logo-site

When animals dream FEFFS 2015

Synopsis : Dans un village de pêcheurs danois isolé, Marie, 16 ans, découvre qu’elle est atteinte de la même maladie génétique que sa mère, dont la violence est contenue par des médicaments qui la condamnent au fauteuil roulant. Refusant le sort qui l’attend, la jeune femme se rebelle.

Critique “When animals dream” :

Les films d’auteur horrifiques souffrent bien souvent des mêmes tares que les productions plus commerciales. Ils se contentent fréquemment de suivre un schéma balisé et de déployer un ensemble de poncifs esthétiques et dramatiques. When animals dream est la parfaite illustration de ce grégarisme artistique, malgré une prémisse séduisante. Le choix de porter à l’écran une femme loup-garou est un acte symbolique fort qui inverse les rôles et les rapports de force habituellement en vigueur dans les films du genre. Malheureusement, When animals dream ne parvient jamais à transcender son concept de départ et semble condamné à broder une intrigue superficielle autour de cette idée force.

La figure du lycanthrope est habituellement utilisée pour exalter les attributs de la virilité masculine (la pilosité et la musculature hypertrophiées du loup-garou) et stigmatiser la bestialité instinctive de l’homme. Le loup-garou incarne la bête qui sommeille en chacun de nous, la part sombre qui s’émancipe des contraintes sociales et morales. Les films du genre ont certes proposé des lycanthropes féminins, mais ces personnages étaient généralement réduits à des rôles de second plan. En mettant en scène des louves-garous, When animals dream inverse habilement les codes. Ce dont désormais les femmes qui se révèlent menaçantes, bouleversant la répartition traditionnelle des rôles dévolus à l’homme et la femme.

La jeune Marie et sa mère sont porteuses d’une maladie génétique qui les transforme en louves-garous. Les symptômes sont principalement le développement de l’agressivité et d’une forte pilosité. Deux caractéristiques jugées contre-nature par les villageois, qui finissent par ostraciser la famille de Marie. Lorsque Marie commence à travailler dans une usine de poissons, elle est victime de brimades. Seul un jeune employé, Daniel, se montrera prévenant à son égard et tombera sous son charme. Ce dernier n’hésitera d’ailleurs pas à prendre le parti de la jeune femme contre ses anciens camarades.

When animals dream

Jonas Alexander Arnby, le réalisateur du film qui a notamment fait ses armes auprès de Lars Von Trier, prête à Marie et sa mère des traits spécifiquement masculins pour brouiller la frontière opposant hommes et femmes, et remettre ainsi en cause cette distinction, fruit d’une construction sociale. Les deux louves-garous sont des femmes réputées pour leur beauté, mais qui effraient les hommes (plusieurs personnages masculins le souligneront au cours du film) par leur indocilité et le non-respect des codes sociaux. Marie, tout comme sa mère, est une femme qui assume ses désirs et tente de se libérer du joug moral. L’utilisation de la figure du lycanthrope sert ainsi intelligemment à symboliser l’image que renvoient les femmes libérées dans un village aux mœurs conservatrices et rigides. En réaction, la mère de Marie est médicalement traitée et réduite à l’impuissance dans son fauteuil roulant après un épisode sanglant avec des marins russes. Le médecin du village incarne ainsi cette figure tutélaire chargée de maintenir l’ordre social par le contrôle physique des corps. Cependant, Marie refusera de subir le même sort que sa mère et se rebellera contre cet ordre patriarcal.

Parmi la constellation de personnages qui gravitent autour de Marie, celui du père, tiraillé entre l’acceptation de la nature de sa femme et de sa fille, et le respect les conventions sociales, est très certainement le plus profond et touchant. Ce conflit moral est parfaitement illustré lors de la scène de l’enterrement de la mère de Marie lorsque son père, bien qu’accablé de chagrin, veillera à ce que personne ne voit les signes de la métamorphose physique de sa fille. En revanche, les autres personnages ne seront qu’esquissés et la relation entre Marie et Daniel sera trop superficielle pour réellement convaincre. Le film souffre par ailleurs d’un rythme beaucoup trop lent et se complaît dans des scènes contemplatives stériles et stéréotypées. Jonas Alexander Arnby profite certes des paysages magnifiques des côtes danoises, mais ne parvient jamais à les sublimer, offrant une photographie terne et abusant de procédés numériques douteux (les effets de brume ajoutés numériquement). Quant à la dernière partie, la séquence horrifique du film, elle sera expédiée et réalisée sans grande conviction.

When animals Dream prouve malheureusement qu’une bonne idée de départ ne constitue pas nécessairement un socle scénaristique suffisant pour échafauder une intrigue consistante. Le film abuse des codes du film d’auteur esthétisant et échoue à créer une atmosphère poétique et envoûtante. Trop prévisible et convenu, When animals dream n’est, finalement, qu’un exercice de style académique et désincarné.

Synopsis : Dans un village de pêcheurs danois isolé, Marie, 16 ans, découvre qu’elle est atteinte de la même maladie génétique que sa mère, dont la violence est contenue par des médicaments qui la condamnent au fauteuil roulant. Refusant le sort qui l’attend, la jeune femme se rebelle. Critique "When animals dream" : Les films d’auteur horrifiques souffrent bien souvent des mêmes tares que les productions plus commerciales. Ils se contentent fréquemment de suivre un schéma balisé et de déployer un ensemble de poncifs esthétiques et dramatiques. When animals dream est la parfaite illustration de ce grégarisme artistique, malgré une prémisse séduisante. Le choix de porter à l’écran une femme loup-garou est un acte symbolique fort qui inverse les rôles et les rapports de force habituellement en vigueur dans les films du genre. Malheureusement, When animals dream ne parvient jamais à transcender son concept de départ et semble condamné à broder une intrigue superficielle autour de cette idée force. La figure du lycanthrope est habituellement utilisée pour exalter les attributs de la virilité masculine (la pilosité et la musculature hypertrophiées du loup-garou) et stigmatiser la bestialité instinctive de l’homme. Le loup-garou incarne la bête qui sommeille en chacun de nous, la part sombre qui s’émancipe des contraintes sociales et morales. Les films du genre ont certes proposé des lycanthropes féminins, mais ces personnages étaient généralement réduits à des rôles de second plan. En mettant en scène des louves-garous, When animals dream inverse habilement les codes. Ce dont désormais les femmes qui se révèlent menaçantes, bouleversant la répartition traditionnelle des rôles dévolus à l’homme et la femme. La jeune Marie et sa mère sont porteuses d’une maladie génétique qui les transforme en louves-garous. Les symptômes sont principalement le développement de l’agressivité et d’une forte pilosité. Deux caractéristiques jugées contre-nature par les villageois, qui finissent par ostraciser la famille de Marie. Lorsque Marie commence à travailler dans une usine de poissons, elle est victime de brimades. Seul un jeune employé, Daniel, se montrera prévenant à son égard et tombera sous son charme. Ce dernier n’hésitera d’ailleurs pas à prendre le parti de la jeune femme contre ses anciens camarades. Jonas Alexander Arnby, le réalisateur du film qui a notamment fait ses armes auprès de Lars Von Trier, prête à Marie et sa mère des traits spécifiquement masculins pour brouiller la frontière opposant hommes et femmes, et remettre ainsi en cause cette distinction, fruit d’une construction sociale. Les deux louves-garous sont des femmes réputées pour leur beauté, mais qui effraient les hommes (plusieurs personnages masculins le souligneront au cours du film) par leur indocilité et le non-respect des codes sociaux. Marie, tout comme sa mère, est une femme qui assume ses désirs et tente de se libérer du joug moral. L’utilisation de la figure du lycanthrope sert ainsi intelligemment à symboliser l’image que renvoient les femmes libérées dans un village aux mœurs conservatrices et rigides. En réaction, la mère de Marie est médicalement traitée et réduite à l’impuissance dans son fauteuil roulant après…

5

10

NOTE

5

Note des internautes : Soyez le premier à voter !
5


FEFFS 2015

Titre original : Når dyret vågner

Réalisateur : Jonas Alexander Arnby

Scénario : Christoffer Boe, Jonas Alexander Arnby, Rasmus Birch

Casting : Sonia Suhl, Lars Mikkelsen, Sonja Richter

Format : 84 mn.

Pays : Danemark

Date de sortie : 12 juin 2014
When animals dream

Tetsuo

Un samedi pluvieux, une VHS poussiéreuse de Massacre à la Tronçonneuse et paff ! Première grosse claque horrifique qui m’a conduit à explorer les contrées peu recommandables du cinéma de genre. Parmi mes références indépassables, Alien et The Thing. Oui, j’aime les films de monstres qui mettent en scène des créatures avides de tripes humaines. Mais je déteste les films de possession qui pullulent à l’écran ! Que ce soit clair. Attention derrière toi ! Un fantôme…

Commentaires