Au coeur de l'horreur

Condemned

Synopsis

Pour fuir les conflits incessants de ses parents, Maya rejoint son petit ami qui habite dans un vieil immeuble abandonné de Manhattan. L’immeuble est habité par des junkies et des dégénérés. Un endroit dépravé, encore plus toxique qu’il n’y paraît, car un virus naît de leurs déchets en tous genre. Ce virus transforme les habitants de cet immeuble en terrifiant tueurs sanguinaire et laisse place à un véritable massacre.

Critique

De temps en temps, on a l’occasion de voir un film que l’on sait d’avance être source de discorde. Un coup de cœur que d’aucuns trouveront chiadé, ou une bouse encensée par de sombres fans de l’incompréhensible. Condemned se révèle être un parfait représentant du genre. Parce qu’il oscille dangereusement entre le B merdique et le Z haut de gamme, parce qu’il parodie sans le faire, parce qu’il manque de tout mais ne nécessite rien de plus pour être un extrême moment de jouissance horrifique. Le décor est planté, mais laissez-moi m’affranchir de la culpabilité que j’ai en moi de m’être délecté devant ce petit morceau de bravoure.

Sur le papier, Condemned ne présente rien d’original. Un faux air de teen-movie, des infectés enragés et une survie qui ne tient qu’à un fil. D’autres avant ont su élever leur nom au panthéon de l’horreur, tels les REC et autres Zombie-movies dont débordent nos DVDthèques. C’est donc non sans une certaine appréhension que je décide d’aborder le film. Les premières minutes nous font suivre la jeune Dylan Penn (fille du célèbre Sean Penn) dans sa fuite du cocon familiale, s’en allant rejoindre son bien aimé. Ces quelques minutes s’avèrent être un régal pour les yeux, à défaut de proposer quelque chose d’indispensable à l’histoire. Puis vient l’arrivée à Manhattan et le début d’un huis clôt haut en couleurs. Le scénario tardant à se mettre en place, on découvre lascivement les habitants de cet immeuble désaffecté et de la diversité de sa population (Nazis homosexuels, Junkies, travelos et autres dealers). Tout est ici dans le stéréotype, dans le grossier et le trop. Pas de réelle performance d’acteurs jusque-là, ni rien qui vaille le coup de s’en réjouir.

Vient alors les prémices de l’infection virale qui va commencer à transformer les habitants en dangereux psychopathes tueurs, bourrés d’hallucinations et aux hormones sérieusement agitées. Et c’est là que ce métrage va prendre tout son sens pour se transformer en une immense ode à l’horreur. Un hommage à ce que le cinéma comic-gore a offert de plus sincère et efficace depuis les années 80. Ça coupe, ça tranche, ça déchire, ça explose, le tout baignant dans des substances colorés et indéfinissables. On se remémore immédiatement et avec un plaisir non dissimulé, les films cultes qui ont bercé notre enfance (la mienne en tout cas). Ces liquides visqueux dont Street Trash de Jim Muro avait fait sa signature, ces membres arrachés comme Greg Lamberson l’avait mis en scène dans son cultissime Slime City (avec ce petit côté Z fauché qui va bien) ou encore des têtes décapitées qui auraient pu être tout droit sortie du Bad Taste de Peter Jackson. Et l’esclave du nazi avec ses faux airs de Toxic Avenger…Quoi de plus enivrant pour le puriste que de revoir ces gammes jouées à la perfection par ce jeune réalisateur qu’est Eli Morgan Gesner. J’irai presque jusqu’à citer un autre hommage à ce cinéma de genre bien craspec qu’est le Planet Terror de Rodriguez, qui s’avère être d’aussi bon gout. Alors oui, il n’y a pas réellement d’histoire, le scénario ne joue pas habillement de toutes les situations ni même de tous les personnages (avec le personnage du dealer asiatique qui aurait pu être différemment traité) et le tout reste brouillon. Mais peu importe, on prend ce qu’on nous balance et on s’en amuse. Là s’arrête la prétention de ce film et il a l’honnêteté de l’assumer et de le revendiquer. On est loin des Shaun of the Dead et autres Comic-gore enfantins avec leur comique de répétition lassant au possible et leurs répliques empruntées aux plus mauvaises heures des sketches de Benny Hill. Ici, on ne se prend pas au sérieux, mais on le fait avec sérieux.

Plus sérieusement, l’impact de ce film sera directement indexé au type de spectateur qui le regardera. Celui qui n’a pas connu les grandes heures de eighties pourra survoler ce métrage sans en comprendre l’intérêt ni le sens (ou l’absence de sens). Il trouvera toutes ces pustules purulentes bien trop grossières pour cohabiter avec les réalisations numériques de ces dernières années. Il trouvera certainement le film sans rythme tant le réalisateur fuit les Jumpscared qui n’ont pas de légitimité dans son œuvre. Et il dira de ce film qu’il n’est qu’une pâle et décevante copie de la franchise REC, de Comedown ou d’autres réalisations bien plus hype et au gout du jour.

Pour ma part et venant d’un réalisateur dont il s’agit de la première proposition de film, je considère l’essai transformé avec brio et je souhaite évidemment revivre plus souvent d’aussi agréables retour dans le passé qui me poussent à espérer que le cinéma d’aujourd’hui n’oublie pas les réussites d’hier. Et quand on retrace l’historique des sorties horrifiques de 2015, on peut légitimement se demander si un retour aux basiques ne serait pas la bonne route à suivre…

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7

10

Note

7

Note des internautes : 2.25 ( 3 votes)
7

Informations

condemned

Titre original : Condemned

Réalisation : Eli Morgan Gesner

Scénario : Eli Morgan Gesner

Casting : Dylan Penn, Johnny Messner, Ronen Rubinstein, Genevieve Hudson-Price, Kea Ho…

Pays d’origine : Etats-Unis

Genre : Contagion

Durée : 83 minutes

Date de sortie : 13 novembre 2015 (Etats-Unis)

Lien IMDB

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