Au coeur de l'horreur

Scream Queens, saison 1

Synopsis

Dirigée d’une main de fer par Chanel Oberlin, la maison Kappa Kappa Tau est la sororité la plus prisée de l’université de Wallace. Mais, alors que la doyenne Cathy Munsch, profondément anti-Kappa, déclare la guerre en ouvrant le recrutement à toutes les étudiantes, un tueur fou en costume de diable répand la terreur à travers le campus, décimant les membres de la sororité un par un… (Allocine)

Critique

Scream Queens partait avec deux inconvénients majeurs : la série débutait quelques semaines après l’adaptation Scream lancée par MTV, et elle contenait en titre le mot “Scream”, ce qui était susceptible d’entretenir la confusion entre les deux séries. L’amalgame était d’autant plus aisé que les deux séries présentaient un pitch similaire. Dans Scream Queens, il est également question d’un passé sanglant qui resurgit 20 ans plus tard et menace la paisible et insouciante existence de jeunes étudiants. Pourtant, la comparaison s’arrête là car le ton développé dans les deux séries est fort différent et on peut d’ores et déjà déclarer que Scream Queens, par son détournement des codes du genre horrifique, aurait davantage mérité le label de “remake” que le médiocre Scream de MTV, plombé par un premier degré assommant.Scream Queens est en effet l’une des bonnes surprises de cette rentrée 2015 et c’est pourquoi nous tenions à vous faire découvrir cette série injustement boudée ou méconnue.

Il serait cependant tentant de zapper la série après quelques minutes de visionnage. Scream Queens abuse des clichés du genre, les enveloppant dans une esthétique pop rebutante aux couleurs rose bonbon. Que ce soient les personnages, le cadre où se déroule l’action (le campus), ou encore l’intrigue, tout est déjà vu et revu, et pourtant… La série prend volontairement le soin de développer tous ces aspects pour mieux les détourner et afficher très clairement son ambition : détruire à coups de burin les stéréotypes du genre et offrir un spectacle absurde où les références et les vannes fusent au grand bonheur des fans. On pourra certes être agacé par le jeu poussif de certains acteurs, notamment celui d’Emma Roberts dans le rôle de la Présidente de la sororité Kappa kappa Tau. Pourtant, tous ces éléments sont indispensables pour nous immerger dans cet univers grotesque et déconstruire petit à petit tous les clichés qui sous-tendent le genre.

Car derrière Scream Queens se cache l’un des show runners les plus talentueux de sa génération, Ryan Murphy, connu pour The Shield mais également pour American Horror Story, l’une des séries horrifiques les plus  brillantes de ces dernières années. Ryan  Murphy s’est ainsi essayé au genre en exploitant les différentes figures mythiques de l’horreur au fil des saison d’American Horror Story (les sorcières, les fantômes, les freaks…). Il se sert admirablement de cette expérience dans Scream Queens pour offrir une parodie savoureuse et désopilante. La série n’est en somme qu’un gros délire burlesque qui ne fait pas dans la subtilité. Tous les personnages sont ainsi outrancièrement caricaturaux, à commencer par Chanel Oberlin, la Présidente de Kappa Kappa Tau, une richissime étudiante dont la seule préoccupation est de préserver sa popularité, ou encore Chad Radwell (interprété par Glen Powel), le pendant masculin de Chanel et le Président des Dickie Dollar Scholars, un macho benêt et queutard aux tendances nécrophiles. Jamie Lee Curtis est également excellente dans le rôle de la présidente du campus, cougar nymphomane passée maître dans l’art du kamasutra et du tai chi. Parmi cette constellation de personnages, Grace, fait office d’exception et joue pleinement son rôle d’héroïne mue par des passions nobles (découvrir les origines de sa naissance, en savoir plus sur sa mère…). Si le personnage peut paraître de prime abord sérieux, contrastant avec le jeu cartoonesque des autres comédiens, les scénaristes ont toutefois réussi à caricaturer habilement le personnage. Non seulement Grace est à elle seule un défilé de mode hipster tout au long de la série (à chaque plan, une nouvelle tenue inspirée), mais sa quête sera confrontée à une impasse, ce qui videra le personnage de toute motivation et crédibilité pour la suite.

Les dialogues de la série ne sont pas en reste et les scénaristes ont poussé l’art de la saillie jusqu’à son comble. On ne sera donc pas étonné de voir Jamie Lee Curtis déclarer le plus sérieusement du monde que le visage d’un bébé est resté gravé dans sa mémoire à l’instar de la vidéo scatologique Two girls one cup ! Mais c’est surtout l’enchaînement des situations et péripéties, toutes plus grotesques les unes que les autres, qui apportent son lot de rires. Scream Queens fait preuve d’une réelle créativité et ne cesse au cours de ses 13 épisodes de surprendre le spectateur. La série peut tout autant offrir une imitation inopinée de Matthew McConaughey qu’un spectacle sanglant sur fond des Backstreet Boys. Scream Queens a l’intelligence de s’adresser à la fois aux jeunes générations, en usant des codes de la jeunesse d’aujourd’hui, mais également aux trentenaires via les nombreuses références aux années 90 (notamment par l’intermédiaire le père de Grace ou du personnage de Gigi, ancien membre des Kappa Kappa Tau).

En définitive, le Scream de MTV ne peut tenir la comparaison face à Scream Queens, qui rend davantage hommage à l’héritage de Wes Craven. Le parti pris des deux séries suffit à expliquer l’échec de la première, et le succès de la seconde. La démarche scénaristique de l’adaptation de MTV était tout entière tournée autour de la difficulté d’adapter un slasher en série, démarche qui semblait impropre, tant le slasher semble consubstantiel à un rythme court et accéléré (voir la critique du pilote de Scream). Face à cette difficulté, la série Scream avait fait le pari de l’attachement aux personnages. Ce qui comptait n’était pas de savoir qui était le tueur, mais de faire en sorte que les morts successives des personnages affectent le spectateur. D’où la tournure soap qu’a pris rapidement la série. Le pari n’a toutefois pas été tenu puisque le seul et maigre intérêt de la série, face à l’indigence des personnages mis en scène, consistait justement à multiplier les fausses pistes sur l’identité du tueur… Une difficulté que surmonte en revanche sans grand mal Scream Queens, qui s’amuse à exploiter cette mécanique policière à des fins parodiques.. En  témoigne l’épisode 11 où chaque personnage émet son hypothèse quant à l’identité du tueur. Une manière pour les scénaristes de dire que cette quête est non seulement perdue d’avance, mais surtout inutile, puisque la révélation finale sera de toute manière improbable…

Scream Queens prouve qu’il n’est nul besoin de reprendre à la lettre les codes de Scream ou de moderniser le masque de Ghost Face pour rendre hommage à Wes Craven. Ne vous laissez pas berner par les apparences et plongez-vous dans cette série qui, à n’en pas douter, vous fera passer un bon moment.

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7

10

NOTE

7

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7

Informations

Scream Queens

Scream Queens

 

Créateurs : Ryan Murphy, Brad Falchuk, Ian Brennan

Acteurs : Emma Roberts, Jamie Lee Curtis, Skyler Samuels…

Pays d’origine : États-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Format : 42 min

Lien imdb

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2 commentaires

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Cypress Green 30 décembre 2015 at 18 h 12 min

J’ai adoré dès les premières minutes, mais après les 5 premiers épisodes qui m’ont terriblement plu, l’autre moitié m’a lassée, vraiment dommage. Je retiens au moins les 3 premiers épisodes, surtout pour Chad Radwell sinon la série n’est pas indispensable.

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Lisa 1 janvier 2016 at 5 h 26 min

Euh, tu appelles ça un succès Scream Queens ? Ca a été un désastre en terme d’audience pour la FOX qui a bien été obligée de diffuser la série jusqu’au bout vu l’argent qu’ils avaient mis dedans mais ça a été le naufrage dès le premier épisode tandis que Scream sur MTV tenait plutôt la route de ce côté là. (Certes c’est MTV versus la FOX)

La chaine n’a d’ailleurs jamais annoncé de suite. Je doute qu’il y en ait une pour être honnête.

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