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(Étrange Festival) Cérémonie de clôture : The World of Kanako

16 septembre 2014

L’Étrange Festival est désormais terminé. C’est donc l’heure de faire le point et de tirer le bilan de cette 20ème édition.

On le rappelle souvent, mais L’Étrange Festival fait partie de ces évènements à ne pas manquer pour les amateurs de films de genre. D’abord parce que sa programmation est toujours de qualité et témoigne de l’amour d’un cinéma qui mérite d’être défendu en France. Ensuite parce qu’il permet de redécouvrir des films cultes et de nourrir notre culture cinématographique avec des œuvres remarquables. Le festival permet aussi de rencontrer de véritables auteurs en quête d’images et d’histoires incroyables. (Ian Kounen, Sono Sion, Gaspar Noé etc… de nombreux invités sont venus honorer le festival de leur présence)

Comme pour la cérémonie d’ouverture, le public est une nouvelle fois au rendez-vous. La salle 500 du Forum des Images est pleine et le directeur du Forum fait très vite place à Frédéric Temps pour entamer le discours de cette soirée. Tous les bénévoles du festival nous font face sous nos applaudissements. Frédéric Temps remercie donc ceux qui les soutiennent, mais aussi le public. Car l’Étrange Festival peut se féliciter d’avoir atteint les 20 000 entrées pour son 20ème Anniversaire, un record depuis le début du festival. Il remercie donc le public, « principal producteur du Festival ». Et nous pouvons, nous, les remercier du travail acharné qu’ils fournissent afin de nous offrir un festival de qualité. Rappelons qu’en plus, en vue d’un contexte économique peu favorable s’ajoute la mauvaise réputation que l’on donne aux films de genre en France.

Sans trop tarder, Frédéric Temps passe à la remise des prix :

Catégorie long-métrage :

Le Prix Nouveau Genre (prix accordé avec le partenaire Canal+Cinéma) et le Prix du Public reviennent à The Voices de Marjane Satrapi.
Pour l’occasion, une séance skype est organisée afin que Marjane réapparaisse sur l’écran. Sous les applaudissements chaleureux, Marjane semble fière d’avoir surtout obtenu le prix du Public, un prix de reconnaissance pour tous réalisateurs.

Catégorie Court-Métrage :

Le Grand Prix Canal+ est accordé à Pony Place de Joost Reijmers

Le Prix du Public est accordé à Sequence de Carles Torrens

La remise des prix ne s’est pas attardé et a ensuite fait place au film proposé pour cette cérémonie. Nous avons pu découvrir en Avant-première Européenne The World of Kanako de TETSUYA NAKASHIMA.

world-of-kanako-poster2The World of Kanako commence très fort. L’introduction du film est une véritable leçon de cinéma. En quelques plans, on apprend toute la vie de notre personnage principal, son passé, son caractère et son état d’esprit. L’enjeu est rapidement présenté, il doit retrouver sa fille disparue. La réalisation est superbe et notre comédien à un charisme indéniable. Le rythme est endiablé et le montage très dynamique permet d’exposer rapidement toutes les facettes de ce début d’histoire. Le générique du début se présente sous forme d’un film grindhouse, un effet assez jouissif.
Seulement, ce qui fait la qualité de cette introduction s’avère être également les gros points négatifs du film. Le rythme, bien qu’efficace au début, ne se calme jamais et devient rapidement épuisant. Le montage est presque épileptique. Les séquences sont surdécoupées et le film ne prend à aucun moment, le temps de se poser (si ce n’est à la toute fin du film). Un aspect très dérangeant, épuisant, et qui occulte totalement l’aspect émotionnel de l’histoire. Le réalisateur nous donne la sensation de vouloir nous en mettre plein la vue en oubliant d’aborder son sujet de manière un peu plus sereine. Un aspect d’autant plus rebutant que le film s’acharne à effectuer des sauts dans le temps, entre flashback, présent et flashforward. Le tout devient finalement très brouillon.
Les personnages deviennent la caricature d’eux même et sombre dans le grotesque. Le ton du film ne parvient pas à mélanger l’aspect humoristique, inspiré des films grindhouse, avec l’aspect plus sérieux de l’intrigue principale. Cette enquête s’éternise et le film paraît bien trop long. D’autant plus que la dernière scène est totalement inutile et apparaît comme un dernier effort voué a l’échec (car arrivant bien trop tard) pour nous transmettre l’émotion d’un amour paternel. Une grande déception pour The World of Kanako pourtant doté d’une très belle réalisation.

Bilan de cette semaine :

À l’occasion de ce 20ème anniversaire vous pouviez découvrir des films tels que Hic ou Tetsuo dans la programmation 20ans/20 films.

On a aussi pu découvrir des films étranges signés par de grands réalisateurs comme Alléluia, Over Your Dead Body etc. Sans compter l’avantage extraordinaire de ses avant-premières tel que Fièvre ou It Follows, The Canal, Cub (critique à venir)… Retrouvez tous les articles de festival en cliquant sur ce lien : Étrange Festival.

On a ri, on a eu peur, on s’est laissé transporter par tant d’univers. Mais on a aussi été déçu par plusieurs points. Et le point le plus sombre est cette programmation de courts métrages des plus perturbantes ! Le Festival a connu des programmations parfois perturbées par quelques soucis techniques. Le spectateur s’est retrouvé à voir des films non sous-titrés en français, ce qui peut en décontenancer plus d’un ! Mais surtout, il était parfois difficile de trouver une urne à la sortie de la salle. Beaucoup de spectateurs n’ont pas fait l’effort de trouver l’urne pour voter après le film. Nous sommes cependant ravis de voir que The Voices remporte les prix. Le festival récompense un film qui lui ressemble, à la fois étrange, amusant et perturbant.

Pour conclure sur cette 20ème édition de L’Étrange Festival, nous remercions donc chaleureusement le festival pour tous ces films qui enrichissent le paysage cinematographique. On a encore une fois apprécié

Pour conclure sur cette 20ème édition de L’Étrange Festival, nous remercions donc chaleureusement le festival pour tous ces films qui enrichissent le paysage cinématographique. On a encore une fois apprécié la qualité indéniable de ce festival, à la programmation éclectique. Une qualité qui en fait la marque de fabrique et nous pousse à revenir chaque année. Étrange oui, mais pas des moindres !

LEtrange-Festival-2014©Dom-Garcia1

Krueger

Rédacteur en chef du site Au coeur de l'horreur et président de l'association, je suis un passionné du cinéma d'horreur sous toutes ses formes. Je dois bien avouer avoir un faible pour tout ce qui se rapporte au gore, aux gros nichons et au sanguinolent. Je reste néanmoins doté d'une sensibilité à toute épreuve.

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