logo-site

Dead Rising

27 août 2015

Dead Rising critique :

Synopsis : Chase, un journaliste en quête de célébrité, décide réaliser un reportage sur la gestion par le gouvernement des zones mises en quarantaine à la suite de l’émergence d’une épidémie zombie. Un nouveau traitement médical permet aux victimes de morsures de zombies de mettre en sommeil l’infection et de vivre une vie normal. Mais au cours de l’enquête, une nouvelle épidémie se déclare, et les habitants de la zone se muent progressivement en zombies. Chase devra lutter pour sa survie tout en essayant de tirer profit de la situation pour réaliser un reportage inédit sur les événements et devenir ainsi un journaliste de renom.

Jeux vidéos et cinéma ne font jamais bon ménage. Si le jeu vidéo a progressivement intégré les codes cinématographiques, offrant des spectacles vidéoludiques à l’allure de grand films (Heavy Rain, Beyond : Two Souls), aucun jeu ne semble toutefois avoir eu l’honneur d’une adaptation digne de ce nom sur grand écran. Comme si le cinéma entendait réaffirmer sa supériorité artistique en niant inconsciemment au jeu vidéo la possibilité de constituer un matériau source aussi noble que le roman. Il suffit de songer à la désastreuse franchise Resident Evil pour s’en convaincre. Le jeu vidéo devrait rester sur consoles si c’est pour subir de tels affronts cinématographiques. On peut certes nuancer ce jugement en citant l’adaptation de Silent Hill qui, sans être un chef d’oeuvre, a su sauver les apparences grâce au talent de Christopher Gans, et recréer une atmosphère fidèle à l’esprit de l’oeuvre d’origine.

Partant de ce constat, nous n’attendions pas grand chose de cette adaptation de Dead Rising : Watchtower. Le jeu ne semblait en effet pas offrir un univers suffisamment riche et étoffé pour mériter une adaptation sur grand écran. Il semble que ce soit surtout l’aspect gore et survolté du jeu vidéo qui ait motivé cette adaptation. Sans grand espoir, faible déception donc. Dead Rising entre précisément dans cette catégorie de films qui n’ont aucune légitimité artistique, mais qui offrent un divertissement honorable dans un genre où les pires productions ont tendance à envahir l’offre et à se propager aussi rapidement qu’une épidémie zombie.

L’univers dépeint par Dead Rising présente certains attraits. Le monde est victime d’infections zombies isolées qui ont forcé les gouvernements à établir des zones de quarantaine, des quartiers sécurisés coupés du reste de la population par une enceinte bétonnée (s’il vous plaît, on évite tout dérapage sur le conflit israélo-palestinien…). L’infection n’est désormais plus une fatalité pour les victimes de morsures de zombies, et un remède existe pour permettre aux infectés de mener une vie normale. Une injection toutes les 24 heures permet en effet de mettre le virus en sommeil et d’éviter de se changer en zombie. Malgré ce remède, les infectés sont ostracisés. Porteurs du virus, ils incarnent un danger potentiel et laissent planer la menace d’une propagation de l’épidémie. C’est dans ce contexte, qu’un jeune et fringant journaliste, aux allures de top-modèle latino, Chase, décide d’enquêter dans une zone confinée qui souffre d’une pénurie de ressources et notamment d’équipements médicaux. Chase rêve de célébrité et de gloire, ayant à l’esprit l’exploit de l’un de ses confrères, Frank West, journaliste ayant survécu seul dans une zone infectée et devenu depuis une star mondiale. Alors que Chase enquête sur un centre médical traitant les infectés, l’épidémie se déclare, et les habitants de la zone se muent progressivement en zombies. Chase devra lutter pour sa survie tout en essayant de tirer profit de la situation pour réaliser un reportage inédit sur les événements, et devenir ainsi un journaliste de renom.

Dead Rising critique

Même si l’on sent rapidement que le principal argument du film reste le dégommage de zombies à coup de battes de baseball, les scénaristes ont toutefois fait preuve d’un réel effort pour tenter d’échafauder une intrigue consistante. Chase devra faire face à une double menace : celle de l’armée, qui projette de bombarder la zone et refuse de rescaper les survivants, craignant l’émergence d’une nouvelle souche de l’épidémie, et celle d’un gang de la cité, qui fait la loi dans cette zone dévastée. Malheureusement, aucun de ces deux versants de l’intrigue ne parvient réellement à convaincre et à susciter un grand intérêt. L’intrigue politico-militaire fleure bon le déjà-vu et le cliché, tandis que le gang de motards n’est qu’un vulgaire ersatz de Mad Max, avec en prime un chef qui frise le ridicule par son accoutrement cheap et son jeu d’acteur poussif. Les traits du personnage sont volontairement tirés jusqu’à la caricature pour apporter une touche d’humour bienvenue, qui trouve un écho dans les nombreuses armes improbables et bricolées dont se servent les protagonistes. Un arsenal qui constitue la marque de fabrique de la saga sur consoles. Pour notre plus grand plaisir, Dead Rising ne se prend pas au sérieux, mais on aurait souhaiter un effort supplémentaire dans cette démarche parodique. Le développement de l’intrigue et la romance de Chase avec une infectée contrebalancent ce ton parodique. Dead Rising s’imagine parfois en Jason Bourne version zombie, oscillant constamment entre des scènes de séries B assumées et des moments plus sérieux, inspirés de thrillers d’espionnage et de conspiration.

Si l’intrigue n’est pas le point le plus saillant du film, qu’en est-il des scènes d’action? Là encore, le spectacle est fort inégal. Dans l’ensemble, les scènes sont plutôt réussies, à l’image de la première séquence qui voit notre héros pris au piège dans une ruelle entre un policier zombie tirant de manière saccadée et désordonnée, et un clown tueur à la hache. Une scène plutôt efficace qui nous plonge d’emblée dans un univers de série B réjouissant. Cependant, certaines scènes pâtissent d’un profond manque de rythme et de créativité. On peut notamment souligner le manque de cohérence quant à la représentation des zombies. Certains sont particulièrement vifs et courent férocement après nos héros (le zombie clown du début par exemple), tandis que d’autres sont mollassons et se meuvent comme une horde de gastéropodes, dans la plus pure tradition romérienne. C’est ce contraste qui ôte en partie l’impact de l’une des scènes les plus ambitieuses du film, un plan séquence de 3 mn où Chase tente d’échapper aux zombies, perdant au fur et à mesure ses armes avant de trouver refuge dans une ruelle. Les agressions des zombies s’apparentent à de douces caresses et le héros se sort bien trop facilement d’une situation qui aurait dû lui coûter cher ! On peut toutefois saluer cet effort artistique que l’on ne retrouve habituellement pas dans les productions de ce genre, souvent bâclées. Dead Rising semble ainsi bénéficier d’un budget confortable qui assure des effets spéciaux et une photographie correctes (même si tout semble avoir été tourné en studio).

L’aspect le plus réjouissant du film est sans conteste les saynètes télévisuelles mettant en scène la star Frank West, invitée sur le plateau d’une chaîne d’information en continu conservatrice, parodie de la chaîne Fox News. Le contraste entre la vulgarité du personnage, qui ne semble reculer devant aucune grossièreté, et l’air offusqué de la présentatrice, est, à mesure que les rôles s’inversent, de plus en plus savoureux (Frank Wright devenant progressivement le porte-parole de la vérité, censuré par la présentatrice, représentante d’un média servile). Véritable beauf qui fait initialement douter de l’authenticité des faits racontés dans sa biographie, Frank Wright finira par son franc-parler à entrevoir la vérité, tandis que la présentatrice, engoncée dans son respect de la bienséance et des autorités, refusera de remettre en cause la version officielle du gouvernement.

Les fans du jeu vidéo seront très certainement déçus par cette adaptation (ils le sont toujours de toute manière). Pour les autres, Dead Rising peut être pris comme un film sans grande prétention, pouvant s’apprécier modérément comme un film du dimanche soir. Il est toutefois regrettable que le réalisateur ne se soit pas davantage inspiré de l’esprit déjanté d’Evil Dead, qui semblait pourtant particulièrement adapté pour le ton du film. Dommage, on attendra donc la série Ash VS Evil Dead pour avoir droit à un WTF zombie décomplexé et à l’esprit nanar totalement assumé. La demi-mesure dans le domaine de l’humour et de la parodie porte malheureusement rarement ses fruits (oui bon ok, y a Shaun of the Dead…).

Tetsuo

5/10

Dead Rising critique

Réalisateur : Zach Lipovsky

Scénariste : Tim Carter

Casting : Jesse Metcalfe, Meghan Ory, Virginia Madsen…

Pays d’origine : Etats-Unis

Genre : film de zombie

Date de sortie France : 15 juin sur D8, 30 septembre (DVD et Bluray)

Tetsuo

Un samedi pluvieux, une VHS poussiéreuse de Massacre à la Tronçonneuse et paff ! Première grosse claque horrifique qui m’a conduit à explorer les contrées peu recommandables du cinéma de genre. Parmi mes références indépassables, Alien et The Thing. Oui, j’aime les films de monstres qui mettent en scène des créatures avides de tripes humaines. Mais je déteste les films de possession qui pullulent à l’écran ! Que ce soit clair. Attention derrière toi ! Un fantôme…

Commentaires