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Emelie, Étrange Festival 2015

Critique Emelie :

Après une sympathique nuit horrifique, des films totalement barrés comme ceux de Takeshi Miike ou de Sono Sion, on plonge avec Emelie dans le genre du thriller. Et telle est la beauté de cet Etrange Festival, nous proposer des films aux genres et ambiances bien distincts.

Un couple de parents embauche une babysitter pour garder leurs trois enfants et ainsi sortir fêter leur anniversaire de mariage. Seulement, leur habituelle babysitter n’est pas disponible et celle-ci leur conseille une remplaçante, une amie qui s’appelle Anna. Au premier abord, Anna à tout de la femme de confiance. Ce n’est que plus tard dans la soirée que les enfants, et en particulier l’aîné, se rendront compte qu’Anna n’est pas la femme qu’elle prétend être et surtout qu’elle n’est pas du tout babysitter. Il s’agit en fait d’Emelie, et son vrai visage se découvrira tout au long de la soirée.

À aucun moment le film ne cherche à jouer sur l’ambiguïté de la véritable identité de cette nouvelle babysitter. Dès le début du film, nous savons que celle-ci n’est pas la vraie babysitter attendue et l’on comprend ainsi le danger qu’elle représente. Le film s’ouvre sur un plan-séquence. Le point de vue de la caméra se situe au bord d’une petite rue, légèrement caché par des arbres. On y aperçoit une femme se faire aborder par une voiture en plein jour et répondre au conducteur qui cherche son chemin. Alors qu’elle s’apprête à l’aider, un homme se rue sur la femme et l’entraîne dans la voiture. La voiture démarre et la caméra suit son mouvement à l’aide d’un panoramique jusqu’à ce que celle-ci quitte le champ et qu’un enfant apparaisse en vélo, changeant ainsi l’orientation de la caméra qui suit le mouvement dans l’autre sens. Ce jeune garçon est un ami de l’un des personnages principaux, Jacob, l’aîné de la famille. La transition est parfaite. Cette première séquence, bien qu’efficace, rompt tout le mystère qui entoure le personnage d’Emelie et l’on comprend que la vraie babysitter a été kidnappée. Un parti pris qui cherche à faire du spectateur un témoin impuissant, conscient du danger, contrairement aux personnages. Une idée qui se reflète également dans ce premier plan, ou le point de vue adopté s’apparente à une sorte de vue subjective, celle du spectateur. Un premier plan qui permet d’ailleurs de comprendre qu’Emelie a un complice, un homme qu’on ne verra quasiment jamais, mais qui a son importance dans l’histoire.

Emelie

Emelie est un thriller beaucoup trop classique, à la fois dans sa construction, dans son développement ou dans la caractérisation de ses personnages. Le film n’apporte rien de nouveau au genre et se contente de suivre à la lettre toutes les recettes du thriller. D’autant plus que le spectateur, nourrit à ce type de films depuis longtemps, anticipe aisément la plupart des rebondissements.
C’est seulement lors de la phase d’exposition que le film parvient à capter notre attention. En effet, on s’amuse à observer la réaction des enfants face à cette nouvelle babysitter. Celle-ci use de son autorité pour entraîner les enfants dans des jeux de plus en plus sordides. Tel est le point fort du film, celui d’avoir choisi des enfants comme personnages principaux et de les confronter à des situations délicates, dont le point de vue diffère totalement de celui des adultes. On repense par exemple à la scène où Emelie propose de donner le hamster à manger au serpent. Alors que la petite fille pleure la perte de son animal de compagnie, les deux frangins sont dominés par leur curiosité enfantine et malsaine. De même pour la scène où Emelie les pousse à regarder une sextape de leurs parents. La situation est à la fois gênante et amusante, due à l’innocence des enfants. C’est face à ce type de provocation que Jacob, le fils aîné, prend doucement conscience du danger et finit par se rebeller. Jacob sera face à des décisions délicates et devra assumer son rôle de grand frère. Une nuit mouvementée qui marquera le passage de Jacob à l’âge adulte.

Outre cette exposition, le film peine à développer la situation de manière efficace. Le traitement psychologique d’Emelie est une nouvelle fois trop classique, manque de crédibilité, et est exposé de façon trop explicite. De plus, la comédienne Sarah Bolger ne parvient jamais à apporter une dimension inquiétante à son personnage. Sa phobie nous rappelle le film À l’intérieur d’Alexandre Bustillo et Julien Maury. Malgré tous les défauts que comportait le film de nos deux réalisateurs français, celui-ci s’intégrait dans un genre purement horrifique et nous offrait de belles séquences sanglantes et angoissantes. Le dénouement d’Emelie est, quant à lui, bien trop timoré (sûrement l’inconvénient de tourner avec des enfants) et donne même l’impression d’être un peu bâclé.

Légère déception pour ce film au fort potentiel mais malheureusement mal exploité.

Critique Emelie : Après une sympathique nuit horrifique, des films totalement barrés comme ceux de Takeshi Miike ou de Sono Sion, on plonge avec Emelie dans le genre du thriller. Et telle est la beauté de cet Etrange Festival, nous proposer des films aux genres et ambiances bien distincts. Un couple de parents embauche une babysitter pour garder leurs trois enfants et ainsi sortir fêter leur anniversaire de mariage. Seulement, leur habituelle babysitter n’est pas disponible et celle-ci leur conseille une remplaçante, une amie qui s’appelle Anna. Au premier abord, Anna à tout de la femme de confiance. Ce n’est que plus tard dans la soirée que les enfants, et en particulier l'aîné, se rendront compte qu’Anna n’est pas la femme qu’elle prétend être et surtout qu’elle n’est pas du tout babysitter. Il s’agit en fait d’Emelie, et son vrai visage se découvrira tout au long de la soirée. À aucun moment le film ne cherche à jouer sur l'ambiguïté de la véritable identité de cette nouvelle babysitter. Dès le début du film, nous savons que celle-ci n’est pas la vraie babysitter attendue et l’on comprend ainsi le danger qu’elle représente. Le film s’ouvre sur un plan-séquence. Le point de vue de la caméra se situe au bord d’une petite rue, légèrement caché par des arbres. On y aperçoit une femme se faire aborder par une voiture en plein jour et répondre au conducteur qui cherche son chemin. Alors qu’elle s’apprête à l’aider, un homme se rue sur la femme et l’entraîne dans la voiture. La voiture démarre et la caméra suit son mouvement à l’aide d’un panoramique jusqu’à ce que celle-ci quitte le champ et qu’un enfant apparaisse en vélo, changeant ainsi l’orientation de la caméra qui suit le mouvement dans l’autre sens. Ce jeune garçon est un ami de l’un des personnages principaux, Jacob, l'aîné de la famille. La transition est parfaite. Cette première séquence, bien qu’efficace, rompt tout le mystère qui entoure le personnage d’Emelie et l’on comprend que la vraie babysitter a été kidnappée. Un parti pris qui cherche à faire du spectateur un témoin impuissant, conscient du danger, contrairement aux personnages. Une idée qui se reflète également dans ce premier plan, ou le point de vue adopté s’apparente à une sorte de vue subjective, celle du spectateur. Un premier plan qui permet d’ailleurs de comprendre qu’Emelie a un complice, un homme qu’on ne verra quasiment jamais, mais qui a son importance dans l’histoire. Emelie est un thriller beaucoup trop classique, à la fois dans sa construction, dans son développement ou dans la caractérisation de ses personnages. Le film n’apporte rien de nouveau au genre et se contente de suivre à la lettre toutes les recettes du thriller. D’autant plus que le spectateur, nourrit à ce type de films depuis longtemps, anticipe aisément la plupart des rebondissements. C’est seulement lors de la phase d’exposition que le film parvient à capter notre attention. En effet, on s’amuse à observer la réaction des enfants face à cette nouvelle…

5

10

NOTE

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Réalisation : Michael Thelin.

Production : Andrew D. Corkin, Lizzie Friedmann.

Scénario : Adam Aresty.

Avec : Sarah Bolger, Carly Adams, Carl Bailey, Thomas Blair.

Pays : États-Unis.

Genre : Thriller.

Lien imdb

Emelie

Krueger

Rédacteur en chef du site Au coeur de l'horreur et président de l'association, je suis un passionné du cinéma d'horreur sous toutes ses formes. Je dois bien avouer avoir un faible pour tout ce qui se rapporte au gore, aux gros nichons et au sanguinolent. Je reste néanmoins doté d'une sensibilité à toute épreuve.

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