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The Inhabitants

1 décembre 2015

Synopsis

Un jeune couple rachète un Bed and Breakfast en nouvelle Angleterre. La maison a plus de 350 ans et une supposée sorcière y a vécu…

Critique

J’adore l’exercice de style qui consiste à entremêler plusieurs genres dans une même œuvre, manœuvre servant à brouiller les pistes, à faire fonctionner l’imagination, voire à provoquer une certaine angoisse, propre à l’être humain face à l’inconnu. Cinématographiquement, l’inconnu peut avoir diverses formes, par un scénario finement ciselé, par un visuel délibérément flou, ou par un jeu d’acteurs tellement bien mené que le spectateur en perdrait son latin.
La cabane au fond des bois s’était en 2012 efficacement essayé à cette figure de style, mais d’autres avant l’avaient illustré avec brio (et les fans de Bruce Campbell ne pourront qu’acquiescer…).
Pourquoi une telle introduction pour cette critique de The Inhabitants me direz-vous ?

The Inhabitants nous conte l’histoire d’un couple faisant l’acquisition d’un Bed & Breakfast en pleine campagne, une bâtisse du 17ème siècle ayant vraisemblablement abrité une sorcière.

La possession peut-être ? Et bien non… pire, la jeune fille que l’on croit possédée (qui d’ailleurs ne l’est peut-être pas, qui sait, un clone probablement, ajoutant un peu de SF à l’ensemble) est tellement lymphatique que sa crédibilité s’en trouve irrémédiablement anéantie…Et dès les premières minutes, on se perd en interrogations : des images de voyeurisme, un visuel à laParanormal Activity. Le doute s’installe… et subsistera jusqu’au bout.
L’énorme problème dans ce film (sujet abordé dans des propos assez similaires concernant Marcus Nispel) réside dans le manque de volonté d’orienter l’œuvre vers une direction judicieusement choisie et assumée. En l’occurrence, les Rasmussen Brothers ont opté pour un hybride entre le film de sorcellerie, l’histoire de fantômes, la possession, le tout noyé dans un contexte de voyeurisme pervers.
On nous présente une maison ayant appartenu à une sorcière, dont le sort fait référence au procès des sorcières de Salem et à ces 25 personnes exécutées par pure paranoïa puritaine. Pour autant, pas de potions maléfiques, d’incantations obscures ni même de sacrifices en tous genres.
Un alibi qui perdra toute sa légitimité. Qu’importe, proposons quelques fantômes inquiétants, et des ombres furtives par endroit… Pas plus de réussite de ce côté-là. Ces apparitions sont toujours trop furtives pour être réellement efficaces, et ont du reste bien du mal à relier leur présence au noyau du film. On présume le pourquoi de leur présence sans jamais en avoir la certitude, et c’est d’autant plus frustrant qu’il y avait également ici de quoi transcender l’histoire.

Allez, il nous restera bien quelques images prisent en loucedé par les caméras judicieusement dissimulées par le défunt propriétaire de cette bâtisse… Que nenni mon ami. Rien, définitivement rien. En somme, le vide intersidéral habite ce métrage et le rend d’un ennui indescriptible.
Il apparaît donc évident que le choix de mélanger les genres trouvera son salut à la seule condition de le faire avec talent. L’histoire doit avoir une consistance suffisante pour permettre des passerelles entre les genres. Et cela demande plus que de la volonté.

Visuellement, peu de choses susceptibles de nous remonter le moral. Malgré tout, on notera la subtile utilisation de la mise au point de la caméra qui permet de dynamiser les quelques scènes de suspense. Pas transcendant, mais l’intention est louable. Les fantômes sont assez convaincants. En fait, tout est trop timoré pour faire naître une quelconque émotion. Pourtant, le cadre aurait pu être un déclencheur de bonnes scènes bien angoissantes. L’utilisation des couloirs cachés, les interstices entre les lattes de bois auraient pu amener de bonnes choses. Et la légende des sorcières a déjà  prouvé que l’on peut faire beaucoup avec peu de choses (Et ce n’est pas que le fan de Lords of Salem qui parle).

En somme, ce film relance une énième fois le débat sur les motivations qui poussent les réalisateurs à nous offrir des œuvres si creuses, quand on ressent malgré tout de solides bases pour essayer de sortir du lot des nombreuses bouses qui pullulent sur nos écrans depuis des mois. La symptomatique solution de facilité de notre société de consommation qui privilégie à notre grand regret la quantité au détriment de la qualité.

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3

10

NOTE

3

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3

Informations

The Inhabitants

The Inhabitants

 

Réalisateurs : Michael Rasmussen, Shawn Rasmussen

Acteurs : Elise Couture, Michael Reed, India Pearl…

Genre : Horreur

Pays d’origine : États-Unis

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Né au milieu des sorties de Evil Dead, Le Tueur du Vendredi, ou encore de La Maison Près du Cimetière, mon héritage paternel m'a permis de grandir parmi les cassettes V2000. Il faut vivre avec son temps ? C'est vrai mais je voue un culte inébranlable au patrimoine horrifique depuis les seventies, que je considère comme le ciment de nos émotions aujourd'hui. Mon moteur : Ars Gratia Artis, ma passion : le cinéma, mon nom : Le Druide...

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