Au coeur de l'horreur

Instinct de survie

Synopsis

Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…

Critique

Instinct de Survie s’inscrit dans la lignée quelque peu désuète des films de requins, initiée par la célèbre franchise des Dents de la mer. Un pari audacieux puisque les films de requins se font de plus en plus rares sur nos écrans (si l’on excepte les excentricités parodiques des trublions Asylum et Sci-Fi telles que la franchise Sharknado). En outre, les quelques films du genre de ces dernières années ont eu tendance à délaisser l’aspect spectaculaire et grandguignolesque au profit d’une mise en scène psychologique. C’est le cas des désormais célèbres Open Water et The Reef, qui reposaient principalement sur la tension psychologique suscitée par la présence de requins, sans pour autant offrir une confrontation directe ou des plans explicites. Un traitement plus réaliste donc, qui répond aux faibles moyens de ce type de productions et fait l’économie de plans de requins. Avec Instinct de Survie, le jeune réalisateur espagnol Jaume Collet-Serrat renoue avec la plus pure tradition des Dents de la mer en offrant un film spectaculaire qui, malgré un budget serré, ne sera pas avare en effets spéciaux.

Alors que la plupart des productions du genre de ces dix dernières années ont péché par des effets spéciaux peu réalistes et encore moins crédibles que l’animatronique de Spielberg qui ne fonctionnait pas dans l’eau (on se souvient de Peur Bleue…), Instinct de survie parvient à relever le niveau en offrant des séquences marquantes, notamment lorsque le squale jaillit de l’eau. Cet aspect est très certainement l’un des points saillants, voir le seul du film. Car derrière un concept séduisant, on assiste au naufrage d’un film paresseux et sans inspiration qui tentera de combler vainement des trous scénaristiques béants. Le tout enrobé d’une esthétique clip aux couleurs saturées et aux plans scandaleusement racoleurs (les gros plans sur l’anatomie de Blake Lively au début du film, sur la plage). Même si le film s’inspire des techniques de filmage modernes et offrent quelques plans capturés par une GoPro, le rendu apparaît trop lisse et peu immersif. La première scène (qui introduit le squale à travers les images d’une GoPro retrouvée sur la plage) fait d’ailleurs pâle figure en comparaison de celle du film de Spielberg, un chef d’oeuvre du genre.

La plus grosse faiblesse du film reste son scénario, trop accessoire et superficiel pour susciter le moindre intérêt. On aurait préféré que le film assume pleinement sa dimension de divertissement sans tenter de se parer d’une fausse profondeur psychologique. Instinct de Survie est symptomatique de ces films-concepts qui montrent leurs limites dès l’action mise en place. Ainsi, pour pallier la solitude du personnage sur son rocher, le réalisateur n’a rien trouvé de mieux que d’introduire une mouette blessée, compagnon d’infortune de Blake Lively pendant toute la seconde moitié du film. Une drôle d’initiative aux accents disneyens… On passera également l’aspect irréaliste de ce requin revanchard dont la mâchoire est capable de broyer l’acier et qui ne perd jamais de vue sa proie, la jeune Nancy, même lorsque celle-ci se trouve sur le rocher (ça fait partie du jeu). On s’étonnera en revanche davantage sur le dénouement quelque peu cartoonesque du film, qui tranche avec l’approche jusqu’ici adoptée.

Instinct de Survie (The Shallows en anglais) tombe à point nommé en cette période estivale alors que de nombreux vacanciers profitent encore de la plage et des loisirs aquatiques. Pour les malchanceux cloîtrés au bureau, ils pourront tout de même se délecter du film en imaginant leurs collègues en train de se faire dévorer par un squale géant. Instinct de Survie est toutefois à réserver aux aficionados des films du genre, qui cherchent désespérément à se requin-quer en cette période de disette cinématographique (désolé, ce jeu de mot figure dans le cahier des charges de la critique…), et passeront outre l’aspect clinquant et superficiel du film.

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4

10

NOTE

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Informations

Affiche d'Instinct de Survie

Titre original : The Shallows

Réalisation : Jaume Collet-Serra

Scénario :  Anthony Jaswinski

Casting : Blake LivelyÓscar JaenadaAngelo Jose

Pays d’origine : Etats-Unis

Genre : Film de requin

Durée : 86 minutes

Date de sortie : 17 août 2016

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