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Knock Knock

24 septembre 2015

Synopsis : Un soir d’orage, un architecte, marié et bon père de famille, resté seul pour le weekend, ouvre sa porte à 2 superbes jeunes femmes mal intentionnées…

Critique Knock Knock :

Eli Roth sait se faire désirer. Après 8 ans d’absence derrière la caméra (Hostel II datant de 2007), le réalisateur de Cabin Fever et du diptique Hostel revient avec deux films en l’espace de quelques mois. Deux oeuvres aux ambitions et tonalités fort différentes. Alors que Green Inferno s’annonce comme un film de cannibales macabre et grand-guignolesque, dans la lignée des classiques de Ruggero Deodato, Knock Knock se veut plus intimiste et psychologique, remake officieux du Death Game de Peter S. Traynor.

La prémisse de Knock Knock joue sur les codes et les fantasmes pornographiques. Un soir d’orage, alors qu’Evan, architecte et père de deux enfants, se retrouve seul dans sa luxueuse maison de banlieue, deux jeunes femmes frappent à la porte et interrompent la soirée studieuse de notre quadragénaire. En ouvrant la porte, Evan découvre deux magnifiques jeunes femmes dont la plastique aguicheuse s’épanouit dans des vêtements mouillés et moulants. Emoustillé par cette apparition iréelle digne d’un film pornographique, Evan viendra en aide aux deux ravissantes jeunes femmes en les accueillant dans sa demeure.

Il faut reconnaître que le pitch de Knock Knock amuse par sa référence explicite aux clichés pornographiques les plus éculés. Même si l’on devine sans difficulté les grandes étapes de l’intrigue, le film parvient à retranscrire habillement le jeu psychologique des deux femmes, qui vont progressivement ronger la sphère intime d’Evan. Dans ce premier acte, Eli Roth s’inspire du fameux Funny Games d’Haeneke et fait monter, sans précipitation et avec efficacité, la tension dramatique. Une tension sexuelle et non nerveuse, à la différence de la célèbre scène des oeufs du film d’Haeneke. Par petites touches et indices, Eli Roth dévoile le mécanisme de prédation de ces deux jeunes femmes, qui vont gagner petit à petit la confiance d’Evan et s’approprier son espace de vie, comme lorsqu’au début du film elles décident de leur propre chef de délaisser l’entrée du domicile pour le salon. Un geste en apparence anodin qui permet aux deux femmes d’investir le coeur du domicile d’Evan. Sans le savoir, Evan est déjà pris dans un piège sans issue, symbolisé par les longs travellings suivant ses déplacements et le réduisant à un rat de laboratoire.

Knock Knock

Malheureusement, l’amusement cède vite la place à l’agacement quand Eli Roth nous déroule sa rhétorique puritaine. Le réalisateur n’est pas réputé pour sa finesse, ce que confirme ce deuxième acte, qui nous assène une leçon de morale à la truelle… Evan est un père de famille lambda qui, malgré ses tentatives répétées pour échapper aux griffes séductrices des deux jeunes femmes, finira par succomber. Un acte qui causera sa perte et provoquera le basculement du film. A travers ce péché originel, Eli Roth met en lumière l’hypocrisie du personnage et la contradiction entre son discours (j’aime ma femme et je suis heureux) et ses actes (je la trahis). Plus largement, Eli Roth dénonce les faux-semblants à travers une famille faussement idéale. Les nombreux portraits qui ornent les murs de la maison ne sont que des simulacres qui tentent vainement de dissimuler l’équilibre fragile de cette famille. Evan semble être ainsi davantage préoccupé par son image que par les conséquences morales de son acte. Sa seule préoccupation à la fin du film sera d’ailleurs de supprimer une vidéo compromettante de son compte Facebook, donnant lieu à l’une des scènes les plus drôles et réussies du film. Le vandalisme des deux jeunes femmes ne fera que mettre au jour l’image véritable d’une famille qui se délite et qui se donne l’apparence de la respectabilité.

Comme si l’acte d’Evan n’était pas suffisamment fort moralement, Eli Roth décide d’introduire de manière confuse et racoleuse une dimension pédophile. Et si les deux jeunes femmes étaient mineures et qu’Evan se rendait ipso facto coupable de pédophilie ? C’est la piste que tente d’exploiter un temps le réalisateur, justifiant des scènes malsaines où l’une des tortionnaires, vêtue d’un costume d’écolière et portant la culotte de la fille d’Evan, va chevaucher notre quadragénaire désormais à la merci des deux femmes. Eli Roth prend en otage le spectateur qui, d’un côté ne comprend pas la sanction infligée à Evan (sa faiblesse mérite-t-elle une telle punition?), et, de l’autre, se sent dans l’obligation de condamner moralement l’acte d’Evan face à des soupçons de pédophilie. Une sensation désagréable qui n’est pas sans rappeler à un autre film exploitant le même filon, Hard Candy de David Slade, ou comment justifier moralement la torture (c’est un pédophile, ça ne compte pas…).

Knock Knock

C’est surtout la fin du film qui confirme l’intention morale du réalisateur lorsque les deux jeunes femmes déclarent qu’aucun père de famille n’a jamais refusé leur avance. Par cette malheureuse anecdote, Eli Roth enferme son personnage masculin dans un cliché sexiste. Le film n’est pas pour autant “féministe”, dans la mesure où les femmes sont réduites à des castratrices (dans une interview donnée à Mad Movies, Eli Roth décrit précisément Evan comme un homme “émasculé” par sa femme), que ce soient sous les traits de la femme dominatrice et mature (la femme d’Evan) ou la femme enfant (les deux jeunes tortionnaires). Feignant une inversion des rôles homme/femme, Eli Roth ne fait finalement que perpétuer les préjugés de genre. Pour l’homme, l’acte sexuel est distinct de la relation amoureuse, alors que pour la femme, il implique nécessairement un engagement émotionnel. Après le départ des deux femmes, Evan nettoiera toutes les traces visibles, comme si ce rituel ménager était susceptible d’effacer de sa mémoire le souvenir de cette nuit de débauche. Inversement, même si les deux jeunes femmes ne cesseront de répéter au début du film “It’s just sex”, laissant présager une relation sans lendemain, leurs actes contrediront cette affirmation.

Eli Roth nous fait visiblement sa crise de la quarantaine et a besoin d’exorciser ses démons. Le processus d’identification est d’autant plus fort qu’Evan a le même âge qu’Eli Roth (43 ans, alors que Keanu Reeves a déjà dépassé la cinquantaine), et que l’une des actrices, Lorenza Izzo, est la compagne du réalisateur… Malgré ces critiques, Knock Knock n’en demeure pas moins plaisant, parfois drôle et inspiré. On déplorera une seconde partie plus faible, qui a tendance à s’enliser et à perdre en tension dramatique.

Synopsis : Un soir d'orage, un architecte, marié et bon père de famille, resté seul pour le weekend, ouvre sa porte à 2 superbes jeunes femmes mal intentionnées… Critique Knock Knock : Eli Roth sait se faire désirer. Après 8 ans d’absence derrière la caméra (Hostel II datant de 2007), le réalisateur de Cabin Fever et du diptique Hostel revient avec deux films en l’espace de quelques mois. Deux oeuvres aux ambitions et tonalités fort différentes. Alors que Green Inferno s’annonce comme un film de cannibales macabre et grand-guignolesque, dans la lignée des classiques de Ruggero Deodato, Knock Knock se veut plus intimiste et psychologique, remake officieux du Death Game de Peter S. Traynor. La prémisse de Knock Knock joue sur les codes et les fantasmes pornographiques. Un soir d’orage, alors qu’Evan, architecte et père de deux enfants, se retrouve seul dans sa luxueuse maison de banlieue, deux jeunes femmes frappent à la porte et interrompent la soirée studieuse de notre quadragénaire. En ouvrant la porte, Evan découvre deux magnifiques jeunes femmes dont la plastique aguicheuse s’épanouit dans des vêtements mouillés et moulants. Emoustillé par cette apparition iréelle digne d’un film pornographique, Evan viendra en aide aux deux ravissantes jeunes femmes en les accueillant dans sa demeure. Il faut reconnaître que le pitch de Knock Knock amuse par sa référence explicite aux clichés pornographiques les plus éculés. Même si l’on devine sans difficulté les grandes étapes de l’intrigue, le film parvient à retranscrire habillement le jeu psychologique des deux femmes, qui vont progressivement ronger la sphère intime d’Evan. Dans ce premier acte, Eli Roth s’inspire du fameux Funny Games d’Haeneke et fait monter, sans précipitation et avec efficacité, la tension dramatique. Une tension sexuelle et non nerveuse, à la différence de la célèbre scène des oeufs du film d’Haeneke. Par petites touches et indices, Eli Roth dévoile le mécanisme de prédation de ces deux jeunes femmes, qui vont gagner petit à petit la confiance d’Evan et s’approprier son espace de vie, comme lorsqu’au début du film elles décident de leur propre chef de délaisser l’entrée du domicile pour le salon. Un geste en apparence anodin qui permet aux deux femmes d’investir le coeur du domicile d’Evan. Sans le savoir, Evan est déjà pris dans un piège sans issue, symbolisé par les longs travellings suivant ses déplacements et le réduisant à un rat de laboratoire. Malheureusement, l’amusement cède vite la place à l’agacement quand Eli Roth nous déroule sa rhétorique puritaine. Le réalisateur n’est pas réputé pour sa finesse, ce que confirme ce deuxième acte, qui nous assène une leçon de morale à la truelle... Evan est un père de famille lambda qui, malgré ses tentatives répétées pour échapper aux griffes séductrices des deux jeunes femmes, finira par succomber. Un acte qui causera sa perte et provoquera le basculement du film. A travers ce péché originel, Eli Roth met en lumière l’hypocrisie du personnage et la contradiction entre son discours (j’aime ma femme et je suis heureux) et ses actes (je…

5

10

NOTE

5

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Réalisateur : Eli Roth

Scénario : Eli Roth, Nicolás López, Guillermo Amoedo

Casting : Keanu Reeves, Lorenza Izzo, Ana de Armas

Genre : Thriller

Pays : Etats-Unis

Date de sortie : 23 septembre 2015 (France)

Lien imdb

Knock Knock

Tetsuo

Un samedi pluvieux, une VHS poussiéreuse de Massacre à la Tronçonneuse et paff ! Première grosse claque horrifique qui m’a conduit à explorer les contrées peu recommandables du cinéma de genre. Parmi mes références indépassables, Alien et The Thing. Oui, j’aime les films de monstres qui mettent en scène des créatures avides de tripes humaines. Mais je déteste les films de possession qui pullulent à l’écran ! Que ce soit clair. Attention derrière toi ! Un fantôme…

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