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Goodnight Mommy

Synopsis : Dans la chaleur de l’été, deux jumeaux de dix ans attendent leur mère dans une maison isolée en pleine campagne. Quand elle revient le visage entouré de bandages suite à une opération de chirurgie esthétique, plus rien ne semble comme avant. Froide et distante, la mère empêche désormais tout contact avec le monde extérieur. S’agit-il bien alors de leur mère ? Les garçons commencent à en douter et ils vont tout mettre en œuvre pour tenter de découvrir la vérité. Tout, vraiment tout…

Goodnight Mommy critique :

Goodnight Mommy présente toutes les qualités requises pour s’imposer dans un festival de renom. Malheureusement, le succès de It Follows, plébiscité tant par le public que les critiques, a éclipsé la lueur de ce modeste mais envoûtant film autrichien. Goodnight Mommy n’a pourtant pas laissé les spectateurs indifférents lors de sa diffusion au dernier Festival de Gerardmer et a récolté deux petits Prix, le Prix du jury SyFy Universal et le Prix du jury Jeunes. Est-ce un hasard si Goodnight Mommy, qui met en scène les vicissitudes de deux adolescents, a séduit le public jeune, visiblement touché par ce drame familial? Le film aura peut-être droit à sa revanche lors de sa sortie en salles le 13 mai prochain, et il convient de saluer l’audace du distributeur, Luminor, qui parie sur un film atypique et exigeant, bien loin des sous-produits marketing qui innondent les salles ces derniers mois (non, non, on pense pas à Ouija ni à Pyramide…).

Les quelques lignes du synopsis suffisent à insuffler l’envie et la curiosité. Comment réagirait-on enfant, si nous étions confrontés à une mère convalescente, altérée physiquement et psychologiquement par une intervention chirurgicale? Eprouverions-nous de la compassion, du dégoût ou de la méfiance vis-à-vis de cette nouvelle figure inquiétante et peu familière? C’est de la méfiance que ressentent Elias et Lukas, deux jeunes jumeaux autrichiens, qui, lors du retour de leur mère au domicile familial, ne reconnaissent plus les traits de celle qui les a jadis couvés et bercés de sa douce voix. Le foyer familial, jusqu’ici chaleureux et réconfortant, devient froid et inquiétant. Cette maison de campagne, au design luxueux, se révèle aussi impersonnelle et lugubre que les bandages de leur mère qui la déshumanisent. Les tableaux de la maison, représentant des silhouettes fugaces, symbolisent la perte de repères qu’éprouvent nos deux protagonistes Poussés par l’austérité des lieux et l’humeur maussade de leur mère, ils chercheront refuge dans des loisirs extérieurs. Mais la nature, pourtant symbole de la vie, ne fera que les confronter à des symboles funestes. Elias et Lukas errent alors dans un environnement dépeuplé où la présence humaine se fait rare.

Goodnight Mommy déjoue les attentes du spectateur avide d’action et de gore. L’horreur s’exprime de manière psychologique, à travers la détérioration de la relation entre les deux frères et leur mère. La première scène du film, une famille bavaroise chantant en coeur, indique, par le grain vieilli de la pellicule, une union familiale révolue. Une osmose qu’Elias, l’un des jumeaux, tentera désespérement de ressusciter. Cependant, les attentes de l’adolescent, coupées de la réalité, ne feront que précipiter la décomposition de la cellule familiale et baigneront l’ensemble du film dans une atmosphère fantasmagorique. Le film épouse en effet le point de vue d’Elias, dont la perception accentue l’étrangéité de la figure maternelle. Goodnight Mommy se passe ainsi volontiers de la parole verbale, se concentrant sur le regard et la perception des personnages, comme l’indique son titre original, Ich seh, Ich seh (Je vois, je vois). Le spectateur éprouve ainsi à travers le regard d’Elias, les craintes qui l’agite. La moindre attention portée à un détail physique (une pupille rouge sang déformée dans le reflet ovale d’un miroir de salle de bain) suffit à instiller l’angoisse. C’est la force du film, qui transmet par l’intermédiaire des plans et des gestes, toutes les émotions nécessaires à la compréhension de l’intrigue. Nul besoin d’interminables palabres. Goodnight Mommy est un film mutique dont le silence fait sens.

Goodnight Mommy critique Goodnight Mommy critique

Cet aspect minimaliste, qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Michael Haneke, est servi par une grande maîtrise formelle et esthétique. Chaque plan magnifie cette campagne autrichienne qui s’apparente à un jardin d’Eden où seuls semblent être admis Elias et Lukas (leur mère restant cloîtrée dans la maison). Certains plans extérieurs confèrent une atmosphère onirique, comme si cette nature était une projection de l’esprit d’Elias. Dans l’une des premières scènes, l’un des deux frères s’amuse en sautant à pieds joints sur un sol de terre desséchée qui se meut comme un matelas gonflable. Un phénomène physique qui semble improbable et défie le sens commun : comment ce sol à l’apparence si dure peut se mouvoir comme un liquide? Et cette grotte emplie d’ossements humains, n’est-elle pas la projection inconsciente d’un traumatisme passé? Ce paysage bucolique et idyllique ne pourrait-il pas finalement se métamorphoser selon l’humeur d’Elias?

Cette dimension psychologique est à l’origine de la rupture familiale, qui semble être consommée dès les premières minutes du film. Les trois protagonistes jouent au jeu “Qui suis-je?”, où chacun doit deviner le personnage/la personnalité que les autres joueurs lui ont attribué (la réponse étant écrite sur un post-it collé sur le front du joueur). Malgré les différents indices révélés par les deux frères, la mère ne parviendra pas à élucider l’énigme, à découvrir son identité propre résumée par le simple mot “maman”. A mesure qu’Elias se distancie de sa mère, il se rapproche de manière mimétique et fusionnelle de son frère Lukas. Ce rapprochement trouvera son point d’orgue à la fin du film, quand les deux adolescents décideront de s’habiller de manière identique pour duper leur mère. Le film développe un jeu de miroir, une symétrie troublante entre les deux protagonistes, comme si Lukas n’était que le versant sombre de la personnalité d’Elias. En dépit de leur apparente innocence, les deux frères jumeaux n’agissent pas comme des enfants ordinaires. Ils manifestent un goût malsain pour le morbide, entretiennent toute une colonie de cafards qu’ils nourrissent comme de simples poissons rouges, et piétinent sans sourciller des ossements humains qui jonchent le sol d’une grotte. Ils iront même jusqu’à mettre en scène le cadavre d’un chat, soupçonnant leur mère d’être responsable de la mort de l’animal. Cette proximité avec la mort est à la fois révélatrice des pulsions et des troubles qui agitent Elias, mais également le signe annonciateur d’un dénouement funeste.

Goodnight Mommy critique Goodnight Mommy critique

Googdnight Mommy détonne dans un genre trop souvent réduit à sa portion marketing juvénile (non, non, on ne pense pas à Ouija ni à Pyramide…). Le film pourra certes décourager certains spectateurs par sa lenteur et son manque de dialogues, mais tout autant captiver par sa profondeur et la beauté de ses plans. Goodnight Mommy offrira une expérience fort différente en fonction de la lucidité de chacun. Certains auront deviné l’issue du film dès les premières minutes tandis que d’autres la découvriront que tardivement, lors de la dernière scène. Toutefois, le film se garde bien de jouer sur un twist racoleur et la découverte de certains éléments de l’intrigue ne gâchera en rien le plaisir du film. Goodnight Mommy est un film qui dérange car, à l’instar des rares films cherchant à désacraliser la figure de l’innocence enfantine (on pense Aux Révoltés de l’an 2000 ou plus récemment à Cub), il interroge sur la violence perpétrée par des enfants. L’objectif ici n’est toutefois pas de choquer mais de retranscrire le désarroi éprouvé à la suite d’un traumatisme. Car Goodnigt Mommy est avant tout un film sur le deuil et la souffrance causée par la perte d’un être cher.

Synopsis : Dans la chaleur de l’été, deux jumeaux de dix ans attendent leur mère dans une maison isolée en pleine campagne. Quand elle revient le visage entouré de bandages suite à une opération de chirurgie esthétique, plus rien ne semble comme avant. Froide et distante, la mère empêche désormais tout contact avec le monde extérieur. S’agit-il bien alors de leur mère ? Les garçons commencent à en douter et ils vont tout mettre en œuvre pour tenter de découvrir la vérité. Tout, vraiment tout… Goodnight Mommy critique : Goodnight Mommy présente toutes les qualités requises pour s’imposer dans un festival de renom. Malheureusement, le succès de It Follows, plébiscité tant par le public que les critiques, a éclipsé la lueur de ce modeste mais envoûtant film autrichien. Goodnight Mommy n’a pourtant pas laissé les spectateurs indifférents lors de sa diffusion au dernier Festival de Gerardmer et a récolté deux petits Prix, le Prix du jury SyFy Universal et le Prix du jury Jeunes. Est-ce un hasard si Goodnight Mommy, qui met en scène les vicissitudes de deux adolescents, a séduit le public jeune, visiblement touché par ce drame familial? Le film aura peut-être droit à sa revanche lors de sa sortie en salles le 13 mai prochain, et il convient de saluer l’audace du distributeur, Luminor, qui parie sur un film atypique et exigeant, bien loin des sous-produits marketing qui innondent les salles ces derniers mois (non, non, on pense pas à Ouija ni à Pyramide…). Les quelques lignes du synopsis suffisent à insuffler l’envie et la curiosité. Comment réagirait-on enfant, si nous étions confrontés à une mère convalescente, altérée physiquement et psychologiquement par une intervention chirurgicale? Eprouverions-nous de la compassion, du dégoût ou de la méfiance vis-à-vis de cette nouvelle figure inquiétante et peu familière? C’est de la méfiance que ressentent Elias et Lukas, deux jeunes jumeaux autrichiens, qui, lors du retour de leur mère au domicile familial, ne reconnaissent plus les traits de celle qui les a jadis couvés et bercés de sa douce voix. Le foyer familial, jusqu’ici chaleureux et réconfortant, devient froid et inquiétant. Cette maison de campagne, au design luxueux, se révèle aussi impersonnelle et lugubre que les bandages de leur mère qui la déshumanisent. Les tableaux de la maison, représentant des silhouettes fugaces, symbolisent la perte de repères qu’éprouvent nos deux protagonistes Poussés par l’austérité des lieux et l’humeur maussade de leur mère, ils chercheront refuge dans des loisirs extérieurs. Mais la nature, pourtant symbole de la vie, ne fera que les confronter à des symboles funestes. Elias et Lukas errent alors dans un environnement dépeuplé où la présence humaine se fait rare. Goodnight Mommy déjoue les attentes du spectateur avide d’action et de gore. L’horreur s’exprime de manière psychologique, à travers la détérioration de la relation entre les deux frères et leur mère. La première scène du film, une famille bavaroise chantant en coeur, indique, par le grain vieilli de la pellicule, une union familiale révolue. Une osmose qu’Elias, l’un des jumeaux,…

7

10

NOTE

7

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7


 

Goodnight Mommy critique

 

Titre original : Ich seh, ich seh

Réalisateurs : Severine Fiala, Veronika Franz

Scénario : Severine Fiala, Veronika Franz

Genre : drame psychologique horrifique

Pays d’origine : Autriche

Date de sortie : 13 mai 2015

Tetsuo

Un samedi pluvieux, une VHS poussiéreuse de Massacre à la Tronçonneuse et paff ! Première grosse claque horrifique qui m’a conduit à explorer les contrées peu recommandables du cinéma de genre. Parmi mes références indépassables, Alien et The Thing. Oui, j’aime les films de monstres qui mettent en scène des créatures avides de tripes humaines. Mais je déteste les films de possession qui pullulent à l’écran ! Que ce soit clair. Attention derrière toi ! Un fantôme…

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