte va bouleverser le cours de leur voyage, ainsi que le cours de leurs vies. Ce métrage est donc sur le papier une œuvre prometteuse qui assume clairement son ambition de se positionner dans la lignée de The Thing de Carpenter. Après une rapide entrée en matière, qui a le mérite de nous plonger brutalement dans le froid de l'Alaska, la déception prend malheureusement le pas sur la curiosité. Un métrage en demi-teinte, qui finalement souffre d'avoir l’œuvre de Carpenter en filigrane, quand on aurait légitimement pu espérer qu'il s'en serve comme d'un tremplin. A aucun moment Harbinger Down ne parvient à creuser l'écart avec son prédécesseur. Pire, il en copie la trame et les détails et se complaît dans une pâle réplique sans saveur. Dans un premier temps, la découverte mystérieuse d'une épave (spatiale en ce qui nous concerne ici) russe a déjà été traitée notamment dans le Léviathan de Cosmatos en 1989, qui, avec les mêmes ambitions que Harbinger Down, avait largement mérité son Prix spécial au Festival international du film fantastique d'Avoriaz en 1990. Du reste, le fantasme de la guerre froide sur le retour commence à sentir un peu le réchauffé. Les contrées glaciales, l'équipe de scientifiques, l'objet venu de l'espace et surtout la forme de vie métamorphe et dangereusement inamicale, tout ici ne fait définitivement preuve d'aucune originalité. La mise en scène n'apporte pas de réelles solutions à ce manque d'inspiration, et peine…

4

10

NOTE

4

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4


 

Réalisateur : Alec Gillis

Acteurs : Lance Henriksen, Matt Winston, Camille Balsamo…

Genre : Horreur

Pays d’origine : États-Unis

Lien imdb

 

Harbinger Down

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Né au milieu des sorties de Evil Dead, Le Tueur du Vendredi, ou encore de La Maison Près du Cimetière, mon héritage paternel m'a permis de grandir parmi les cassettes V2000. Il faut vivre avec son temps ? C'est vrai mais je voue un culte inébranlable au patrimoine horrifique depuis les seventies, que je considère comme le ciment de nos émotions aujourd'hui. Mon moteur : Ars Gratia Artis, ma passion : le cinéma, mon nom : Le Druide...

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