Au coeur de l'horreur

A Christmas Horror Story

Synopsis

« Le soir du réveillon, un esprit malveillant piège trois adolescents dans la cave de leur école pour recréer une version de la nativité. Une famille est également hantée par Krampus, l’anti-Père Noël de la mythologie nordique. Enfin, le Père Noël est forcé de combattre une horde d’elfes zombies avant d’aller faire sa tournée. »

Critique

Le compte à rebours est lancé ! Le mois de décembre nous a ouvert ses bras pour nous engloutir dans la féerie des fêtes de fin d’année, la joie de Noël, les rires des petits et des grands, l’amour, les flocons de neige, les cadeaux sous le sapin…
Bref, tant de bons moments accompagnés de bons souvenirs qui clôturent cette année.
Mais si tout cela n’était qu’une mascarade ? Si Noël devenait le rendez-vous de la peur et de la violence ?

Voilà en substance le cœur de l’œuvre A Christmas horror story qui arrive à point nommé pour distraire nos esprits avides de frissons en ces moments de fête.
Une dystopie festive qui se présente, à la manière de The Theatre Bizarre, comme un recueil  macabre dont l’acteur William Schatner (Le fabuleux Capitaine Kirk que tous les fans de Star Trek connaissent) est, à l’image de Udo Kier, le chef d’orchestre. Son rôle sert de noyau au métrage et laisse graviter autour de lui 4 histoires ayant pour décor et pour substance la nuit de Noël.

Ces 4 segments ont chacun leur légitimité, et n’empiètent jamais sur leur voisin. Pour autant, ils ont entre eux un lien subtile qui rend cet ensemble cohérent et uniforme, à l’inverse de nombreux recueils d’œuvres horrifiques qui se contentent d’être de vulgaires patchworks sans âme.
Le point fort de ce métrage réside essentiellement dans l’utilisation de ce qui fait la magie de Noël :

  • La soirée entre potes, qui se transformera en lutte spirituelle contre des esprits tourmentés
  • Le réveillon familial, durant lequel la colère se fera une place de choix
  • L’arbre de Noël, ou l’importance de ne pas se fier aux apparences
  • La tournée du Père Noël, chemin de croix quand le mal débarque

Ces situations qui sont l’essence même de cette fête font tendre l’histoire vers le probable, tant elles se rapprochent de ce que nous connaissons et vivons chaque fin d’année. Un choix judicieux qui favorise le processus d’identification du spectateur, en le mettant face à ce qui pourrait devenir la réalité. De plus, ce sont les caractéristiques intrinsèques de la fête de Noël qui sont ici disséquées, à savoir l’aspect religieux (l’esprit voulant recréer une scène de la nativité avec les 3 ados), l’aspect mythologique (avec le Krampus, anti-Père Noël de la mythologie nordique) et l’aspect légendaire (avec ce bon vieux Santa et ces lutins). Et il ressort de ce métrage une subtile cohésion entre elles.

Les 4 histoires ne présentent pourtant rien d’original dans leur contenu comme dans leur mise en scène. Et certaines œuvres avaient bien avant celle-là offert la possibilité de détourner Noël pour en faire le rendez vous des forces du mal. Dick Maas (réalisateur de Amsterdamned ou encore L’Ascenseur), en proposant Saint, avait en 2010 ouvert la porte à une horde de monstres accompagnant un Saint Nicolas plutôt typé être diabolique venu des enfers, quand des années plus tôt, Joe Dante imaginait Noël comme une chasse aux Gremlins et René Manzor transformait en Bad Santa notre bon vieux barbu bedonnant dans 3615 Code Père Noël. Bref, rien de neuf pour A Christmas Horror Story et pourtant… Le métrage n’essaie pas de nous vendre des contes horrifiques dopés aux hormones et bourrés de monstres hideux et vindicatifs (comme d’ailleurs l’avait fait Dick Maas) mais au contraire se veut insidieux, pénétrant nos âmes en démolissant méthodiquement les charmes de la fête de Noël. Seul l’histoire du Bad Santa propose un pitch un peu plus spectaculaire, mais sans tomber dans le grand-guignolesque.

Le déroulement de l’histoire présente à son début quelques longueurs qui m’ont obligé à faire deux tentatives de visionnage : Il faut en effet quelques longues minutes pour que les différents postulats soient présentés. Mais le rythme affiche ensuite un crescendo régulier et scotche le spectateur jusqu’au clap de fin. Le climax d’ailleurs est très lourd de sens, et (sans le dévoiler) laisse se rejoindre le rêve et la réalité afin d’achever le processus d’absorption de nos croyances pour semer le doute sur ce que nous pourrions considérer comme de l’ordre de l’imaginaire. En somme, ce que nous pensions n’être qu’un conte pour enfant se heurte à la violente rigidité de la vie. Difficile à admettre si l’on n’a jamais envisagé autre chose que Tim Allen dans Super Noël

Le job est donc rempli avec les honneurs, et il ne reste plus à ce film qu’à nous proposer de belles images pour en faire une des bonnes surprises de cette fin d’année. Et il faut bien avouer que c’est le cas. Le segment de la virée entre ados restant malgré tout trop timide à mon goût, se contentant de quelques apparitions subliminales, les autres segments sont efficacement mis à l’écran, et prouvent le soin particulier apporté à l’esthétique globale de l’œuvre, avec une mention spéciale pour le Krampus (d’ailleurs vedette du film éponyme prévu pour mai 2016 en France).

En somme, A Christmas Horror Story arrive à nous sortir de l’ambiance feutrée d’un mois de décembre au tison en nous transformant en de grands enfants qui se délectent devant la légende du Père Noël devenu Père Fouettard, dans un monde où le rouge sang n’est pas présent que sur les vêtements du gros livreur de cadeaux, un monde où le plus mauvais de chacun de nous ressort au grand jour, et où chaque acte impose d’en assumer les conséquences. Et quel bonheur de voir qu’encore aujourd’hui, l’imagination de quelques réalisateurs arrive à proposer des déclinaisons efficaces de légendes vieilles comme le monde.

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NOTE

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Informations

A Christmas Horror Story

Titre original : A Christmas Horror Story

Réalisation : Grant Harvey, Steven Hoban, Brett Sullivan

Scénario :  James Kee, Sarah Larsen, Doug Taylor, Pascal Trottier

Casting : William Shatner, George Buza, Rob Archer, Zoé De Grand Maison…

Pays d’origine : Etats-Unis

Genre : Film de monstre

Durée : 99 minutes

Date de sortie : 1er février 2016

Lien IMDB

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1 commentaire

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Cypress Green 27 décembre 2015 at 20 h 32 min

Je me suis RÉGALÉ ! ça se prend pas trop au sérieux, c’est plein de bonnes idées, et ça y va quand même franco. C’est ce genre de petits films qui me fait encore continuer à chercher des petits plaisirs parmi les daubes (qui sont légions).

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