logo-site

Insidious 3

9 juillet 2015

 

Insidious 3 critique :

Loin de moi l’idée de remettre en cause les films de James Wan. Mais force est de constater que les oeuvres du réalisateur ont engendré un véritable business de l’horreur. Après la saga des Saw, qui n’a fait que se détériorer au fur et à mesure, l’engouement provoqué par The Conjuring, qui a donné naissance au piètre film Annabelle, c’est au tour des Insidious de nous décevoir. Un phénomène déplorable qui vient entacher les films originaux du réalisateur. Même si on peut légitimement se lamenter de la piètre qualité de ces suites à petit budget, elles parviennent à attirer les foules et nous ne sommes donc pas étonnés de voir la firme Blumhouse mettre la main sur la plupart d’entre elles. Trop occupé à réaliser Fast and Furious 7, James Wan quitte son poste de réalisateur pour ce troisième volet d’Insidious, laissant à son coscénariste, Leigh Whannell (Saw, Insidious) le soin de faire ses premiers pas en tant que metteur en scène. Un premier détail qui n’annonçait rien de bon.

Insidious 3 s’annonce comme une préquelle de la saga. On oublie donc la famille Lambert qui a déjà subi assez de malédictions pour toute une vie. On suit Quinn Brenner, une jeune adolescente qui vient de perdre sa mère et qui a du mal à faire son deuil. Son père se retrouve totalement dépassé par les événements et semble être incapable de s’occuper à la fois de Quinn et de son petit frère Alex. Quinn est persuadée que sa défunte mère veut entrer en contact avec elle. C’est pour cette raison qu’elle décide de contacter Elise, notre super médium de la saga. Seulement, Elise a décidé d’arrêter le métier, traumatisée par un événement paranormal qui a mis sa vie en danger. On apprendra alors que ce n’est pas la mère de Quinn qui cherche à entrer en contact avec elle, mais une entité maléfique qui semble souffrir d’asthme sévère, et dont les intentions n’ont pas l’air très cordiales. Cette entité sera d’ailleurs à l’origine de l’accident de Quinn, la paralysant pendant quelques temps dans un fauteuil roulant. Face à la détresse de cette famille, Elise va combattre les démons qui la hantent et venir en aide à cette famille déboussolée. À Cette occasion, elle fera la rencontre de Tucker et Speck, deux chasseurs de fantômes de pacotille avec qui elle formera une équipe (non, non, ce n’est pas la naissance des Ghostbusters…).

Insidious 3 critique

Si vous êtes un fan d’Insidious, vous l’aurez compris, la préquelle se justifie seulement par la présence d’Elise et de ses deux compères, Tucker et Speck. Cette préquelle n’est en effet qu’un prétexte pour réaliser un énième film de fantôme et de possession. Elise étant une protagoniste marquante de la saga, on aurait souhaité que son personnage soit un minimum développé. Mais le film se contente de nous révéler un traumatisme amoureux bas de gamme et la crainte d’un certain démon. Ainsi, Insidious 3 s’annonce d’avantage comme un coup marketing qu’une véritable volonté de développer un univers ou des personnages consistants. Il s’agit donc pour moi d’une déception amère, d’autant plus que j’avais été plutôt généreux avec Insidious 2, lui accordant une note de 6/10. Celui-ci avait au moins l’ambition de complexifier son récit, au risque de perdre certains spectateurs, et de nous offrir de pures séquences horrifiques. Leigh Whannell, lui, prend un parti totalement opposé et nous propose une histoire simpliste. Une décision raisonnable pour un premier film, mais qui aurait mérité davantage de développement et d’efficacité. Ici, la simplicité est synonyme de cliché et de fainéantise. Leigh Whannell décide de se concentrer essentiellement sur deux personnages, la jeune Quinn et Elise la médium. Si j’ai déjà fait part de mes réserves quant au développement du personnage d’Élise, celui de Quinn s’avère encore plus fade, impersonnel et inintéressant. Elle s’apparente à une simple poupée qui ne sert qu’à assurer le bon déroulement de l’histoire. Une poupée dotée d’une seule expression faciale, totalement affectée, et qui garde sa petite bouille toute maquillée et bien coiffée même lorsqu’elle est dans son lit la nuit. Mais le plus affligeant est de constater le sort que réserve le réalisateur à ses personnages secondaires. Ceux-ci sont quasi-inexistants et on en vient à se demander pour quelle raison ils apparaissent dans le film. Je prendrai par exemple le personnage du petit frère, Alex, que l’on aperçoit au tout début du film et qui se fait oublier jusqu’à la fin. De même pour l’amoureux de Quinn, Hector, que l’on soupçonne d’avoir un rôle important dans le déroulement de cette histoire et qui, bizarrement, disparaît après les 15 premières minutes. On a rarement vu un traitement des personnages aussi médiocre. Même nos chasseurs de fantômes, Tucker et Speck, font acte de présence, leur rôle étant réduit à néant. Seul le personnage du père aurait pu être intéressant si celui-ci avait été aidé par des dialogues plus percutants.

Insidious 3 critique

Ainsi soit-il. Si l’on va voir Insidious au cinéma, c’est parce qu’on veut avoir peur, voir des fantômes et sursauter. On sait également qu’on va avoir le droit de visiter le monde des morts, soit pour retrouver notre brebis égarée, soit pour combattre l’esprit maléfique. Inidious 3 n’échappe donc pas à la règle et nous immerge rapidement dans “le Further”. L’un des rendez-vous indispensables pour tout fan d’Insidious. Un univers que l’on découvre sous le regard affûté de notre chasseuse de démons, Elise. Si d’un point de vue visuel, le monde des morts s’avère plutôt réussi, notre réalisateur ne semble pas maîtriser l’ambiance inquiétante qu’est censé représenter le lieu. Une maladresse étonnante qui pousse même Elise à agir de manière grotesque pour combler le manque d’inspiration de Leigh Whannell. On surprend celle-ci donner des coups de boule aux fantômes en mode Stallone. Un changement de ton étonnant et inexplicable. Si James Wan parvenait subtilement à intégrer des touches d’humour dans ces films tout en maintenant l’ambiance effrayante, Leigh Whannell sombre dans le ridicule et perd totalement le spectateur. Une démarche navrante, d’autant plus que le reste du film se contente de nous offrir des jump scares prévisibles et inefficaces. Et ce n’est pas ce fantôme hideux, dont l’apparence ressemble à tous ces monstres que l’on a pu voir dans Creep ou The Descent, avec ses problèmes d’asthme et son manque d’affection, qui va nous faire flipper !

On regrettera également le manque d’inspiration quant à la situation de Quinn. En effet, après un violent accident (peut-être l’effet le plus réussi du film), Quinn se retrouve les deux jambes dans le plâtre. Une idée intéressante qui offrait beaucoup de possibilités scénaristiques et qui positionnait notre personnage dans un état de faiblesse face aux esprits. C’est d’ailleurs l’un des aspects du film qui nous avait attiré lors de la découverte de la bande annonce. Mais Leigh Whannell ne parvient à aucun moment à exploiter de façon efficace la situation, et on en vient même à regretter les idées qu’offrait le film Jessabelle (c’est dire la déception…), dont l’histoire est très proche de celle d’Insidious 3.

Sur la forme, à aucun moment Leigh Whannell arrivera à nous divertir par sa mise en scène. Celle-ci est à l’image du scénario : mince, fade, transparente, insignifiante…

On pourra me reprocher cette critique, sûrement plus sévère que ce qu’elle devrait être. Mais celle-ci arrive à point nommé pour exprimer un tonitruant ras-le-bol contre ces  films qui ont l’honneur de sortir au cinéma ! Alors que l’on découvre de vraies pépites du genre dans les festivals qu’on ne voit jamais sortir au cinéma, seules les productions médiocres (de Blumhouse entre autres) ont l’honneur d’être vues du grand public. Un public essentiellement composé d’adolescents, que les productions ciblent comme du bétail au point de sacrifier l’aspect artistique des projets. Les found footages et films de possession ont le vent en poupe et ferment les portes aux autres productions. Ce n’est pas forcément le sujet qui me fatigue, mais la façon dont celui-ci est traité, de façon standardisée. Insidious 3 a la chance de porter le nom d’une saga de qualité. Concrètement, le film ne vaut pas mieux qu’un Jessabelle ou que le remake de Poltergeist.

  Insidious 3 critique : Loin de moi l'idée de remettre en cause les films de James Wan. Mais force est de constater que les oeuvres du réalisateur ont engendré un véritable business de l'horreur. Après la saga des Saw, qui n'a fait que se détériorer au fur et à mesure, l'engouement provoqué par The Conjuring, qui a donné naissance au piètre film Annabelle, c'est au tour des Insidious de nous décevoir. Un phénomène déplorable qui vient entacher les films originaux du réalisateur. Même si on peut légitimement se lamenter de la piètre qualité de ces suites à petit budget, elles parviennent à attirer les foules et nous ne sommes donc pas étonnés de voir la firme Blumhouse mettre la main sur la plupart d’entre elles. Trop occupé à réaliser Fast and Furious 7, James Wan quitte son poste de réalisateur pour ce troisième volet d'Insidious, laissant à son coscénariste, Leigh Whannell (Saw, Insidious) le soin de faire ses premiers pas en tant que metteur en scène. Un premier détail qui n'annonçait rien de bon. Insidious 3 s'annonce comme une préquelle de la saga. On oublie donc la famille Lambert qui a déjà subi assez de malédictions pour toute une vie. On suit Quinn Brenner, une jeune adolescente qui vient de perdre sa mère et qui a du mal à faire son deuil. Son père se retrouve totalement dépassé par les événements et semble être incapable de s'occuper à la fois de Quinn et de son petit frère Alex. Quinn est persuadée que sa défunte mère veut entrer en contact avec elle. C'est pour cette raison qu'elle décide de contacter Elise, notre super médium de la saga. Seulement, Elise a décidé d'arrêter le métier, traumatisée par un événement paranormal qui a mis sa vie en danger. On apprendra alors que ce n'est pas la mère de Quinn qui cherche à entrer en contact avec elle, mais une entité maléfique qui semble souffrir d'asthme sévère, et dont les intentions n'ont pas l'air très cordiales. Cette entité sera d'ailleurs à l'origine de l'accident de Quinn, la paralysant pendant quelques temps dans un fauteuil roulant. Face à la détresse de cette famille, Elise va combattre les démons qui la hantent et venir en aide à cette famille déboussolée. À Cette occasion, elle fera la rencontre de Tucker et Speck, deux chasseurs de fantômes de pacotille avec qui elle formera une équipe (non, non, ce n’est pas la naissance des Ghostbusters…). Si vous êtes un fan d’Insidious, vous l'aurez compris, la préquelle se justifie seulement par la présence d’Elise et de ses deux compères, Tucker et Speck. Cette préquelle n'est en effet qu'un prétexte pour réaliser un énième film de fantôme et de possession. Elise étant une protagoniste marquante de la saga, on aurait souhaité que son personnage soit un minimum développé. Mais le film se contente de nous révéler un traumatisme amoureux bas de gamme et la crainte d’un certain démon. Ainsi, Insidious 3 s'annonce d’avantage comme un coup marketing qu'une véritable volonté…

4

10

NOTE

4

Note des internautes : Soyez le premier à voter !
4


 

Date de sortie : 8 juillet 2015

Réalisateur : Leigh Whannell

Acteurs : Dermot Mulroney, Stefanie Scott, Angus Sampson…

Genre : Horreur

Pays d’origine : États-Unis

Insidious 3 critique

Krueger

Rédacteur en chef du site Au coeur de l'horreur et président de l'association, je suis un passionné du cinéma d'horreur sous toutes ses formes. Je dois bien avouer avoir un faible pour tout ce qui se rapporte au gore, aux gros nichons et au sanguinolent. Je reste néanmoins doté d'une sensibilité à toute épreuve.

Commentaires