Au coeur de l'horreur

The ABCs of death 2

 

Critique :

Les films à sketchs ont le vent en poupe en ce moment et ce n’est pas pour nous déplaire. Après les suites de VHS ou le film The theatre bizarre (dont la suite ne devrait également pas tarder), The ABCs of death repart pour un second volet, suite au succès du premier film. On garde le concept ludique : 26 lettres de l’alphabet, 26 réalisateurs, 26 petits courts-métrages. Chaque réalisateur jouit d’une liberté totale, ce qui a l’avantage de nous proposer une panoplie de films totalement éclectiques et parfois complètement barrés. Et même si ce genre de concept pêche souvent par la qualité inégale des films, il en ressort toujours de belles surprises. The ABCs of death 2 s’en sort plutôt bien et compte moins de ratés que le premier volet. Étonnamment, les bonnes surprises ne viennent pas forcément de ceux qu’on attendait et ces courts-métrages nous permettent de découvrir de bons réalisateurs.

Le principal reproche que l’on pourrait adresser à l’ensemble des films est d’être resté beaucoup trop classique malgré la liberté qui leur était offerte. Et pour souligner cet aspect, ce sont malheureusement nos deux français, Julien Maury et Alexandre Bustillo, qui remportent la palme avec leur film pour la lettre X : Xylophone. On sent que nos deux réalisateurs ne se sont pas foulé les neurones pour trouver le concept de leur film. Une petite fille joue du xylophone en présence de sa nounou, interprétée par Béatrice Dalle. Celle-ci s’acharne sur son jouet au point que le son en devient insupportable et entraîne notre nounou dans une folie meurtrière. Dès les premières images, on comprend ce qu’il va se passer. La lettre est trop facilement mise en évidence et contrairement aux autres films, le spectateur ne s’amuse pas à deviner le mot de référence. Le film reste tout de même efficace et soigné.
De même pour la lettre C comme Condamnation, réalisé par Julian Gilbey, où une population fait justice elle-même et condamne à mort un homme innocent. Le concept est trop simpliste et la chute nous laisse sur notre faim.
On regrette également le film d’Alejandro Brugués pour la lettre E comme Équilibre, dont l’esprit est misogyne et l’humour macho sans être drôle.
D’autres films nous laissent dubitatif tant le message du réalisateur est flou. C’est le cas pour la lettre F comme Fatale Chute d’Aharon Keshales. On suppose que l’action se déroule en plein milieu du conflit israélo-palestinien. Un jeune palestinien, armé d’un fusil, trouve une femme israélienne coincée dans un arbre à la suite d’un saut en parachute. La chute du film nous laisse perplexe et s’avère être « fatale » pour l’intérêt du spectateur.
Certains semblent être hors-sujets comme le film de Marven Kren pour la lettre R. Une roulette russe sans enjeu et qui s’avère être une piètre copie du film 13 tzameti.

Malgré ces quelques déceptions, l’ensemble est agréable et on retient surtout les bons films. Ainsi, on soulignera celui de Kristina Buozyte et Bruno Samper, qui est selon moi, le meilleur film du lot. On sent que nos deux réalisateurs n’ont pas été aidés par le choix de leur lettre et se sont fixés sur le mot Kaput (pour la lettre K donc…), un mot très vague qui leur permet de l’interpréter à leur guise. En un laps de temps très court, le film parvient à instaurer une ambiance mystérieuse et angoissante. Dès la première séquence, notre personnage observe par sa fenêtre, une étrange boule noire au-dessus d’un immeuble, qui semble entraîner les occupants dans une extrême violence. Cette séquence d’introduction suffit à installer un point de départ intrigant et inquiétant. La mise en scène est minutieuse et le travail sur la lumière est remarquable. On sent l’influence de réalisateurs tels que kiyoshi kurosawa ou Hideo Nakata.
On salue également le travail de Dennison Ramalho pour la lettre J comme Jésus, qui s’avère être l’un des films les plus engagés. Alors que nous avons nous-même connu une désagréable manifestation du rejet d’autrui avec « la manif pour tous », le film est une satire envers les extrémistes religieux et la représentation de l’homosexuel dans la société. Un film dérangeant, glauque, gore, avec du fond. Que demander de plus ?
Les quelques films d’animation sont réussis, à l’image de celui de Robert Morgan pour la lettre D comme Désinfecté, qui nous immerge dans un univers glauque et torturé, où l’apparence de certains insectes nous fait penser au film Le festin Nu de David Cronenberg. Ou encore le film animé de Bill Plymton qui met en images la destruction d’un couple sous une forme monstrueuse.
Du côté des films complétement barrés, ils sont malheureusement moins nombreux que dans le premier volet. Mais Jim Haking corrige la donne et nous propose un film totalement loufoque. Il s’agit de la mise en image du mot Grand-père pour la lettre G. Un jeune homme irrespectueux vit chez son grand-père gratuitement et passe son temps à lui faire des reproches injustes. Il est loin d’imaginer la folie dont est atteint son grand-père. La chute du film est choquante, drôle et gênante à la fois. Un gros délire à savourer.
On n’échappe évidemment pas aux traditionnels found footage mais ceux-ci sont d’agréables surprises. On en compte deux : le film de Julian Barratt pour la lettre B comme Blaireau et le film de Jérôme Sable pour la lettre V comme Vacance. L’un est léger, drôle et surprenant, l’autre est plus violent, sanglant et toujours surprenant.
Dernier coup de cœur pour finir le film en beauté avec la lettre Z comme Zygote. Le film de Chris Nash est avant tout remarquable pour la qualité de l’image et de ses effets spéciaux. La transformation physique du corps de la femme pour ne faire qu’un avec son enfant est incroyable. Une séquence magnifiquement réalisée qui nous fait passer un pur moment de cinéma.

Difficile d’aborder tous les films, mais l’ensemble est divertissant et je pense que bien d’autres segments attireront votre intérêt. Pour conclure, The ABCs of Death 2 vous fera passer une bonne soirée. On regrettera toutefois les segments de quelques réalisateurs connus que l’on attendait de pied ferme, tels que Vincenzo Natali (Cube, Splice, Haunter) ou les sœurs Soska (American Mary, See no evil 2).

  Critique : Les films à sketchs ont le vent en poupe en ce moment et ce n'est pas pour nous déplaire. Après les suites de VHS ou le film The theatre bizarre (dont la suite ne devrait également pas tarder), The ABCs of death repart pour un second volet, suite au succès du premier film. On garde le concept ludique : 26 lettres de l'alphabet, 26 réalisateurs, 26 petits courts-métrages. Chaque réalisateur jouit d'une liberté totale, ce qui a l'avantage de nous proposer une panoplie de films totalement éclectiques et parfois complètement barrés. Et même si ce genre de concept pêche souvent par la qualité inégale des films, il en ressort toujours de belles surprises. The ABCs of death 2 s'en sort plutôt bien et compte moins de ratés que le premier volet. Étonnamment, les bonnes surprises ne viennent pas forcément de ceux qu'on attendait et ces courts-métrages nous permettent de découvrir de bons réalisateurs. Le principal reproche que l'on pourrait adresser à l'ensemble des films est d'être resté beaucoup trop classique malgré la liberté qui leur était offerte. Et pour souligner cet aspect, ce sont malheureusement nos deux français, Julien Maury et Alexandre Bustillo, qui remportent la palme avec leur film pour la lettre X : Xylophone. On sent que nos deux réalisateurs ne se sont pas foulé les neurones pour trouver le concept de leur film. Une petite fille joue du xylophone en présence de sa nounou, interprétée par Béatrice Dalle. Celle-ci s'acharne sur son jouet au point que le son en devient insupportable et entraîne notre nounou dans une folie meurtrière. Dès les premières images, on comprend ce qu'il va se passer. La lettre est trop facilement mise en évidence et contrairement aux autres films, le spectateur ne s'amuse pas à deviner le mot de référence. Le film reste tout de même efficace et soigné. De même pour la lettre C comme Condamnation, réalisé par Julian Gilbey, où une population fait justice elle-même et condamne à mort un homme innocent. Le concept est trop simpliste et la chute nous laisse sur notre faim. On regrette également le film d’Alejandro Brugués pour la lettre E comme Équilibre, dont l'esprit est misogyne et l'humour macho sans être drôle. D'autres films nous laissent dubitatif tant le message du réalisateur est flou. C'est le cas pour la lettre F comme Fatale Chute d’Aharon Keshales. On suppose que l'action se déroule en plein milieu du conflit israélo-palestinien. Un jeune palestinien, armé d'un fusil, trouve une femme israélienne coincée dans un arbre à la suite d’un saut en parachute. La chute du film nous laisse perplexe et s'avère être « fatale » pour l’intérêt du spectateur. Certains semblent être hors-sujets comme le film de Marven Kren pour la lettre R. Une roulette russe sans enjeu et qui s'avère être une piètre copie du film 13 tzameti. Malgré ces quelques déceptions, l'ensemble est agréable et on retient surtout les bons films. Ainsi, on soulignera celui de Kristina Buozyte et Bruno Samper, qui est selon moi, le meilleur film du lot. On sent que nos deux réalisateurs n'ont pas été aidés par le choix de leur lettre et se sont fixés sur le mot Kaput (pour la lettre K donc...), un mot très vague qui leur permet de l'interpréter à leur guise. En…

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NOTE

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Note des internautes : 4 ( 1 votes)
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Réalisateurs : Aharon Keshales/Navot Papushado, Alejandro Brugues, Bill Plympton, Chris Nash, Dennison Ramalho, Erik Matti, Evan Katz, Hajime Ohata, Jen Soska/Sylvia Soska, Jerome Sable, Jim Hosking, Juan Martinez Moreno, Julian Barratt, Julian Gilbey, Julian Maury/Alexandre Bustillo, Kristina Buozyte/Bruno Samper, Lancelot Imasuen, Larry Fessenden, Marvin Kren, Robert Boocheck, Robert Morgan, Rodney Ascher, Soichi Umezawa, Steven Kostanski, Todd Rohal, Vincenzo Natali.

Genre : Horreur

The ABCs of death 2

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